La Vigie n° 95 (gratuit) – 23 mai 2018 : Trump, l’Iran et l’impuissance européenne – L’impossible régulation – Vu de la Lorgnette : Populisme irakien

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Lettre n° 95,  La Vigie du  23 mai 2018

 

Photo credit: IAEA Imagebank on VisualHunt.com / CC BY-NC-ND

 

Trump, l’Iran, l’Europe

La décision de Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire iranien n’a surpris que les crédules. Il confirme une promesse de campagne et met en œuvre sa politique de remise en cause de l’état du monde. Elle a bien sûr des conséquences au Moyen-Orient et sur l’ordre nucléaire. Elle a surtout des effets économiques très profonds qui affectent d’abord les Européens. Ceux-ci sont à l’heure de vérité, s’apercevant que l’État voyou n’est pas celui qu’ils croyaient. Réagiront-ils avec fermeté ou démontreront-ils, encore une fois, leur impuissance ?

 

L’impossible régulation

La régulation nucléaire stratégique a mis du temps à s’établir dans le monde bipolaire de la guerre froide. La dérégulation a commencé à la fin de celle-ci avec la multipolarité, les tolérances et les exceptions et les truquages. Elle s’amplifie avec le retrait américain de l’accord iranien qui menace la sortie de l’impasse coréenne, ignore la nécessaire valorisation de l’électronucléaire, renvoie des pays à rassurer vers une prolifération nucléaire militaire rampante. Le désarmement nucléaire n’est pas pour demain.

Lorgnette :  Populisme irakien

Photo credit: IAEA Imagebank on Visualhunt / CC BY-SA

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Où va l’Arabie saoudite ? De Al-Saoud à Al-Salman… (Pr. A. Mekkaoui)

De nombreux observateurs occidentaux suivent avec intérêt, et parfois une certaine angoisse, les changements radicaux entrepris par le Prince héritier et nouvel homme fort de l’Arabie saoudite, car le récent tournant majeur opéré dans l’ordre de succession du royaume s’y traduit d’une manière révolutionnaire et rapide.

La famille Al-Saoud va être phagocytée par le clan d’Al-Soudar ; cette dernière se divisera en deux en fondant une nouvelle dynastie héréditaire appelée les Al-Salman. Le mode adelphique a disparu au profit d’un système politique plus ouvert aux composantes de la société saoudienne qui étaient marginalisées depuis la création de ce jeune État de 1932. C’est aussi un glissement risqué à cause de la purge en profondeur d’un système archaïque. De plus l’émergence du Prince Mohamed Ben Salman comme moteur de ce changement radical a été validée par les plus grandes puissances, les États-Unis, la Russie et la Chine.

Arabie saoudite: Mohammed ben SalmaneSource

Depuis janvier 2017, le Prince héritier a lancé trois réformes globales, une restructuration du champ religieux, une réforme en profondeur du système politique et développé une vision économique ambitieuse.

Dans cette perspective, énumérons les principaux chantiers en cours.

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Activité des chercheurs de La Vigie

Vous le savez, La Vigie travaille avec un certain nombre de chercheurs associés (voir ici). En ce début d’année, il est bon de signaler leur activité.

Ainsi, Matthieu Boulègue parlera mardi soir puisque le programme Sogdiane du CAPE (Centre d’Analyse de la Politique Etrangère) vous invite à la conférence : Eurasie post-soviétique : une bombe à retardement ? Le mardi 24 janvier 2017 de 18h à 20h Ecole Militaire, Amphithéâtre Lacoste Entrée au 1 place du Maréchal Joffre Amphithéâtre Lacoste. Une Ukraine divisée entre Est et Ouest, une Russie de retour au premier plan, une stabilité de plus en plus fragile dans l’Asie Centrale et dans le Caucase… après une année 2016 riche en événements, quelles perspectives en 2017 ? Avec  :

  • « Russie – OTAN : évolution des tensions », Mathieu BOULEGUE, analyste du CAPE, en charge du programme Sogdiane sur l’Eurasie ; associé au cabinet de conseil AESMA
  • « Asie Centrale et Caucase : une montée des périls sécuritaires en 2017 ? », Didier CHAUDET, Directeur de la publication du CAPE ; chercheur associé, IFEAC (Institut Français d’Etudes sur l’Asie Centrale, Bichkek)
  • « Ukraine : Quand l’espace de liberté d’internet se fait champ de bataille », Christine DUGOIN-CLEMENT, analyste du CAPE, spécialiste des questions de guerre cyber et informationnelle, doctorante à la Sorbonne Paris 1

Inscription avec date et lieux de naissance auprès du Secrétariat du CAPE : cape.europe(a)gmail.com ou de cdugoin(a)gmail.com. N’oubliez pas de vous munir d’une pièce d’identité.

Signalons également la parution du numéro 4 d’ Orients Stratégiques, la revue dirigée par Pierre Berthelot. Elle est publiée chez l’Harmattan (voir ici pour le lien direct et ici pour le site de la revue). Elle s’intitule “Les frontières dans le monde arabe : Quels enjeux de pouvoirs  aux marges des États ?“. Le numéro est dirigé par Daniel  Meier.

Vous pouvez aussi lire le compte-rendu publié dans le site “Les clefs du Moyen-Orient”.

JDOK

Faut-il penser l’EI au passé ?

Après une année 2014 marquée par la surprise devant l’émergence de l’État Islamique, une année 2015 inquiète devant sa résistance, ce début d’année 2016 semble marqué par un regain d’optimisme envers l’organisation. Ainsi, les instituts anglo-saxons dressent le décompte exact des pertes de territoire de l’organisation. Selon une étude de Janes parue en décembre dernier, elle aurait perdu 14 % de son territoire en 2015. Une autre étude de fin mars 2016 évoque le chiffre de 25 %. Ceci concerne l’Irak et la Syrie. On pourrait de même évoquer les revers subis par l’EI en Libye, dont la récente perte de Derna en Cyrénaïque. (Texte de l’intervention prononcée le 30 avril dernier au Forum International de Réalités, à Hammamet, en Tunisie. OK)

Le Royaume-Uni aurait tué un millier de combattants de l'EI. Source

Certains pensent alors qu’il y a une solution militaire à l’EI et que l’on réussira à l’annihiler. En avril, le ministre français de la défense, JY Le Drian, lors d’une visite en Irak, estimait qu’en 2016, aussi bien Rakka que Mossoul (les deux places-fortes de l’EI) pouvaient tomber (voir ici ). Dès lors, la question qui vient à l’esprit est la suivante, aussi provocante paraisse-t-elle : faut-il penser l’EI au passé ? Pour y répondre, nous évoquerons d’abord le Moyen-Orient puis la Libye, avant de conclure sur le cadre tunisien.
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Défiance stratégique ou renouveau pragmatique ?

L’accord d’étape de Lausanne du 2 avril sur le nucléaire iranien a de multiples mérites. Faut-il les évaluer avec des critères techniques, juridiques ou géostratégiques ? Faut-il se fier aux signatures des États et les considérer comme pérennes ? Cet accord est-il le premier d’un monde dont la fragmentation conflictuelle a déjà commencé ou le dernier d’un monde dont la cohésion compétitive se perpétue tant bien que mal? Pour le savoir, il faudra attendre la signature de l’accord-cadre fin juin et surtout surveiller son application ultérieure car il a bien des adversaires résolus à le faire capoter. Mais il dit beaucoup, sur les rapports de force de la planète, sur la façon dont le monde se réorganise et sur l’engagement à venir de la France.

Les ministres des Affaires étrangères du groupe 5+1 et de l’Iran posent avant l’annonce d’un acco...   Source

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