Du nouveau au Moyen-Orient (LV 168)

Le théâtre moyen-oriental évolue très rapidement. En effet, l’Arabie Séoudite semble mener une remise à zéro de sa politique extérieure, reprenant langue avec le Qatar et la Syrie, approfondissant son dialogue avec l’Irak et ouvrant même les ponts avec l’Iran. Pendant ce temps-là, Joe Biden avance prudemment dans sa reprise des négociations avec Téhéran, tandis qu’Israël se retrouve dans une impasse.

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Après la disparition du général Souleimani

L’assassinat, dans la nuit de vendredi, du général Souleimani par une frappe de drones américains a suscité beaucoup d’effroi et de commentaires, certains y voyant même le début de la troisième guerre mondiale. Cela est probablement excessif mais l’événement est à replacer dans une perspective plus large.

Source

1/ L’année 2019 fut en effet chaude du point de vue des relations américano-iraniennes. Rappelons qu’à la suite de la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire (dit JCPOA), Washington n’avait cessé de choisir une stratégie de la tension, du rapport de forces et de l’escalade. Ce furent des sanctions, des menaces nombreuses, des frappes de drones… qui n’eurent finalement pas beaucoup d’effet, en apparence du moins. Continue reading « Après la disparition du général Souleimani »

Pensée militaire : défaite tactique, défaite stratégique (Col. Moutarde)

A la suite de la polémique sur l’article du Col. Légrier, paru dans la RDN puis retiré de la publication, nous accueillons cette réaction du colonel Moutarde, un de nos correspondants. Merci à lui. JDOK

Ainsi donc, un militaire a non seulement pensé mais écrit et pire, publié ! Où va la France ? Elle est clairement menacée dans ses fondements stratégiques, dans la solidité de ses alliances, dans sa cohésion nationale, dans sa loyauté des corps constitués. L’affaire est grave mais heureusement, un esprit brillant et éclairé a veillé au grain et empêché les factieux, les félons, les traîtres, les vendus, les bachibouzouks de compromettre la défense de la France avec des idéaux ennemis et contraires aux valeurs les plus éternelles de l’hexagone.

Colonel Mustard Source

Rappelons les faits. Continue reading « Pensée militaire : défaite tactique, défaite stratégique (Col. Moutarde) »

La Vigie n° 95 (gratuit) – 23 mai 2018 : Trump, l’Iran et l’impuissance européenne – L’impossible régulation – Vu de la Lorgnette : Populisme irakien

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Lettre n° 95,  La Vigie du  23 mai 2018

 

Photo credit: IAEA Imagebank on VisualHunt.com / CC BY-NC-ND

 

Trump, l’Iran, l’Europe

La décision de Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire iranien n’a surpris que les crédules. Il confirme une promesse de campagne et met en œuvre sa politique de remise en cause de l’état du monde. Elle a bien sûr des conséquences au Moyen-Orient et sur l’ordre nucléaire. Elle a surtout des effets économiques très profonds qui affectent d’abord les Européens. Ceux-ci sont à l’heure de vérité, s’apercevant que l’État voyou n’est pas celui qu’ils croyaient. Réagiront-ils avec fermeté ou démontreront-ils, encore une fois, leur impuissance ?

 

L’impossible régulation

La régulation nucléaire stratégique a mis du temps à s’établir dans le monde bipolaire de la guerre froide. La dérégulation a commencé à la fin de celle-ci avec la multipolarité, les tolérances et les exceptions et les truquages. Elle s’amplifie avec le retrait américain de l’accord iranien qui menace la sortie de l’impasse coréenne, ignore la nécessaire valorisation de l’électronucléaire, renvoie des pays à rassurer vers une prolifération nucléaire militaire rampante. Le désarmement nucléaire n’est pas pour demain.

Lorgnette :  Populisme irakien

Photo credit: IAEA Imagebank on Visualhunt / CC BY-SA

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La Vigie n° 93 – 25 avril 2018 : Bombarder. Intimider – Démonstration de faiblesse – Vu de la Lorgnette : Aguerrissement

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Lettre n° 93, La Vigie du  25  avril 2018

L’USS Ross tire un missile d’attaque terrestre tomahawk le 7 avril 2017.

Bombarder. Intimider

Quels sont les facteurs qui ont prévalu dans la décision d’intervention française contre des sites syriens? Comment se lit la précipitation de la frappe de missiles? Pourquoi l’avoir voulu limitée et sans effet militaire? Quelles indications ces choix donnent-ils sur les buts poursuivis? L’intimidation militaire est-elle encore possible aujourd’hui? Autant de questions légitimes pour l’analyste.

