N° 71 (gratuit) : Le maquis | Où va le Royaume-Uni ? |G5 Sahel

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Le maquis

Début 2016 , on avait bien perçu l’amorce d’un grand tournant (LV 33) puis relevé les ruptures qui suivirent (Brexit, Trump) et détecté le début du grand chambardement annoncé après la guerre froide (LV 59). Le dérapage redouté a bien eu lieu. Nous voilà dans un maquis où plus rien n’est assuré. Ce premier semestre 2017 ne nous a donc pas surpris. Pourtant surprise il y eut, ni stratégique, ni technologique mais, de fait, politique. Les peuples s’ingénient à déjouer nos pronostics avisés. Alors reprenons le chemin de la colline qui nous inspire (LV 58 bis) pour faire le point stratégique. À la Vigie, nous sommes d’abord soucieux de la sécurité de la France et de sa liberté d’action ; scrutons donc le panorama de sécurité du pays, ce qui change et ce qui reste, et ce qu’on peut, et donc doit, faire. […]

Où va le Royaume-Uni ?

La « surprise politique » est devenue la l’incarnation de la surprise stratégique. De ce point de vue, le Royaume-Uni dont nous interrogions en 2015 le déclin (LV 14) semble illustrer parfaitement cette affirmation, tant depuis trois ans les surprises n’ont cessé de s’y produire. Souvenez-vous : à l’automne 2014, l’Écosse renonce de justesse à l’indépendance lors d’un référendum dont tout le monde coryait qu’il ne laissait pas de place au doute. En mai 2015, D. Cameron dissout le Parlement, conformément aux mœurs politiques d’outre-Manche. On annonce un résultat serré mais les Conservateurs obtiennent finalement, à la surprise générale,  une majorité absolue leur évitant de nouer une alliance avec les Lib-Dém.

[…].

Lorgnette : G5 Sahel

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N° 70 : Où va Trump ? | De la paix durable ? | Attaques à Londres

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Où va Trump ?

Nous avions réagi à l’élection de Donald Trump (cf. LV 55 et 56) pour ensuite l’évaluer en silence : il paraissait opportun de délaisser les imprécations si fréquentes et d’observer. Maintenant que sa première tournée internationale est achevée et que l’on commence à en voir les premiers effets, il est temps de caractériser cette politique. Car malgré ce que disent « les médias », elle a sa cohérence : le constater ne signifie pas qu’on l’approuve, mais plutôt qu’il est de bonne méthode d’étudier la stratégie de l’autre si l’on veut prendre l’avantage. Or, les indignations indignées (et fatigantes) ne contribuent pas au nécessaire réalisme. Certes, D. Trump détone face aux mœurs feutrées des élites transatlantiques. Il ne manque pas pour autant de finesse ni surtout de ligne politique. […]

De la paix durable

Repartons de la conclusion de notre précédent numéro : il faut réapprendre à penser la paix si l’on veut savoir faire la guerre. De même que la guerre a muté, sinon dans ses finalités, au moins dans ses formes, la paix a cédé la place à une crise permanente d’intensité variable, tensions brutales et détentes provisoires. Quel espace lui reste-t-il ? Est-elle autre chose que le silence des armes, un intervalle, une pause entre deux conflits ? Beaucoup de bons auteurs ont traité cette question ancienne. Il est vrai que la grande guerre et la vraie paix sont mortes ensemble, selon la belle formule du général Beaufre, il y a plus de cinquante ans. De même, on a mieux compris depuis la fin de la guerre froide que leurs syntaxes se métamorphosaient (cf. LV 16, 29, 35, 46, 69). Pareillement personne n’a oublié ces mauvaises paix qui laissaient intacts les problèmes et suscitaient de nouvelles guerres, comme après la Première Guerre mondiale celles de l’ex Empire ottoman, ou ces paix qui ont mal soldé les guerres de décolonisation, Quant à la fin de la Guerre froide, elle a ouvert une ère de dégel de tensions et de violences multiples. On le voit aujourd’hui dans les Balkans, l’Europe orientale, le Levant, le Sahel … […].

