Lieutenant Chirac

Le décès de l’ancien président Chirac a suscité énormément d’hommages. Rappelons ici son temps sous les drapeaux lorsque, lieutenant pendant la guerre d’Algérie, il dirigeait une Section Administrative Spéciale dans le bled : il a toujours déclaré que cela l’avait profondément marqué – en bien. Aussi l’homme avait-il une sympathie non feinte envers la chose militaire : rappelons que c’est le dernier président à avoir été engagé opérationnellement sous les drapeaux et à avoir eu une expérience intime de l’armée.

Ses décisions ultérieures dans l’exercice de ses fonctions (reprise des essais nucléaires, suspension du service national, refus de la guerre en Irak) marqueront plus ou moins l’histoire. Elles ne sont pas le fait d’un homme qui a découvert les questions stratégiques et militaires au dernier moment, lorsqu’il parvenait au pouvoir. En cela, il reste un homme d’exception si on le compare à son prédécesseur ou ses successeurs. Les Romains avaient déjà compris que cette expérience est nécessaire aux fonctions supérieures de l’État.

Pour l’heure : Adieu, mon lieutenant.

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JDOK

L’IRSEM et les anniversaires (M. Cuttier)

Nous avons assisté au dixième anniversaire de l’IRSEM, moment chaleureux où le milieu des stratégistes de défense s’est retrouvé. Merci à M. Cuttier de son compte-rendu. JDOK

En décembre 2018, l’IRSEM organisait un colloque international dressant « un état des lieux de la sociologie militaire », sociologie militaire[1] qui est au cœur de son identité. Les organisateurs rappelèrent alors qu’il n’y avait plus eu de tel colloque depuis 2002. Occasion de donner la parole à une nouvelle génération de chercheurs.

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LV 124 : Du bon pied | Une belle séquence diplomatique | Lorgnette : acheter le Groenland

Lettre de La Vigie du 4 septembre 2019

Du bon pied

Repartir du bon pied en matière de sécurité après un été lourd de tensions, c’est pour la France accorder une vive attention à la sécurité publique. C’est ensuite chercher à réaménager l’espace stratégique de son voisinage géopolitique. C’est enfin se dégager des pièges que tend de façon inconsidérée une administration américaine qui souffle le chaud et le froid et déstabilise la gouvernance mondiale. Notons que de façon pragmatique, des avancées attendues sont aujourd’hui en cours de développement.

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Une belle séquence diplomatique

Les sommets de chefs d’État servent souvent à peu de choses, sinon la mise en scène de l’entente supposée des dirigeants. C’est encore plus vrai des G7, habituellement. Pourtant, la fin d’été a vu une belle séquence diplomatique animée par le président Macron, qui a réussi à susciter une ouverture sur le dossier iranien et un accord sur la taxation des GAFA. Cela fut suivi par un discours aux ambassadeurs qui signale un changement de ligne et assurément un pragmatisme qui nous semble de bonne méthode

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Lorgnette : Acheter le Groenland

La proposition estivale de Donald Trump d’acheter le Groenland a suscité l’éternel flot de sarcasmes et provoqué une crise diplomatique avec le Danemark, qui demeure souverain sur l’île. Rappelons que l’idée n’est pas si absurde qu’il y paraît (les États-Unis ont déjà acheté Louisiane et Alaska et formulé deux propositions d’achat du Groenland par le passé), que l’Amérique y dispose de la base de Thulé, que l’intérêt géostratégique d’hier face à l’URSS est aujourd’hui renouvelé avec l’intérêt accru porté à l’Arctique, notamment par la Chine. Notons enfin que géologiquement, l’île est plus américaine qu’européenne.

Il reste que le Danemark demeure souverain, qu’il y a un statut d’autonomie (tout comme aux Féroé dont les récentes élections ont mis en avant les indépendantistes) et que cela pose la question de toutes ces îles du nord (Groenland, Féroé, Spitzberg/Svalbard) mais aussi, de la place que pourrait avoir l’Europe (non l’UE, compte-tenu de la non-appartenance de la Norvège) sur ces questions polaires. Autrement dit, au lieu de ricaner, s’y intéresser sérieusement. La France a paraît-il un ambassadeur pour les pôles : on ne l’a pas entendu sur le sujet.