Démonstration de faiblesse

Outre l’analyse stratégique, les frappes en Syrie nécessitent un décryptage géopolitique. Etats-Unis, France et Royaume-Uni (FRUKUS) visaient au fond deux objectifs : restaurer leur crédibilité, et retrouver une position leur permettant de peser sur les négociations à venir, en coulisse. Ceci explique la disproportion entre le tintamarre médiatique et la faible démonstration des frappes. Tout fut conçu pour faire semblant et viser d’autres objectifs que ceux qui furent si bruyamment affichés

 

Lorgnette :  Aguerrissement

JDOK

 

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Crédit photo :  : Official U.S. Navy Imagery on Visualhunt.com / CC BY

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ES n°7 : Fronts de guerre

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Voici notre première étude stratégique de l’année: De l’Afghanistan au Yémen, de la Syrie au Mali, de multiples fronts de guerre opposent des intérêts de toute nature. La Vigie les a étudiés sous les deux angles géopolitiques et stratégiques. Il nous a paru intéressant de mettre ces textes en perspective, de façon à pouvoir comparer les acteurs et leurs agissements.

Source

On s’aperçoit que plusieurs dynamiques s’entrecroisent : il y a bien sûr la question djihadiste, sous toutes ses formes ; mais elle n’est pas la seule, contrairement à ce qui est couramment seriné dans les médias grand public. Nous discernons aussi d’autres motivations de la part des combattants « rebelles » : trafics et « libération nationale » comptent autant que l’idéologie islamiste radicale, qui sert souvent de paravent commode à des intérêts plus touffus. De l’autre côté, les pouvoirs en place utilisent largement la lutte contre le djihadisme pour faire valoir leurs propres intérêts, que ce soit sur un mode défensif (sauver le régime) ou offensif (faire valoir une position géopolitique). Au fond tous ces conflits ont lieu dans des États qui sont rarement des Nations : mais peut-être la guerre est-elle la forge de ces nations ?

Cette complexité qui apparaît au cas par cas se révèle évidemment en confrontant les cas répertoriés : signe d’un monde plus complexe que les simplifications abusives, signe aussi de la nécessité d’une lecture attentive et distanciée, ce qui est la motivation principale de La Vigie. Bonne lecture (30 p.), JDOK

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Sommaire

Alep, Sanaa, Washington

Après la chute de l’EI

L’avenir de la Syrie

Irak : et maintenant ?

Libye écartelée

Libye, l’horizon s’éclaircit

Afghanistan toujours confus

Yémen, cœur arabique

L’épreuve malienne

N° 81 (gratuit) – 8 octobre 2017 : Une revue stratégique française | Irak : et maintenant ? | Lueur à Gaza

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Une revue stratégique française

En 2017 pas de Livre blanc mais une revue stratégique, dense, sobre et rapidement conduite dans la continuité des travaux stratégiques de 2013. On relève son réalisme et le constat lucide qu’il fait de la précarité stratégique de la France. On s’interroge sur son engagement européen et sur la volonté de remontée en puissance de la défense pour préserver une autonomie stratégique célébrée. On regrettera que les choix décisifs concernant le modèle d’armée soient renvoyés aux travaux de la prochaine loi de programmation l’an prochain. […]

Irak : et maintenant ?

Après la défaite de l’EI, que va devenir l’Irak ? deux options se présentent : profiter de la victoire dans cette guerre civile pour rebâtir un Etat qui inclut les Kurdes (ce qui explique la fermeté affichée récemment à leur égard dans la ville de Kirkouk), ou se laisser aller au jeu ethnique et laisser le pouvoir à la majorité chiite, quitte à reproduire les erreurs du gouvernement Maliki de 2011 à 2014 et à ouvrir la porte à l’éclatement du pays. Bagdad doit pour cela résoudre à la fois l’équation extérieure et une crise intérieure.  […].

Lorgnette : Lueur à Gaza

JDOK

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Source The U.S. Army via VisualHunt / CC BY

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N°64 : Défense en campagne | Après l’EI

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Défense en campagne

Ledébat présidentiel 2017 est préempté depuis près de deux mois par des priorités médiatico-judiciaires sur lesquelles il y aurait à dire si La Vigie avait vocation à aborder les questions politiques sensibles. Le résultat de cette situation inédite est que les questions de fond qui nous concernent sont éclipsées : quelle sécurité pour les Français, quelle Défense pour la France, quelles relations avec nos voisins, quelle politique extérieure et quelle participation de la France à l’ordre et à la paix internationale ? La Défense est comme toujours le parent pauvre de la présidentielle tant il est admis qu’elle fait consensus et n’est pas clivante. On entend même en cette fin de législature que c’est le secteur le plus épargné par les critiques, voire que ce ministre de la Défense est le plus performant de la Vè République ! Alors, de dépit face à ce débat avorté, nous tenterons de remplir le vide en répondant à deux questions : d’abord, à quoi sert une plateforme présidentielle de défense (ce numéro) ; puis quelles sont les briques d’un programme de défense pour la France aujourd’hui ? (les prochains, LV 65 et 66).  […].

