Trump et le Moyen-Orient (LV 118)

Certains battent les tambours de guerre à Washington contre l’Iran. Est-ce à dire que le conflit est inéluctable ? Probablement pas pour deux raisons : d’abord, D. Trump n’est pas partisan des engagements militaires : s’il est brutal, ce n’est pas un faucon à la différence de beaucoup dans l’établissement. Au fond, il veut faire monter les enchères pour pousser les Iraniens à négocier en position de faiblesse un nouvel accord. Pas sûr que ceux-ci tombent dans le piège… Car Trump devient prévisible…

Cette page est réservée aux abonnées Membre Abonné (3 mois) et Membre Abonné (1 an).
Se connecter S’inscrire

En même temps … – Le Cadet (n° 51)

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ». Que retenir de cet apophtegme bien connu ? À monde équivoque, pensée complexe, nous dit le Lacombe Lucien de la géopolitique, niveau Brevet avec mention : il y a ceci et en même temps il y a cela. Précisément, c’est là qu’il faut des idées simples.

Source

Prenons la question palestinienne – on dit « question » quand on veut laisser un problème irrésolu. En vertu d’un principe qu’on datera du Traité de Versailles, les Palestiniens ont droit à un État (ça a été voté en 1947, on oublie toujours de célébrer cette autre moitié de la bouteille). Toujours en vertu du même droit international, les frontières de cet État sont celles dites de 1949-1967. Et l’ONU ne cesse de rappeler depuis la Guerre des Six Jours dans chacune de ses résolutions (on ne les compte même plus) que la prédation et la conquête ne sauraient constituer un mode d’acquisition de territoires. Il faut donc que Tsahal se retire de « Judée » et de « Samarie » et que les colons fassent de même.

Voilà le droit, il dit le bon sens. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? psalmodiaient les Shadoks. Alors nos gouvernements ont décidé de se tirer une balle dans le pied en s’imposant un second objectif : la paix entre les belligérants. On n’avait pas demandé aux Kosovars une protestation d’amour éternel pour leurs voisins serbes, on ne demandera pas aux Québécois d’adopter comme hymne national le Rule Britannia. Pour la Palestine on veut faire deux choses en même temps, qu’on ne fait nulle par ailleurs, au nom d’un Orient supposé compliqué dans un monde qui ne demande pourtant qu’à être simple.

La paix contre les territoires : en français classique, ça s’appelle un piège à cons. C’est une perte de temps et une source de malheurs inutiles, on l’a revu à Gaza. Tout le monde sait que les Palestiniens auront un État dont les frontières sont déjà tracées au décimètre près – lorsque le Cadet visita Jérusalem il y a trente ans, les parpaings et les barbelés couraient encore dans la ville, et un véhicule blanc de l’ONU stationnait Porte de Jaffa. Sinon, le droit est mort. Ensuite, les Palestiniens feront ce qu’ils veulent de leur État, ça les regarde. La guerre est un attribut souverain étatique, ils l’auront, il n’y a aucune raison de les en priver, de faire ce chantage aux territoires qui n’a aucun sens. S’ils veulent en user contre leur puissant voisin, qui sera en état de légitime défense avec ses 350 avions de combat, ses 2 500 chars et ses 100 têtes nucléaires, tant pis pour eux.

Non, ce n’est pas l’Orient qui est compliqué, ni le monde incertain, c’est l’Occident qui ne sait plus faire simple. En même temps, tant pis pour lui.

Le Cadet

La Vigie n° 94 -9 mai 2018 : Régionalismes d’Espagne et d’ailleurs – La piste vietnamienne – Vu de la Lorgnette : Le défi démocratique libanais

Abonné? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien!

