Soldat de l’ombre. Au cœur des forces spéciales (Ch. Gomart)

Le GCA Gomart, ex patron du COS, a récemment publié un livre sur les forces spéciales. Merci à notre fidèle amie Martine Cuttier d’en rendre compte. LV.

Soldat de l'ombre

La parution du livre n’est pas passée inaperçue puisque dans son numéro des 25-26 septembre,  Le Figaro magazine en a fait sa  couverture et a consacré un long reportage aux «  soldats de l’ombre », à la façon dont le président de la République les utilise et mène ses guerres secrètes en ajoutant un extrait de l’ouvrage que l’auteur présente comme des Mémoires (p 9).

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La Vigie n° 152 : Que nous dit la Russie ? | Unités désunies | Lorgnette : Libres otages

Lettre de La Vigie n° 152 du 14 octobre 2020

Que nous dit la Russie ?

La Russie se pense comme puissance. Maîtresse des terres, elle met en œuvre une stratégie qui sait prendre son temps et jouer habilement de la nouvelle configuration du monde structurée par l’affrontement entre la Chine et les États-Unis et un dérèglement du multilatéralisme. Elle est toutefois un partenaire rugueux qui ne sait pas susciter le dialogue, pourtant nécessaire à l’Europe si elle ne veut pas être simplement la proie des prédateurs.

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Unités désunies

Le mot unité détient la particularité de désigner à la fois la partie élémentaire d’un ensemble et l’ensemble lui-même. Suivant les domaines auxquels elle est appliquée, la dualité du sens conduit à des valeurs de l’unité singulièrement différentes notamment en matière de philosophie politique ou de politique étrangère d’un État. A l’ère de l’individualisme triomphant quel sens donner à l’unité de la République dans un monde en pleine recomposition stratégique ?

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Lorgnette : Livres otages

La libération de la dernière otage française la semaine dernière a suscité plusieurs polémiques. La France a-t-elle payé une rançon ? Sa libération valait-elle la libération de 200 prisonniers ? Sur ces deux points, on a peu de détails mais la négociation semble avoir été conduite par le pouvoir malien de façon autonome, sans la France donc. La question de l’otage serait venue tardivement, sans qu’il soit question de rançon. Quant aux termes de l’échange, certains ont conclu rapidement qu’il s’agissait d’islamistes, quand le troc semble avoir tenu à des considérations intra-maliennes.

Ceci explique largement la gêne des autorités, mises devant le fait accompli et ne sachant que dire devant les propos de l’otage, déclarant avoir suivi « une retraite spirituelle ». Chacun a pu noter là les limites de la curieuse tradition voyant un Président de la république se précipiter à l’aéroport pour accueillir le compatriote libéré. La communication sans message est contre-productive. Pour autant, peu importe le mérite ou les opinions de chaque otage : la solidarité nationale impose de les faire rentrer à la maison, selon le principe de « tous pour un ». C’est au fond notre raison d’être nationale.

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Que nous dit la Russie ? (LV 152)

La Russie se pense comme puissance. Maîtresse des terres, elle met en œuvre une stratégie qui sait prendre son temps et jouer habilement de la nouvelle configuration du monde structurée par l’affrontement entre la Chine et les États-Unis et un dérèglement du multilatéralisme. Elle est toutefois un partenaire rugueux qui ne sait pas susciter le dialogue, pourtant nécessaire à l’Europe si elle ne veut pas être simplement la proie des prédateurs.

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Unités désunies (LV 152)

Le mot unité détient la particularité de désigner à la fois la partie élémentaire d’un ensemble et l’ensemble lui-même. Suivant les domaines auxquels elle est appliqué, la dualité du sens conduit à des valeurs de l’unité singulièrement différentes notamment en matière de philosophie politique ou de politique étrangère d’un État. A l’ère de l’individualisme triomphant quel sens donner à l’unité de la République dans un monde en pleine recomposition stratégique ?

