La rivalité entre les États-Unis, la Chine et la Russie (J. Shapiro)

Nous sommes heureux d’accueillir ce texte de Jeremy Shapiro, directeur d’études au sein du cabinet Geopolitical Futures (le nouveau cabinet de G. Friedmann). Il l’a prononcé l’autre jour, au festival de géopolitique organisé par nos amis de Limes, à Gênes. Nous remercions donc aussi bien J. Shapiro que Limes à cette occasion. JDOK

Avant de commencer, je dois féliciter l’Italie pour sa récente décision d’approuver l’initiative One Belt One Road de la Chine. J’ai entendu dire que l’Italie annoncera son soutien lorsque le président chinois Xi Jinping viendra en visite à la fin du mois. Je viens du Texas, aux États-Unis. J’aimerais que nous soutenions l’initiative One Belt One Road de la Chine dans notre pays également. Nous sommes Américains, et nous sommes Texans aussi, donc nous aimons l’essence, les armes à feu et les grands chapeaux et nous nous sentons très importants. Si la Chine investissait dans la construction d’un nouveau train à grande vitesse au Texas et aidait à construire de nouveaux ports à Houston, à la Nouvelle-Orléans et dans d’autres villes, cela améliorerait nos horribles problèmes de circulation. Je pourrais aussi rendre visite à ma famille plus régulièrement. Ce serait merveilleux.

Navires chinois escortant un bâtiment américain en mer de Chine méridionale. ©Belga

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Dossier n° 9 : L’émergence en question

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Dossier stratégique n° 9, du  31 août 2018

Cette étude réunit quelques travaux publiés dans La Vigie au cours des deux dernières années. Les études de cas nous ont amené à nous interroger sur le concept d’émergence. Certes, il a perdu de sa nouveauté, n’est plus guère en vogue au point qu’on ne parle plus trop des émergents. Cela ne signifie pas que cette réalité a disparu. Peut-être surtout s’est-elle modifiée. Ce qui était les BRICS, à l’origine un simple regroupement typologique proposé par un analyste de Goldman Sachs pour des investissements, a progressivement pris une tournure plus politique. Il n’y a certes pas d’homogénéité entre ces cinq pays, que ce soit dans l’ordre social, économique ou politique. À tout le moins relève-t-on une altérité commune, une volonté de se démarquer d’un modèle occidental, même si cet adjectif n’a plus grand sens aujourd’hui. Ainsi, après avoir passé en revue ces différents pays, nous vous proposons un écrit inédit sur cette notion d’émergence.

 

Bonne lecture, JDOK

Sommaire :

  1. Brésil, un nouveau submergent                  p. 2
  2. Homicides au Brésil                                      p. 4
  3. Limites russes                                                 p. 5
  4. III. Profil indien                                             p. 8
  5. L’Afrique arc-en-ciel                                     p. 11
  6. Un point sur la Chine                                    p. 14
  7. Pour finir, l’émergence ?                              p. 17

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Nouvelle route de la soie : de la poudre aux yeux ?

René Cagnat et Paul-Henri Ravier, éminents spécialistes de l’Asie centrale, nous envoient cet article passionnant qui fait le point sur la fameuse route de la soie promue par la Chine  : qui n’en a pas entendu parler ? Mais il y a loin de la coupe aux lèvres : merci à eux de le démontrer pour La Vigie. JDOK

A Astana, la capitale kazakhe, le président Xi Jinping, qui venait à peine de renforcer son pouvoir en Chine, a lancé, le 7 septembre 2013, le concept de « nouvelle route de la soie (NRS) »[1]. Depuis, « l’oncle Xi » a tout fait pour promouvoir son « rêve chinois » d’une liaison terrestre  « commerciale » entre l’Asie orientale et l’Europe, à savoir par exemple :

  • l’accueil en personne qu’il assure le 30 mars 2014 à Duisbourg, à la veille d’une visite officielle en RFA, du premier train de conteneurs en provenance de Chongqing après plus de 10 000 km parcourus en 15 jours au lieu des 45,  voire plus, nécessités par  la voie océanique.
  • la création à Shanghai, dès octobre 2014, de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) financée pour moitié par la Chine et dotée à ses débuts de 100 milliards de $. Elle suscite, tout de suite,  un intérêt considérable : 128 pays y souscrivent malgré l’opposition des Etats-Unis.
  • fin 2015 à Pékin, un sommet de deux jours est consacré à la NRS. Près de 100 pays y participent. Il se confirme alors que ce projet commercial –le plus important qu’on ait jamais vu- concerne 68 pays, regroupe en Asie, Europe et Afrique 4,4 milliards d’êtres humains et représente 40% du PIB mondial. Mille milliards de $ devraient être consacrés à cette entreprise gigantesque jusqu’à sa réalisation complète prévue en 2049 pour le centenaire de la Révolution chinoise.