Lettre n° 94, La Vigie du  9 mai 2018

 

 

Régionalismes d’Espagne et d’ailleurs

L’autodissolution de l’ETA au pays Basque espagnol ne signifie pas seulement la cessation d’une lutte armée, mais surtout il marque la fin d’une idéologie périmée : celle de l’ indépendantisme révolutionnaire. Il révèle en creux l’équilibre géopolitique interne de l’Espagne, pays qui a finalement peu connu d’Etat fort et qui, à la faveur de la démocratie en 1975, a inventé une voie originale de décentralisation qui n’est pas une fédération. Cela permet de comprendre la tension actuelle qui existe entre Madrid et la Catalogne. Cela ne signifie pas que les questions régionales soit terminées, en Espagne comme en Europe, car elles sont aussi des réponses à la mondialisation furieuse.

 

 La piste vietnamienne

Le Vietnam subit la présence d’un encombrant voisin dont il doit s’accommoder depuis des lustres. Alors qu’il imite son modèle politico-économique, il doit veiller à ne pas tomber dans son orbite. Il déploie pour ce faire une subtile stratégie du juste milieu et recherche via de multiples partenariats la profondeur stratégique qui lui manque. La stratégie d’équilibre qu’il déploie doit lui permettre de préserver la centralité du parti, de satisfaire un développement attendu et de contenir une opinion publique nationaliste.

 

Lorgnette :  Le défi démocratique libanais

 

JDOK

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro dans la boutique!

 

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf)

photo crédit :  : Photo credit: Ti Yab on Visualhunt.com / CC BY

 

 

 

La Vigie n° 89 – 28 février 2018 : La désescalade comme grande stratégie – Escalade syrienne – Vu de la Lorgnette : Le narratif français

Abonné? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien!

Lettre n ° 89, La Vigie du 28 février 2018

Escalade et désescalade ...

La désescalade comme grande stratégie

Le temps est venu pour la France d’adopter une grande stratégie qui pour le début du XXIe siècle a commencé. Au moment où un épisode de Guerre froide se profile et où le monde euro-atlantique semble perdre son sang froid et une cohésion, la France pourrait promouvoir une désescalade généralisée et un retour sur les bases de la sécurité du continent européen. Pour retrouver la position avantageuse de la puissance d’équilibre entre Amérique, Europe, Afrique et Asie, il lui faudra dans une certaine mesure se désaligner et de désintoxiquer d’un soutien militant aux structures et aux pratiques du monde d’hier.

Escalade syrienne

En Syrie, la guerre civile a toujours vu des intervenants extérieurs interférer. L’EI disparu, sur l’ascendance d’une montée des enchères qui voit deux axes s’affronter presque directement: États-Unis, Israël et Arabie de un côté; Syrie, Russie, Iran et Turquie de l’autre. Si tous les dirigeants ont montré la stabilité par le passé, cela n’inquiéterait pas outre mesure. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Le risque d’escalade inquiète.

Lorgnette : Le narratif français

JDOK

Crédit photo: Pixabay.com/fr/alpiniste-grimper-2100050/

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro dans la boutique!

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf)

 

 

N° 81 (gratuit) – 8 octobre 2017 : Une revue stratégique française | Irak : et maintenant ? | Lueur à Gaza

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

Extrait des articles présents dans cette lettre :

Une revue stratégique française

En 2017 pas de Livre blanc mais une revue stratégique, dense, sobre et rapidement conduite dans la continuité des travaux stratégiques de 2013. On relève son réalisme et le constat lucide qu’il fait de la précarité stratégique de la France. On s’interroge sur son engagement européen et sur la volonté de remontée en puissance de la défense pour préserver une autonomie stratégique célébrée. On regrettera que les choix décisifs concernant le modèle d’armée soient renvoyés aux travaux de la prochaine loi de programmation l’an prochain. […]

Irak : et maintenant ?

Après la défaite de l’EI, que va devenir l’Irak ? deux options se présentent : profiter de la victoire dans cette guerre civile pour rebâtir un Etat qui inclut les Kurdes (ce qui explique la fermeté affichée récemment à leur égard dans la ville de Kirkouk), ou se laisser aller au jeu ethnique et laisser le pouvoir à la majorité chiite, quitte à reproduire les erreurs du gouvernement Maliki de 2011 à 2014 et à ouvrir la porte à l’éclatement du pays. Bagdad doit pour cela résoudre à la fois l’équation extérieure et une crise intérieure.  […].