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La Vigie n° 151 : Repli derrière le mur | Que nous dit l’Amérique ? | Lorgnette : Haut-Kharabakh

Lettre de La Vigie n° 151 du 30 septembre 2020

Repli derrière le mur

La construction des murs s’accélère dans ce monde. Pourtant, ce mode d’action tactique n’a jamais su, de manière structurelle, contribuer à une action stratégique durable. De même il reflète un repli sur soi et une peur de l’autre alors que nous avons justement besoin de dialectique.

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Que nous dit l’Amérique ?

La campagne électorale américaine est particulièrement anormale : non seulement à cause du Covid mais aussi parce qu’elle démontre l’affrontement, bloc à bloc de deux Amériques irréconciliables et prêtes à en découdre, refusant par avance la victoire de l’autre camp. Au-delà de la disparition du ciment WASP, c’est une conception de la modernité qui s’éloigne. Ce numéro de La Vigie s’interroge enfin sur les conséquences de la victoire de D. Trump ou de celle de J. Biden : dans les deux cas, les perspectives ne sont pas fameuses.

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Lorgnette : Haut-Karabakh

Faut-il être surpris de la reprise des combats au Haut-Karabakh, cette enclave arménienne en Azerbaïdjan ? Non. Tout d’abord parce que la dispute est ancestrale et qu’on ne voit pas de solution négociée à ce conflit. D’ailleurs, les éclats de ces derniers jours semblent orchestrés plus pour des raisons intérieures du côté de Bakou que par la volonté de reprendre le contrôle militaire de ce territoire. Il reste que les canons ont parlé et que certains s’en alarment.

Rappelons ici qu’un conflit gelé ne signifie pas un conflit éteint : le gel signifie seulement qu’il ne dégénère pas, mais qu’il est en revanche entretenu, à coup d’escarmouches plus ou moins bruyantes ou meurtrières. À cette aune, la bataille de ces derniers jours serait normale.

Pour autant, elle détonne par rapport à la politique habile de l’Azerbaïdjan (LV 134). Les deux grands parrains de la région, Russie et Iran, devraient rapidement signifier à Bakou la fin de l’épisode. Mais c’est compter sans l’activisme turc dont on se demande ici ce qu’il poursuit : dans le jeu à plusieurs bandes de l’Orient compliqué, il ne s’agit probablement pas de la Transcaucasie mais plus probablement d’un message à l’endroit de Moscou et Téhéran.

JOCV

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Repli derrière le mur (LV 151)

La construction des murs s’accélère dans ce monde. Pourtant, ce mode d’action tactique n’a jamais su, de manière structurelle, contribuer à une action stratégique durable. De même il reflète un repli sur soi et une peur de l’autre alors que nous avons justement besoin de dialectique.

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Que nous dit l’Amérique ? (LV 151)

La campagne électorale américaine est particulièrement anormale : non seulement à cause du Covid mais aussi parce qu’elle démontre l’affrontement, bloc à bloc de deux Amériques irréconciliables et prêtes à en découdre, refusant par avance la victoire de l’autre camp. Au-delà de la disparition du ciment WASP, c’est une conception de la modernité qui s’éloigne. Ce numéro de La Vigie s’interroge enfin sur les conséquences de la victoire de D. Trump ou de celle de J. Biden : dans les deux cas, les perspectives ne sont pas fameuses.

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La Vigie n° 150 : Turbulente rentrée | Nouvelle oscillation, stratégique | Lorgnette : 5 questions au lecteur

Lettre de La Vigie n° 150 du 16 septembre 2020

Turbulente rentrée

L’été a permis au Français de retrouver une certaine normalité. Le monde, quant à lui, a plutôt aggravé les tensions : entre une inquiétante Amérique, une Chine ambiguë, une Afrique qui va toujours mal, une Méditerranée qui s’échauffe, un Est européen douloureux, la rentrée est turbulente et agitée. Convenons que notre diplomatie a du mal à ordonner ces désordres et à imprimer des lignes claires.