Lorgnette : Attaques à Londres

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Source image : Kentuckyguard via VisualHunt / CC BY-NC-ND

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Les Balkans, entre discordes politiques internes et enjeux géostratégiques (A. Seiti)

Arta Seiti, chercheuse en géopolitique, responsable du groupe d’études balkaniques (IPSE) et chargée de cours à l’Université catholique de Lille – Master 1 Relations internationales, est spécialiste des Balkans et nous propose ce texte sur une région européenne que nous ne regardons plus, alors qu’ils s’y passe des évolutions fort sensibles qui n’étonneront que es distraits : pas les lecteurs de La Vigie, à coup sûr ! JDOK.

Les Balkans produisent un état générateur de désordre interne et de tension notamment après les élections américaines, qu’il conviendrait d’analyser finement. Les enjeux qui se posent sont multiples et ont trait, en premier lieu, au marasme économique qui s’est emparé de cette région sur fond de crise aiguë financière européenne, crise structurelle des institutions européennes et de la zone euro. L’atonie économique de la zone euro affichée dans les crises grecques a valeur de laboratoire et la crise structurelle grecque et la crise de la zone euro s’interpénètrent (1). Dans les Balkans, le chômage important et l’émigration massive (2) suscitent un trouble inhérent au quotidien exprimant ainsi un profond désarroi des peuples.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/85/Balkan_topo_fr.svg/langfr-280px-Balkan_topo_fr.svg.png Source Continue reading « Les Balkans, entre discordes politiques internes et enjeux géostratégiques (A. Seiti) »

N° 69 : Des Corées | Du retour à la paix | Nouvelles batailles syriennes

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Des Corées

Oublions un peu la France, l’Europe et l’Afrique pour évoquer un point chaud de la planète : la péninsule coréenne. Avec la Syrie (Voir Lorgnette), c’est l’un de ces théâtres asiatiques de conflit semi-ouvert où se défient les puissances, où se régulent les rapports de force et où s’affiche la nouvelle puissance américaine. Vu de Paris, ce foyer de crise renseigne assez bien sur la dynamique stratégique nouvelle que règlent Pékin, Moscou, Washington et New York, et dont Bruxelles et les Européens sont assez absents. […]

Du retour à la paix

Prenons aussi le temps de revenir aux classiques, car c’est toujours fructueux. Ainsi, la lecture de « Penser la guerre, Clausewitz » par Raymond Aron permet de comprendre bien des choses aujourd’hui. L’intellectuel avait voulu étudier le théoricien de la guerre pour évaluer son apport à la doctrine de dissuasion. Le livre fut publié en 1976 chez Gallimard (avec l’asssistance de Pierre Manent pour certaines relectures). Après avoir lu toutes les œuvres de Clausewitz (CVC), Aron constate qu’il y a deux caractéristiques chez lui : la fameuse « formule » (« la guerre est la continuation de la politique par d’auters moyens »), mais aussi la distinction des deux types de guerre, ce qu’Aron désigne par « la grande querelle ». C’est ce point méconnu que nous voulons évoquer ici car il nous semble fort instructif pour nos conflits contemporains. […].

Lorgnette : Nouvelles batailles syriennes

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Un second porte-avion

Voici le texte d’une tribune de Jan Dufourcq paru le 22 mars dernier sur le site de la RDN. Le Président français élu en mai prochain sera privé de la capacité de manœuvre militaire du porte-avions (PA) Charles-de-Gaulle, pendant les  premiers semestres de son mandat.

Le Charles de Gaulle reste l'unique porte-avions de la France. Crédit Photo: Marine nationale/Patrick Fromentin

 Source

Pour sortir de cette impasse militaire récurrente et manifester notre volonté d’action stratégique autonome permanente, il faut donner à la France un second PA, chacun le voit et beaucoup de candidats l’affirment désormais. Appelons-le PA20 et exposons ce projet. Continue reading « Un second porte-avion »

La commission militaire centrale et le pouvoir du président Xi (A. Payette)

Voici un sujet négligé en France : celui de la construction du pouvoir du président chinois Xi, qui semble vouloir durer. Or, il s’appuie fortement sur l’Armée Populaire de Libération (APL) et la question des nominations est cruciale puisqu’elle articule les questions militaires aux questions politiques. Dans cet article, un jeune chercheur, Alex Payette, décrit les hommes de cette manœuvre. Merci à lui. JDOK 