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Bruits de bottes en Asie ? (P. Tran Huu)

Notre expert partenaire, Pascal Tran Huu, nous propose un intéressant billet sur les incidents des mers de Chine. Merci à lui. JDOK

L’Amiral SHI-LANG était un officier sous les dynasties MING et QING.  Comme commandant de la flotte mandchoue, il a conquis l’île de Formose en 1683 et en devint l’un des premiers gouverneurs.  Il est l’un des rares à avoir obtenu un titre de Marquis transmissible héréditairement. (Dans la Chine impériale, les titres de noblesse étaient accordés à une personne, ses descendants devaient faire preuve de mérite pour se voir anoblis de nouveau par l’Empereur).  L’Amiral Shi-Lang a, d’ailleurs, fait l’objet d’une série télévisée en 2006 et de quelques films qui ont eu un énorme succès en Chine continentale mais beaucoup moins à Taïwan…Dans un contexte de regain de nationalisme, il n’est guère étonnant que le premier porte-avion chinois ait reçu, dans un premier temps, le nom de l’amiral avant de devenir le Liaoning.  Le retour de cet amiral impérial dans l’imaginaire collectif chinois permet, par la même occasion, à la Chine de conforter et de justifier sa position en Mer de Chine méridionale ce qui n’est pas sans inquiéter les Etats-Unis et ses alliés. Pour autant, doit-on craindre l’émergence d’un conflit de haute intensité dans les années à venir ?

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Les nouvelles Routes de la Soie et l’Asie Centrale : l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) en première ligne… (E. Dupuy)

La tenue, les 7 et 8 juin 2017, à Astana, au Kazakhstan, du 17ème Sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS, crée le 15 janvier 2001) aura été l’occasion de mettre en exergue la spécificité de la seule Organisation intergouvernementale réunissant 5 des 6 États d’Asie centrale – ex-républiques soviétiques (à l’exception du Turkménistan) et la seule créée et de facto « influencée » par Pékin.

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Au-delà, c’est désormais les interactions géo-économiques et les convergences géopolitiques entre l’OCS et le projet chinois des « nouvelles Routes de la Soie » (One Belt, One Road, OBOR) qu’il convient de prendre en compte afin de se rendre compte combien ce nouveau « Grand jeu » va profondément bouleverser les relations internationales.

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N° 73 : Point sur la Chine | Afghanistan : toujours plus confus | Loyauté et réserve

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Un point sur la Chine à l’été 2017

Au loin, la Chine joue un rôle clé dans nos représentations stratégiques, comme on l’a exposé en détail en 2015 (cf. LV 14).

Une puissance déconcertante. Souvent perçue comme une énigme, la Chine focalise les peurs d’un Occident qui subit sa relativisation et tente d’échapper au changement de paradigme stratégique (cf. LV 58 et 61). Civilisation résurgente, masse hors normes, vaste espace souvent illisible -mais désormais au premier rang économique mondial-, elle apparaît comme une puissance déconcertante qui esquive les rapports de force. Et elle semble se dérober, sinon au pouvoir, du moins à la puissance selon les canons occidentaux. Si elle veut prendre le meilleur de l’Occident, elle entend bien garder le meilleur de la Chine. Elle parle plus volontiers de développement pacifique, de coopération et d’harmonie que de conflit et préfère la compétition agile à la confrontation directe. Trop bouger, c’est nuire à l’harmonie des choses. Elle privilégie donc les jeux ouverts  […]

Afghanistan, toujours plus confus

Qui s’intéresse encore à l’Afghanistan ? La dernière fois que la France l’a fait, c’était au moment de l’élection présidentielle de 2012 : autant dire, une éternité ! À l’époque, il s’agissait juste de savoir si on allait retirer tout de suite les troupes françaises de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (FIAS, sous direction de l’OTAN) ou si on attendrait la fin de l’année. Depuis, ce pays trop complexe a été vite oublié.

Pourtant, voici un des champs d’opérations sur lequel la guerre se déroule continûment depuis des décennies. Alors que les stratégistes sont attentifs à l’Irak et à la Syrie, observent de loin ce qui se passe en Libye ou dans la bande sahélo-saharienne, savent bien qu’un massacre se déroule au Yémen, rares sont ceux qui surveillent encore l’Asie centrale. Or, le sujet risque de revenir rapidement au premier plan […].

Lorgnette : Loyauté et réserve

Sourceimage :Fenners1984 via Visualhunt / CC BY-NC-ND

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La commission militaire centrale et le pouvoir du président Xi (A. Payette)

Voici un sujet négligé en France : celui de la construction du pouvoir du président chinois Xi, qui semble vouloir durer. Or, il s’appuie fortement sur l’Armée Populaire de Libération (APL) et la question des nominations est cruciale puisqu’elle articule les questions militaires aux questions politiques. Dans cet article, un jeune chercheur, Alex Payette, décrit les hommes de cette manœuvre. Merci à lui. JDOK 

Lors d Source

 

À quelques mois du 19e Congrès du Parti communiste chinois, Xi Jinping s’affaire à placer ses hommes à des postes clés tant en province (p. ex gouverneurs, secrétaires du Parti, etc.), dans les hauts organes du Parti (p. ex département de la propagande, commission disciplinaire, etc.) que dans les hautes sphères du commandement de l’armée populaire de libération (APL), dont la commission militaire centrale (CMC). Au moins cinq individus devront être remplacés à la fin 2017 – en raison de leur âge avancé, dont Fan Changlong [范长龙] (1947), Chang Wanquan [常万全] (1949), Zhao Keshi [赵克石] (1947), Wu Shengli [吴胜利] (1945) et Ma Xiaotian [马晓天] (1949). Continue reading “La commission militaire centrale et le pouvoir du président Xi (A. Payette)”

De la marine de guerre chinoise (P Tran-Huu)

On le sait, Hervé Coutau-Bégarie avait proposé une classification des marines selon leur potentiel (« Traité de Stratégie », chapitre 9 article 313). Selon lui, il y a 6 rangs de marines, qui vont de la marine au champ d’action mondial, à la marine symbolique en fonction de leur taille et de leur capacité.

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