JDOK

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Crédit photo :La Moncloa - Gobierno de España on Visual hunt / CC BY-NC-ND

Du bon pied (LV 124)

Repartir du bon pied en matière de sécurité après un été lourd de tensions, c’est pour la France accorder une vive attention à la sécurité publique. C’est ensuite chercher à réaménager l’espace stratégique de son voisinage géopolitique. C’est enfin se dégager des pièges que tend de façon inconsidérée une administration américaine qui souffle le chaud et le froid et déstabilise la gouvernance mondiale. Notons que de façon pragmatique, des avancées attendues sont aujourd’hui en cours de développement.

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Belle séquence diplomatique (LV 124)

Les sommets de chefs d’État servent souvent à peu de choses, sinon la mise en scène de l’entente supposée des dirigeants. C’est encore plus vrai des G7, habituellement. Pourtant, la fin d’été a vu une belle séquence diplomatique animée par le président Macron, qui a réussi à susciter une ouverture sur le dossier iranien et un accord sur la taxation des GAFA. Cela fut suivi par un discours aux ambassadeurs qui signale un changement de ligne et assurément un pragmatisme qui nous semble de bonne méthode

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La Vigie n° 121 : Il n’y a pas de cyberguerre | L’équation de la stratégie | Lorgnette: Désescalade

Lettre de la Vigie du 3 juillet 2019

Il n’y a pas de cyberguerre

L’expression cyberguerre sonne bien et est régulièrement employée par beaucoup : Pourtant, elle est fausse, ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait pas une cyberconflictualité latente marquée par l’opposition de tous contre tous. Par ailleurs, la guerre n’ignore le cyberespace car il y a au contraire beaucoup de cyber dans la conduite de la guerre et des opérations militaires.

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L’équation de la stratégie

La grande stratégie est l’art des combinaisons. L’équation de la stratégie de la France est simple à énoncer, mélange de défense d’intérêts, d’exercice de responsabilités, de valeurs assumées, d’atouts valorisés et de faiblesses compensées. Dans la friche stratégique actuelle elle est difficile à établir, notamment en présence d’une profonde crise européenne et d’une panne de multilatéralisme.

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Lorgnette : désescalade

Entre Iran et États-Unis, le torchon brûle depuis des semaines et les observateurs peinent à décoder les discours menaçants, les invectives vengeresses et les déclarations provocatrices. On notera que l’initiative de la dérégulation vient de Washington depuis deux ans, d’un président qui jette aux orties l’Accord de Paris, le JCPoA iranien, le traité FNI et tout dispositif multilatéral qui amoindrirait la position de force à partir de laquelle il veut restaurer la prédominance des intérêts américains dans le monde. On a noté avec intérêt que le clan des Européens était resté uni dans la préservation de cet accord avec l’Iran et qu’il s’est engagé dans une résistance résolue à la position américaine. L’Occident n’est plus ici qu’une fiction, les intérêts et les méthodes divergent.

Restent deux pays bien embarrassés qui tentent de s’entremettre avec des atouts pour le faire, le Japon et la France, dont les analyses stratégiques convergent de mieux en mieux, notamment sur les questions maritimes. Lors du dernier G20, bien décevant par ailleurs, ils ont été des artisans de la désescalade.

La désescalade, voilà bien la grande stratégie dont la France doit être l’artisan inlassable dans le monde (LV 89).

JDOK

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Crédit photo : trendingtopics on VisualHunt / CC BY

Équation de la stratégie (LV 121)

La grande stratégie est l’art des combinaisons. L’équation de la stratégie de la France est simple à énoncer, mélange de défense d’intérêts, d’exercice de responsabilités, de valeurs assumées, d’atouts valorisés et de faiblesses compensées. Dans la friche stratégique actuelle elle est difficile à établir, notamment en présence d’une profonde crise européenne et d’une panne de multilatéralisme.

