Danke Angela !

Un de nos fidèles correspondant réagit à la dernière lorgnette (ici) avec laquelle il n’est pas du tout d’accord. Tant mieux : cela nourrit le débat. Merci à lui. LV

Le billet intitulé « Tchüss Angèle ! » me paraît très représentatif d’une certaine arrogance, qui considère le plus souvent que seule la vision française serait bonne pour une Europe où seule la France aurait des idées ; il semble en revanche totalement méconnaitre ce qu’est l’histoire de l’Allemagne, notamment récente, et surtout qui sont les Allemands.

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Le futur de la Bundeswehr (J. Crisetig)

C’est la saison des stages. Voici le premier opus de notre stagiaire de cette année, Joël Crisetig, qui nous parle du futur de la Bundeswehr. Cela renvoie au document britannique récent qui est plus une revue de défense et de politique étrangère, dont nous vous avions récemment parlé (LV 165). Bienvenue à lui et merci… LV.

 

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Les « Eckpunkte für die Bundeswehr der Zukunft » : vraie restructuration de l’armée ou effet d’annonce ?

Présentés au grand public le 18 mai 2021 par la ministre de la défense Annegret Kramp-Karrenbauer (CDU) et par le chef d’état-major de la Bundeswehr Eberhard Zorn, les « Eckpunkte für die Bundeswehr der Zukunft » (“Pierres angulaires pour la Bundeswehr de demain”) visent à réorganiser la Bundeswehr afin de la rendre plus « opérationnelle » et plus « réactive », sans toutefois la réformer en profondeur.

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Penser en Chine (Anne Cheng dir.)

Notre fidèle correspondant, X. d’Abzac, qui nous avait déjà éclairé sur les débats en Chine (voir billet), nous propose ici une fiche de lecture du dernier ouvrage d’Anne Cheng. Mille mercis à lui. LV

En 2007, Anne Cheng présentait La pensée en Chine aujourd’hui (ici), un ouvrage collectif d’auteurs choisis pour leur compétence et leur indépendance. Plus de dix ans après, la réunion d’un nouveau collectif, nourri par la somme des mutations de la Chine, nous offre Penser en Chine, un ouvrage de synthèse sur l’état de ce pays qui a envahi notre paysage médiatique au quotidien dans tous les domaines.

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La Russie et l’UE : entre tensions politiques et complémentarité économique (A. Kaufmann)

Un de nos fidèles correspondants, spécialistes de la Russie, nous permet de présenter ce texte. Une version anglaise a été publiée sur le site  de l’ISPI (ici) que nous remercions chaleureusement de nous autoriser à donner la version française. LV

Identifier des perspectives n’est pas une tâche facile en cette ère de pandémie caractérisée par un haut degré d’imprévisibilité. Qui aurait pu imaginer qu’un virus inconnu rendrait les simples déplacements entre la Russie et l’UE presque impossibles pendant plusieurs mois, reconstituant dans une certaine mesure une forme de rideau de fer (sanitaire) trente ans seulement après la chute de l’Union soviétique ? Alors que la pandémie a ajouté de la volatilité à nos quotidiens, cette période a également confirmé certaines tendances clés susceptibles de façonner l’avenir de la relation économique entre l’UE et la Russie.

C’est la politique, idiot !

It is the politics, stupid !” pour paraphraser la célèbre réplique des élections américaines de 1992 (“it is the economy, stupid !“) emblématique du paradigme de la « fin de l’Histoire » des années 1990. En ce qui concerne les relations entre la Russie et l’UE, la politique influence désormais les affaires plus que le contraire. Du moins depuis la crise ukrainienne de 2014, qui a prouvé que les deux parties étaient prêtes à sacrifier des intérêts économiques évidents à leurs objectifs politiques. Les sanctions ont remplacé la diplomatie et cette tendance se renforce, l’UE ayant adopté sa propre loi de type Magnitsky pour imposer des sanctions en lien avec les violations des droits de l’homme. Cela rend les liens économiques à long terme très vulnérables aux événements politiques, aux développements internes et aux tensions internationales. Continue reading “La Russie et l’UE : entre tensions politiques et complémentarité économique (A. Kaufmann)”

Mémoire et Histoire : le cas des rapports Stora et Duclert (M. Cuttier)

Fidèle contributrice à La Vigie, auparavant enseignante à l’université de Toulouse, Martine CUttier nous propose ses réflexions sur les questions actuelles de la mémoire…. Merci à elle de cette contribution à un débat apaisé. LV

Depuis son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron cherche à trouver une issue à l’épineuse question liée à deux moments de l’histoire contemporaine de la France. Il y a d’abord l’Algérie puis le Rwanda. Dans les deux cas, il a commandé des rapports à des historiens.

