La Vigie n° 96 – 6 juin 2018 : La revanche des profondeurs- Divorce à l’italienne – Vu de la Lorgnette : Le Maître Hassner

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Lettre n° 96,  La Vigie du 6 juin 2018



La revanche des profondeurs

Dans les crises, le fond des choses se fait voir. Ainsi aujourd’hui la  fragile gouvernance mondiale est affectée par le retour en force des identités collectives et des ressorts profonds des peuples qui reprennent la main sur des États illégitimes, des démocraties confisquées ou des systèmes qui négligent leurs intérêts ou leur poids réel. Ainsi en va-t-il en Europe, aux États-Unis, en Russie et en Chine. Quelles leçons en tirer pour la France?

 

Divorce à l’italienne

Les élections italiennes ne constituent pas une menace populiste, comme certains se plaisent à les réduire. Elles sont une alternance démocratique qui vient rompre avec sept ans de gouvernements “techniques”, inspirés par les règles de l’UE, et qui n’ont pas donné de résultats satisfaisants, que ce soit sur le plan économique ou sur la question des migrants. A force de clamer qu’il n’y a pas d’autre politique, de dire que la politique ne sert  à rien devant la raison économique et technocratique, on affaiblit la démocratie. Or, les peuples ont leur mot à dire, que cela nous plaise ou non.

 

Lorgnette :  Le Maître Hassner

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credit photo : Ti Yab on Visualhunt.com / CC BY

N° 70 : Où va Trump ? | De la paix durable ? | Attaques à Londres

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Où va Trump ?

Nous avions réagi à l’élection de Donald Trump (cf. LV 55 et 56) pour ensuite l’évaluer en silence : il paraissait opportun de délaisser les imprécations si fréquentes et d’observer. Maintenant que sa première tournée internationale est achevée et que l’on commence à en voir les premiers effets, il est temps de caractériser cette politique. Car malgré ce que disent « les médias », elle a sa cohérence : le constater ne signifie pas qu’on l’approuve, mais plutôt qu’il est de bonne méthode d’étudier la stratégie de l’autre si l’on veut prendre l’avantage. Or, les indignations indignées (et fatigantes) ne contribuent pas au nécessaire réalisme. Certes, D. Trump détone face aux mœurs feutrées des élites transatlantiques. Il ne manque pas pour autant de finesse ni surtout de ligne politique. […]

De la paix durable

Repartons de la conclusion de notre précédent numéro : il faut réapprendre à penser la paix si l’on veut savoir faire la guerre. De même que la guerre a muté, sinon dans ses finalités, au moins dans ses formes, la paix a cédé la place à une crise permanente d’intensité variable, tensions brutales et détentes provisoires. Quel espace lui reste-t-il ? Est-elle autre chose que le silence des armes, un intervalle, une pause entre deux conflits ? Beaucoup de bons auteurs ont traité cette question ancienne. Il est vrai que la grande guerre et la vraie paix sont mortes ensemble, selon la belle formule du général Beaufre, il y a plus de cinquante ans. De même, on a mieux compris depuis la fin de la guerre froide que leurs syntaxes se métamorphosaient (cf. LV 16, 29, 35, 46, 69). Pareillement personne n’a oublié ces mauvaises paix qui laissaient intacts les problèmes et suscitaient de nouvelles guerres, comme après la Première Guerre mondiale celles de l’ex Empire ottoman, ou ces paix qui ont mal soldé les guerres de décolonisation, Quant à la fin de la Guerre froide, elle a ouvert une ère de dégel de tensions et de violences multiples. On le voit aujourd’hui dans les Balkans, l’Europe orientale, le Levant, le Sahel … […].

Lorgnette : Attaques à Londres

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Source image : Kentuckyguard via VisualHunt / CC BY-NC-ND

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