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Nouvelle oscillation stratégique

Le désordre stratégique actuel est stimulé par la double opposition qui se manifeste entre d’une part enracinés et affranchis au sein des États, et d’autre part des impériaux et des tributaires dans la société internationale. Les États en sont durement affectés. Mais les risques de crise sécuritaire mondiale sont encadrés par de puissants et nouveaux régulateurs. Comment tirer son épingle du jeu ?

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Lornette : 5 questions au lecteur

En ouvrant cette septième année de publication de notre lettre stratégique bimensuelle, nous avons voulu savoir ce qu’en pensaient nos lecteurs. Suivent donc cinq questions qui demanderont deux minutes d’attention à nos lecteurs et nous permettront de les bien servir.

Au reçu de l’annonce que nous envoyons (vous êtes 10 000 à la recevoir deux fois par mois), il vous suffit de nous répondre (mail) par cinq chiffres qui porteront votre appréciation. Nous comptons sur vous.

  • Question n°1 : le format de 6 pages et 2 articles vous convient-il ? Oui= 1 ; augmenter = 2 ; diminuer= 3, indifférent = 4
  • Question n°2 : la périodicité de publication vous convient-elle ? Oui = 1 ; augmenter = 2 ; diminuer = 3.
  • Question n°3 : le coût de l’abonnement vous convient-il ? Oui= 1 ; Non : 2 ; indifférent =3
  • Question n°4 : thématiques, indiquez 2 préférences parmi 6 ; géopolitique = 1, géostratégie = 2, géoéconomie = 3, stratégie générale = 4, sécurité nationale = 5, crises = 6.
  • Question n°5 : produits, voulez-vous d’autres productions payantes ? études confidentielles = 1, conseils ciblés = 2, formations = 3, débats fermés = 4.

JOCV

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Turbulente rentrée (LV 150)

L’été a permis au Français de retrouver une certaine normalité. Le monde, quant à lui, a plutôt aggravé les tensions : entre une inquiétante Amérique, une Chine ambiguë, une Afrique qui va toujours mal, une Méditerranée qui s’échauffe, un Est européen douloureux, la rentrée est turbulente et agitée. Convenons que notre diplomatie a du mal à ordonner ces désordres et à imprimer des lignes claires.

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Nouvelle oscillation stratégique (LV 150)

Le désordre stratégique actuel est stimulé par la double opposition qui se manifeste entre d’une part enracinés et affranchis au sein des États, et d’autre part des impériaux et des tributaires dans la société internationale. Les États en sont durement affectés. Mais les risques de crise sécuritaire mondiale sont encadrés par de puissants et nouveaux régulateurs. Comment tirer son épingle du jeu?

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Les bases opérationnelles avancées temporaires françaises au Sahel (L. Guignon)

Nous avons le plaisir le travail d’une étudiante de M1 de l’IEP de Lille, Léa Guignon, sur les bases opérationnelles au Sahel. Le sujet est technique mais son inscription dans la durée longue suscite l’intérêt. Surtout, cette publication répond à l’ambition de La Vigie, celle de donner leur chances aux jeunes plumes… Merci à elle.LV

Les bases opérationnelles avancées temporaires françaises au Sahel

Lancée le 1er août 2014 l’opération Barkhane s’étend à la Mauritanie, au Niger, au Mali, au Burkina Faso et au Tchad. Les objectifs de l’opération sont les suivants : appuyer les forces armées locales de la bande Sahélo-saharienne (BSS) dans leurs actions de lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), éviter la résurgence des groupes et l’apparition de nouveaux sanctuaires et appuyer les forces internationales qui œuvrent en faveur de la population[1]. La France développe une logique de mobilité, de flexibilité, et de réactivité des forces afin de surprendre l’ennemi dans toute la BSS[2]. Pour cela Barkhane s’appuie sur un réseau de bases militaires permettant de quadriller la zone.