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Le SNU n’est pas militaire (F. Narolles)

Le lancement du SNU suscite beaucoup de communication et de promotion d’un stage que certains veulent à toute force faire ressembler, mais pas trop, mais quand même assez, à un “service militaire”. Or, le SNU n’a quasiment rien à voir avec les armées, leur but (vaincre) et leur organisation (entraîner des jeunes hommes et femmes à combattre). Merci à F. Narolles de nous le rappeler (son billet n’engage que lui et non une quelconque position officielle). JDOK.

Source

Commençons par un peu de description : la mise en place du SNU, service national universel, est une mesure phare du gouvernement, issue directement du programme de campagne du Président de la République. Il est, en ce sens, un emblème. Longtemps pourtant, et encore aujourd’hui dans une large mesure et alors que les premiers dispositifs expérimentaux sont mis en place, les modalités exactes de cette institution sont restées floues. Depuis quelques jours donc, quelques premiers jeunes, volontaires, testent le dispositif, et sont le support d’une vaste campagne de communication des uns pour promouvoir ce service, des autres pour le critiquer. Continue reading “Le SNU n’est pas militaire (F. Narolles)”

Dossier n° 11 : L’Algérie, le hirak et la France (gratuit)

La Vigie est heureuse de vous présenter son dossier stratégique n° 11  : L’Algérie, le hirak et la France (daté du 30 mai 2019). En effet, La Vigie suit attentivement le dossier maghrébin depuis de nombreuses années. Au centre du Maghreb et dans une relation ancienne à la France, il y a l’Algérie. Ce pays…

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La Vigie n° 118 : La France et son armée nouvelle | Trump et le Moyen-Orient | Déception sud-africaine

Lettre de La Vigie du 22 mai 2019

 

La France et son armée nouvelle

La relation entre la France et ses forces armées évolue. Une armée globale émerge, intégrée, combattante, interarmisée, servie par un haut commandement expérimenté soutenant une politique dont la centralisation présidentielle est contrainte à la courte vue par un mandat court. La préservation des éco-systèmes des différentes armées est essentielle pour alimenter cette nouvelle armée tout comme l’entretien d’un écosystème stratégique militaire de niveau stratégique pour préserver la posture militaire de la France sur le long terme.

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Trump et le Moyen-Orient

Certains battent les tambours de guerre à Washington contre l’Iran. Est-ce à dire que le conflit est inéluctable ? Probablement pas pour deux raisons : d’abord, D. Trump n’est pas partisan des engagements militaires : s’il est brutal, ce n’est pas un faucon à la différence de beaucoup dans l’établissement. Au fond, il veut faire monter les enchères pour pousser les Iraniens à négocier en position de faiblesse un nouvel accord. Pas sûr que ceux-ci tombent dans le piège… Car Trump devient prévisible…

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Lorgnette : Déception sud-africaine

Vingt-cinq ans après la fin de l‘Apartheid en 1994, l’Afrique du sud a connu de nouvelles élections, marquées par une victoire attendue mais décevante de l’ANC, le parti héritier de N. Mandela. Il obtient certes 57 % des voix (en baisse de 4,5 %) mais il s’agit plus d’un vote d’habitude que de conviction, encore moins de résultats.

Le résultat a été accueilli par une gêne discrète et silencieuse : voici en effet la première puissance d’Afrique qui s’écroule lentement dans tous les domaines, notamment économique avec un taux de chômage « officiel » de 28 % et un PIB en chute libre. Le pays n’a pas procédé aux investissements nécessaires pour entretenir son parc industriel et minier et la sécurité est une des pires d’Afrique, continent qui a pourtant des références en la matière.

Certes, le nouveau dirigeant, C. Ramaphosa qui a succédé dans l’urgence en 2018 à Jacob Zuma a réussi à passer sous silence l’énorme scandale de corruption qui touchait ce dernier. La nouvelle élite s’est plus montrée prédatrice que réformatrice. La réforme annoncée de la terre risque de casser le dernier secteur fonctionnant encore un peu. Derrière la déception pointe l’inquiétude. Peu le disent…

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Crédit photo : Ministère des armées (ici)

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