Lors d Source

 

À quelques mois du 19e Congrès du Parti communiste chinois, Xi Jinping s’affaire à placer ses hommes à des postes clés tant en province (p. ex gouverneurs, secrétaires du Parti, etc.), dans les hauts organes du Parti (p. ex département de la propagande, commission disciplinaire, etc.) que dans les hautes sphères du commandement de l’armée populaire de libération (APL), dont la commission militaire centrale (CMC). Au moins cinq individus devront être remplacés à la fin 2017 – en raison de leur âge avancé, dont Fan Changlong [范长龙] (1947), Chang Wanquan [常万全] (1949), Zhao Keshi [赵克石] (1947), Wu Shengli [吴胜利] (1945) et Ma Xiaotian [马晓天] (1949). Continue reading « La commission militaire centrale et le pouvoir du président Xi (A. Payette) »

Plaudite, Acta est fabula : un nouvel Auguste (Th. Flichy de La Neuville)

Ce texte d’un de nos chercheurs associés, Thomas Flichy de La Neuville, nous a semblé parfaitement pertinent pour comprendre, qui sait, l’air du temps. Auguste, premier empereur qui n’accepta pas le titre, tyran mais constructeur d’empire… Un modèle ?  JDOK

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Source

Applaudissez, la pièce est jouée. Tels auraient été les derniers mots prononcés par l’Empereur Auguste avant de succomber à une figue empoisonnée. Cet homme énigmatique qui avait prit un soin jaloux à ne jamais définir le régime nouveau qu’il instaurait fut décrit a posteriori par Julien l’Apostat comme un « caméléon changeant de couleur, tour à tour pâle, rouge, noir, et puis après charmant comme Vénus ».

Fils de banquier, Octave-Auguste avait été introduit progressivement par César sur la scène publique. Il apparut chevauchant à ses côtés lors de son triomphe pour ses victoires en Afrique le 15 juillet 46. Mais à cette époque, personne ne le prenait encore véritablement au sérieux. Auguste en profita pour gagner la confiance de certains partisans de César, qui pour la plupart ne voyaient en lui qu’un jeune héritier fragile et facile à manipuler. Sans doute ignoraient ils qu’Auguste avait l’art de se rendre maître des foules : lors des festivités marquant la mort de César, Auguste parvint à se servir habilement de l’apparition d’une comète, pour faire croire au peuple qu’il s’agissait de la manifestation de l’âme de César rejoignant le domaine des dieux avant de le désigner pour héritier.

C’est ainsi que cet éternel trentenaire prit le pouvoir pour ne jamais le rendre. Il se prétendit ami de la concorde, faisant bâtir à grand frais le temple de la paix de 13 à 9 avant J-C, pourtant, jamais homme ne se livra davantage à la guerre. Sous son règne, l’état d’urgence permanent fut instauré. Auguste, prétendit rendre la liberté à la république pour mieux vider ses institutions de leur substance. Dans une Rome profondément divisée entre Optimates et Populares, Auguste, instaura une dictature déguisée au cours de laquelle la plupart des citoyens furent dupés.

Aussi n’est-il pas inutile de rappeler un mot de Montesquieu à son égard : pendant que sous Auguste, la tyrannie se fortifiait, on ne parlait que de liberté. 

Thomas Flichy de La Neuville

Professeur à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

N° 68 : France, le retour de la géopolitique | Souveraineté et technologie | Campagne iranienne

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

France: retour de la géopolitique

Après cette campagne décevante et énervée, l’observateur doit surmonter sa frustration pour dégager les ressorts dominants de la société politique française. Cette « séquence » électorale (nous n’osons dire démocratique) a vu la géographie redevenir le premier axe de compréhension. Il faut pour cela remonter au principe qui veut que la Nation soit une communauté d’individus libres décidant de s’associer, en souvenir de belles choses faites ensemble, pour en réaliser de nouvelles demain. Bien sûr, la doctrine française a été, depuis la Révolution française, ambiguë sur les limites géographiques de cette communauté. Mais après le travail d’unification linguistique mené par la IIIème République, chacun savait intuitivement où elle se terminait. Au-delà de la propagande qui nous fut servie en tous sens, la géopolitique constitue donc le trait principal et pour tout dire unique de cette campagne. Qu’il s’agisse du rapport à l’extérieur (questions de l’Europe et de la mondialisation) mais aussi des clivages intérieurs, ces élections furent très géopolitiques. […]