Après la chute de l’EI

L’État Islamique (EI) recule partout. Il a été chassé de Syrte en Libye, a disparu d’Alep et de la Syrie occidentale, a perdu son contrôle de la Syrie du nord et notamment le chef-lieu d’Al-Bab mais aussi Palmyre, tandis que les Kurdes, appuyés par les Américains, progressent vers le sud en direction de Raqqa, la capitale de l’émirat. En Irak, il a perdu ses positions au centre et chacun observe la bataille de Mossoul qui voit, inexorablement, les forces « irakiennes » appuyées par la coalition progresser désormais sur la rive droite du Tigre. Au Nigéria, Boko Haram voit sa zone de contrôle également réduite. Autrement dit, la partie est perdue pour l’EI qui a également égaré la magie médiatique qui avait été l’autre composante de son succès. On sait en effet que le flux des combattants s’est drastiquement tari, ne serait-ce que parce qu’il n’y a plus de voie d’accès. L’EI est assiégé et est voué à disparaître. Il faut dès lors penser la suite, selon trois directions : l’avenir de la région, la question des hommes (revenants et réfugiés), enfin la pérennité de son idéologie. […].

Lorgnette : Djihad et Sahel

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Source image : Jordi Bernabeu via Visual Hunt / CC BY

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N° 46 : Brexit : l’UE désunie | Théorie de l’ennemi | Stratégie 2017 vue de Berlin

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

46 Brexit 2

Brexit : l’UE désunie

Le référendum britannique du 23 juin a rendu son verdict : le Royaume-Uni quittera l’Union Européenne. L’événement est à l’évidence historique même si ses conséquences immédiates restent encore floues. Il marque en effet peut-être la fin du Royaume tel que nous le connaissons, certainement la fin de l’Union Européenne en son état, comme nous l’annoncions dès mars (LV n°38: Euxit). Désormais, l’Union est désunie et l’on voit mal comment elle pourrait se perpétuer telle quelle. […]

La théorie de l’ennemi

On s’est réjoui de la parution sous la signature du ministre de la Défense aux Editions du Cerf, il y a deux mois, d’un court opuscule titré « Qui est l’ennemi ? ». Ce petit livre, organisé en six chapitres, possède deux vraies qualités : du fond et du souffle. Il s’assigne la très utile tâche de la pédagogie de la défense et constitue au passage la vitrine et le plaidoyer d’une équipe engagée. Un petit livre qui témoigne d’une solide culture stratégique, fait preuve de vraie mémoire militaire et esquisse d’utiles pistes de réflexion. On avait salué l’effort du ministre et de son équipe mi-février (cf. LV36, Pour sortir de l’impuissance). Cette nouvelle compilation de textes récents mérite aussi notre attention ; elle fait bien évidemment débat à un an d’une nouvelle législature. […]

Lorgnette : 213 morts

Stratégie 2017 : vu de Berlin (Detlef Puhl)

La posture stratégique de la France résulte du Livre blanc de 2013 et des positions qu’elle a prises depuis lors pour traiter les crises internationales auxquelles elle a été confrontée. Le principal atout de la France réside dans cette analyse des menaces à la sécurité des citoyens et du pays contenue dans ce Livre blanc. Elle lui confère une vraie portée stratégique dans le cadre de ses intérêts et de ses responsabilités globaux. L’analyse reconnaît clairement les limites de l’approche nationale. […]

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Source image : http://www.publicdomainpictures.net/view-image.php?image=165944&picture=brexit

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Faut-il penser l’EI au passé ?

Après une année 2014 marquée par la surprise devant l’émergence de l’État Islamique, une année 2015 inquiète devant sa résistance, ce début d’année 2016 semble marqué par un regain d’optimisme envers l’organisation. Ainsi, les instituts anglo-saxons dressent le décompte exact des pertes de territoire de l’organisation. Selon une étude de Janes parue en décembre dernier, elle aurait perdu 14 % de son territoire en 2015. Une autre étude de fin mars 2016 évoque le chiffre de 25 %. Ceci concerne l’Irak et la Syrie. On pourrait de même évoquer les revers subis par l’EI en Libye, dont la récente perte de Derna en Cyrénaïque. (Texte de l’intervention prononcée le 30 avril dernier au Forum International de Réalités, à Hammamet, en Tunisie. OK)

Le Royaume-Uni aurait tué un millier de combattants de l'EI. Source

Certains pensent alors qu’il y a une solution militaire à l’EI et que l’on réussira à l’annihiler. En avril, le ministre français de la défense, JY Le Drian, lors d’une visite en Irak, estimait qu’en 2016, aussi bien Rakka que Mossoul (les deux places-fortes de l’EI) pouvaient tomber (voir ici ). Dès lors, la question qui vient à l’esprit est la suivante, aussi provocante paraisse-t-elle : faut-il penser l’EI au passé ? Pour y répondre, nous évoquerons d’abord le Moyen-Orient puis la Libye, avant de conclure sur le cadre tunisien.
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