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Quels débats en Chine même ? (X. d’Abzac)

Xavier d’Abzac, fidèle lecteur de la Vigie,pratique la Chine depuis plus de quarante ans. Il nous propose ici un très intéressant texte décrivant les débats intellectuels nourris parmi les élites chinoises, qui sont finalement si peu connus en Europe. Aller écouter l’autre pour comprendre son point de vue, quelle bonne idée ! Merci à lui. LV

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Les hasards d’une vie extravagante m’ont fait connaître la Chine rouge sous plusieurs couleurs d’uniforme : le col blanc cravaté de l’homme d’affaires en 1972 ; le T-shirt multicolore du touriste pendant 36 ans ; le bleu du costume strict du ministre cambodgien de 1993 à 2008. Ainsi, j’ai connu la Chine des embouteillages de vélos emblématiques de la Révolution culturelle, des chambres d’hôtels sans serrure mais avec paillasse, thermos d’eau chaude antiques et douche froide jusqu’à celle de la mondialisation, urbanisée et numérique du XXIe siècle. Je connais beaucoup de choses sur la Chine mais je ne connais pas la Chine comme je connais, ou pense connaître, la France, le Cambodge ou l’Allemagne. J’ai appris à fuir les spécialistes qui commencent leurs phrases par « La Chine est… » ou encore « les Chinois sont…, ont…, pensent…, font…, disent… ». Amalgamer près d’un milliard et demi d’hommes et de femmes ressort de l’entourloupe. La diversité est partout en Chine, notamment dans les esprits.

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Les bases opérationnelles avancées temporaires françaises au Sahel (L. Guignon)

Nous avons le plaisir le travail d’une étudiante de M1 de l’IEP de Lille, Léa Guignon, sur les bases opérationnelles au Sahel. Le sujet est technique mais son inscription dans la durée longue suscite l’intérêt. Surtout, cette publication répond à l’ambition de La Vigie, celle de donner leur chances aux jeunes plumes… Merci à elle.LV

Les bases opérationnelles avancées temporaires françaises au Sahel

Lancée le 1er août 2014 l’opération Barkhane s’étend à la Mauritanie, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et au Tchad. Les objectifs de l’opération sont les suivants : appuyer les forces armées locales de la bande Sahélo-saharienne (BSS) dans leurs actions de lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), éviter la résurgence des groupes et l’apparition de nouveaux sanctuaires et appuyer les forces internationales qui œuvrent en faveur de la population[1]. La France développe une logique de mobilité, de flexibilité, et de réactivité des forces afin de surprendre l’ennemi dans toute la BSS[2]. Pour cela Barkhane s’appuie sur un réseau de bases militaires permettant de quadriller la zone.

On distingue plusieurs catégories de bases militaires au sein du dispositif Barkhane. Il existe des bases opérationnelles « permanentes » (BOAP) comme celles de Gao, Niamey et N’Djamena. Ce sont les bases les plus importantes de l’opération en termes de commandement et de volume. Leurs systèmes de défense sont performants, elles sont bien fournies en moyens de communication et en équipements militaires. Les bases opérationnelles avancées « temporaires » (BOAT), sont celles de Tombouctou, Kidal, Tessalit, Menaka, Gossi, Faya-Largeau, Abéché et Aguedal. Ce sont des points d’appui complémentaires aux bases permanentes. Elles n’ont de temporaire que le nom puisque certaines existent depuis les prémices de l’opération Serval. Ce sont des emprises plus petites que les bases permanentes, leur aménagement est rustique au départ mais elles peuvent devenir plus confortables avec le temps[3]. Bien que la sédentarisation apparaisse essentielle dans une guerre de contre-insurrection, celle-ci fait face à plusieurs limites. Quels sont les impacts géostratégiques que les BOAT peuvent présenter dans la conduite de Barkhane ? Quel avenir ont-elles au sein des futures opérations ?