On distingue plusieurs catégories de bases militaires au sein du dispositif Barkhane. Il existe des bases opérationnelles « permanentes » (BOAP) comme celles de Gao, Niamey et N’Djamena. Ce sont les bases les plus importantes de l’opération en termes de commandement et de volume. Leurs systèmes de défense sont performants, elles sont bien fournies en moyens de communication et en équipements militaires. Les bases opérationnelles avancées « temporaires » (BOAT), sont celles de Tombouctou, Kidal, Tessalit, Menaka, Gossi, Faya-Largeau, Abéché et Aguedal. Ce sont des points d’appui complémentaires aux bases permanentes. Elles n’ont de temporaire que le nom puisque certaines existent depuis les prémices de l’opération Serval. Ce sont des emprises plus petites que les bases permanentes, leur aménagement est rustique au départ mais elles peuvent devenir plus confortables avec le temps[3]. Bien que la sédentarisation apparaisse essentielle dans une guerre de contre-insurrection, celle-ci fait face à plusieurs limites. Quels sont les impacts géostratégiques que les BOAT peuvent présenter dans la conduite de Barkhane ? Quel avenir ont-elles au sein des futures opérations ?

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M. Hulot s’en va-t-en guerre (Le Cadet n° 74)

Comme il faisait trop chaud pour aller à la plage même à celle de Saint-Marc-sur-Mer chère à Jacques Tati, qu’il ne pleuvait pas assez pour aller à la crêperie et que le Monopoly n’est amusant que lorsqu’on triche, la France a joué cet été au Risk. Mais plutôt que d’envahir le Palatinat avec Monsieur de Turenne, elle a rétabli le mandat SDN sur le Liban et déclaré la guerre au Divan. Elle va donc refaire Lépante, où nous étions d’ailleurs absents.

Source

On ne sait pas trop avec quoi cette bataille navale va se jouer, la Royale étant en extrême tension, ni avec qui au côté des Hellènes. En revanche on sait contre qui, puisque tandis que les marines grecque, française et italienne faisaient des manœuvres conjointes fin août, les galères de la Sublime Porte procédaient de même avec l’US Navy. Dès lors la question elle est vite répondue : en cas d’affrontement avec les Turcs, les Américains ont déjà choisi leur camp – comme à Suez en 1956.

Bien sûr pour l’instant Monsieur Trump joue les lointains, mais ça ne saurait durer. En 1956, les pilotes franco-britanniques de Mousquetaire avaient trouvé, en arrivant au-dessus de Port-Saïd, des unités de la VIth Fleet amarrées à couple avec les frégates égyptiennes. La prochaine guerre navale sera épique comme un western : le Bon c’est nous, la Brute c’est Erdogan, mais le Truand c’est Trump.

Il nous reste la guerre des gros mots et des petites menaces, mais sur ce terrain le Sultan ne craint personne, autant tenter de couvrir une trompe de chasse avec un galoubet. Et du côté de Washington on est d’autant plus serein qu’un nouveau départ de la France du commandement intégré n’aura pas de conséquence, on reviendra simplement aux accords précédents qui satisfaisaient tout le monde. Pour le reste, OTAN ou pas, notre armée est vassalisée pour longtemps par le jeu des standards et des normes, de l’interopérabilité et des accords bilatéraux noués avec le Pentagone. Et notre front avancé au Sahel, là où nos croisés défendent l’Occident et la morale face aux déferlantes djihadistes, tel Kitchener à Ondurman (avec le succès en moins), ne compte-t-il pas ? Encore faudrait-il que les Américains s’intéressent à l’Afrique et sachent où elle se trouve, même si Mark Twain disait que la guerre a été inventée pour apprendre la géographie à ses compatriotes. Qu’avons-nous alors à négocier dans cette partie de Risk ? Rien. Voilà ce que c’est que de nous être contenté il y a dix ans du strapontin de l’Allied Command Transformation comme du clairon de Gunga Din. À l’image des années trente, nos objurgations littéraires font puissamment rire.

De toute manière, comme dit, chez Sergio Leone, le Truand à un intrus trop bavard, « When you have to shoot, shoot, don’t talk ! ». Ou, pour citer Turenne à un de ses officiers, du temps qu’on jouait à la guerre pour de vrai : j’ai un conseil à vous donner, toutes les fois que vous voudrez parler, taisez-vous !

Le Cadet