Lorgnette : Lueur à Gaza

JDOK

Ce numéro est gratuit. Vous pouvez le télécharger ici : Nous espérons que cela vous incitera à vous abonner, que ce soit en mode découverte (trois mois, 18 €) ou mieux encore annuel (70 € pour les particuliers, 300 € pour cinq licences pour les organisations). Merci par avance de votre soutien et de votre intérêt.

 

Source The U.S. Army via VisualHunt / CC BY

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf).

N° 70 : Où va Trump ? | De la paix durable ? | Attaques à Londres

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

Extrait des articles présents dans cette lettre :

Où va Trump ?

Nous avions réagi à l’élection de Donald Trump (cf. LV 55 et 56) pour ensuite l’évaluer en silence : il paraissait opportun de délaisser les imprécations si fréquentes et d’observer. Maintenant que sa première tournée internationale est achevée et que l’on commence à en voir les premiers effets, il est temps de caractériser cette politique. Car malgré ce que disent « les médias », elle a sa cohérence : le constater ne signifie pas qu’on l’approuve, mais plutôt qu’il est de bonne méthode d’étudier la stratégie de l’autre si l’on veut prendre l’avantage. Or, les indignations indignées (et fatigantes) ne contribuent pas au nécessaire réalisme. Certes, D. Trump détone face aux mœurs feutrées des élites transatlantiques. Il ne manque pas pour autant de finesse ni surtout de ligne politique. […]

De la paix durable

Repartons de la conclusion de notre précédent numéro : il faut réapprendre à penser la paix si l’on veut savoir faire la guerre. De même que la guerre a muté, sinon dans ses finalités, au moins dans ses formes, la paix a cédé la place à une crise permanente d’intensité variable, tensions brutales et détentes provisoires. Quel espace lui reste-t-il ? Est-elle autre chose que le silence des armes, un intervalle, une pause entre deux conflits ? Beaucoup de bons auteurs ont traité cette question ancienne. Il est vrai que la grande guerre et la vraie paix sont mortes ensemble, selon la belle formule du général Beaufre, il y a plus de cinquante ans. De même, on a mieux compris depuis la fin de la guerre froide que leurs syntaxes se métamorphosaient (cf. LV 16, 29, 35, 46, 69). Pareillement personne n’a oublié ces mauvaises paix qui laissaient intacts les problèmes et suscitaient de nouvelles guerres, comme après la Première Guerre mondiale celles de l’ex Empire ottoman, ou ces paix qui ont mal soldé les guerres de décolonisation, Quant à la fin de la Guerre froide, elle a ouvert une ère de dégel de tensions et de violences multiples. On le voit aujourd’hui dans les Balkans, l’Europe orientale, le Levant, le Sahel … […].

Lorgnette : Attaques à Londres

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro dans la boutique !

Source image : Kentuckyguard via VisualHunt / CC BY-NC-ND

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf).

Territoires palestiniens : Israël prépare une surprise diplomatique (Hanne & Flichy)

Voici un texte signé par Olivier Hanne et Thomas Flichy de La Neuville (Professeurs à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr) et qui reprend une idée que nous avions susurrée à l’occasion de notre billet sur l’accord nucléaire avec l’Iran (LV n° 21-22) : Nous ne sommes pas à l’abri d’une surprise venant d’Israël. Nos deux auteurs imaginent plusieurs possibilités : merci à eux. JDOK

Source

Les violences qui ont marqué les territoires palestiniens au cours des derniers jours ne peuvent être dissociées des bouleversements géopolitiques qui viennent de frapper le Moyen-Orient, qu’il s’agisse des avancées de l’État islamique au Sinaï ou bien du rapprochement occidental avec l’Iran. Devant ces inflexions, génératrices de tensions, Israël pourrait surprendre l’ensemble des acteurs par son imprévisibilité, qui constitue l’un des principaux ressorts de sa puissance. Continue reading “Territoires palestiniens : Israël prépare une surprise diplomatique (Hanne & Flichy)”