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La Royal Navy face aux effets budgétaires du BREXIT et du COVID19 (E. Lambert)

Nous sommes heureux d’accueillir un nouvel auteur, très bon connaisseur du système de défense britannique. Son analyse précieuse nous permet d’ouvrir la rentrée. Merci à lui. LV

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Outre les pertes humaines, la crise sanitaire et sa gestion par le gouvernement de Sa Majesté a provoqué un tremblement de terre financier et une crise économique qui va durement affecter pour les cinq à six prochaines années le Royaume-Uni. Alors que gouvernement britannique est intervenu à grande échelle – et à l’encontre de la politique traditionnelle conservatrice – pour accompagner ses citoyens et tenter de maintenir les finances publiques, l’économie du Royaume-Uni tangue dangereusement sous les effets combinés du Brexit et de la pandémie.

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La Libye pourrait-elle être la première mission d’un groupement tactique de l’UE ? (W. Pusztai)

Nous sommes heureux d’accueillir ce texte stimulant de Wolfgang Pusztai, Analyste autrichien des questions de sécurité et politique internationale. Merci à lui. LV.

En Libye, une guerre civile est en cours depuis 2011 avec différentes phases d’intensité. Les perspectives d’un cessez-le-feu durable comme condition préalable à une solution politique n’ont jamais été très brillantes au fil des ans. Une mission militaire internationale visant à garantir le respect de ce cessez-le-feu aurait de toute façon été pratiquement impossible sur le plan technique. Tout cela pourrait changer maintenant.

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La situation actuelle en Libye

Depuis la défaite décisive de l’Armée nationale libyenne (LNA) de Khalifa Haftar en Tripolitaine face à l’opération Volcan de la Rage (Burkan Al-Ghadab) soutenue par la Turquie, qui soutient le Gouvernement d’accord national (GNA) reconnu internationalement, il y a une impasse à l’ouest de Syrte, la porte d’entrée du bassin pétrolier libyen de Syrte, sur la côte centrale du pays. Continue reading “La Libye pourrait-elle être la première mission d’un groupement tactique de l’UE ? (W. Pusztai)”

Contact-tracing face au covid-19 : pas d’autres choix que l’audace (G-P Goldstein)

Guy-Philippe Goldstein nous a déjà gratifié de deux articles sur le COVID 19 (ici et ici). Il revient pour nous sur le sujet, en évoquant la question du traçage électronique, qui fait débat actuellement. Merci à lui. LV.

Il y a cinq semaines déjà, le 11 mars dernier, nous publions déjà dans ces lignes les points clés d’une réponse inspirés des bons résultats alors déjà observables en Corée du Sud et à Taïwan, en compléments des gestes barrières et des premiers éléments de distanciation sociale déjà appliqués en France. Cette réponse mettait en avant (1) les tests ; mais au-delà, (2) le volet numérique, offrant une gamme large de solutions tant dans le repérage que dans le télétravail, qui n’existaient pas encore dans les plans épidémiques datant de plus d’une dizaine d’années ; et enfin (3) un tempo rapide, et donc audacieux, afin de prendre de vitesse une épidémie foudroyante.  Prise à la gorge parce que trop lente à réagir, la France a finalement appliquée des mesures sévères de confinement six jours plus tard, bien plus strictes et limitant les libertés individuelles que ce qui existe en Corée du Sud. L’objectif était de se donner du temps, justement. Et pour finalement mettre en place « une approche proche de la Corée du Sud », comme l’a dit Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique[i].

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Or, d’après le gouvernement de Corée du Sud lui-même, une part importante de la réponse tient dans le volet numérique[ii], appliquée justement de manière rapide et audacieuse. Et pourtant, le volet numérique a été traité quasiment « à la sauvette », tant dans la déclaration du Président du lundi 13/4 que surtout dans l’intervention du Premier Ministre du 19/4, pourtant relativement détaillée et exhaustive. On sent bien qu’un cadre politique rigide est en train d’être défini tant par le sommet de l’exécutif que par les partis d’opposition, l’ensemble concourant au même groupthink idéologique incapable de se questionner alors qu’une crise sans précédent frappe l’Europe, et qui était déjà à l’origine du fiasco du premier tour des municipales. A cause de ce cadre, le volet numérique risque d’échouer en France  malgré tous les talents et bonnes volontés réelles qui s’y sont investis. Il faut donc comprendre (1) Pourquoi le numérique est l’un des piliers de la gestion de l’épidémie ; (2) pourquoi nombre de peurs et de réticences sont inappropriées ; (3) Comment avancer à la fois dans le respect de nos valeurs et dans le pragmatisme qu’impose l’extraordinaire situation sanitaire et économique actuelle.

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