Souveraineté et technologie

Oublions un instant cela pour connecter deux mots très denses stratégiquement, souveraineté et technologie, et examiner leur articulation aujourd’hui. Convoquons au débat des facteurs clés de l’équation stratégique, indépendance, désarmement, exportations d’armement…, des dossiers qui pèsent lourds sur la sécurité du pays. La question de la souveraineté est diverse, on l’a entrevu lors du débat présidentiel. […].

Lorgnette : Campagne iranienne

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La Côte d’Ivoire : exemple de sortie de crise ? (M. Cuttier)

La Côte d’Ivoire est sortie des radars de l’actualité française. Pourtant, la crise y fut très longtemps présente dans les préoccupations françaises, tout au long des années 2000. Depuis, on s’en désintéresse : signe d’une sortie de crise réussie ou zone grise mise à l’écart tant qu’elle ne fait pas de bruit ? Martine Cuttier, docteur en histoire et enseignante en master à l’université de Toulouse 3, nous en dit plus : merci à elle. JDOK

Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, détentrice du droit de veto, la France continue à s’occuper des affaires du monde en proposant des options de sortie de crise. Elle reste active dans sa zone traditionnelle d’influence sub-saharienne, où elle intervient en premier une fois obtenue la caution de la communauté internationale par une résolution du Conseil et constitué ensuite une coalition.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire qui a traversé une décennie de crise politique, quelle méthode de sortie de crise fut proposée, comment fut elle appliquée et quelles en sont les limites ?

 Source

Cette contribution s’appuie sur une communication récente du général de corps d’armée (2S) Bruno Clément-Bollée pour la revue Res Militaris[1] dans laquelle il propose une démarche de sortie de crise, fruit d’expériences empiriquement menées au gré de sa carrière en Afrique. Elle n’est pas une doctrine officielle.

Continue reading « La Côte d’Ivoire : exemple de sortie de crise ? (M. Cuttier) »

N° 67 : Où va la Turquie ? | Autre chose, autrement | Corée du Nord et États-Unis

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Où va la Turquie ?

Trois jours après le premier tour de l’élection présidentielle, parler d’autre chose que de la France tient de la gageure, surtout après la pauvre campagne que nous avons eue. Cela étant, il n’est que voir l’intérêt inquiet que cette élection a suscité de par le monde pour relativiser aussitôt l’opinion malsaine de tous ceux qui se complaisent à décrire la France comme une puissance marginale. Pour autant, elle est loin d’être la puissance influente qu’elle pourrait être et devrait donc être. Cela étant noté, décentrer le regard permet de mieux apprécier, par contraste, ce qui advient chez nous. Le récent « référendum » qui s’est tenu en Turquie illustre que si notre démocratie est bien malade, les choses paraissent pires ailleurs. Le système turc semble très fragile […]

Autre chose, autrement

Une période vient de s’achever en France. C’est autre chose que les Français attendent et autrement qu’ils veulent vivre en France. Le dernier attentat sur les Champs-Élysées puis le premier tour présidentiel ont rappelé cette évidence. On ne peut plus vivre installés dans la précarité culturelle, économique, sécuritaire et la subir avec la patiente vertu des victimes désignées. On ne peut pas continuer à appliquer avec obstination des politiques publiques tenues en échec depuis quinze ans. On ne peut pas non plus s’en remettre à d’autres pour redéfinir nos points d’équilibre intérieur ni s’exonérer d’ambition nationale au motif que la crise est générale autour de nous. On peut encore moins dénoncer des commanditaires extérieurs quand les assassins sont citoyens français et quand on fraie avec ceux qui les soutiennent. […].

Lorgnette : Corée contre États-Unis

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