Désarmement, Démobilisation et Réintégration au cœur des conflits armées sahéliens par G. Lemarchand

Martine Cuttier, fidèle lectrice, nos livre une nouvelle fiche de lecture sur l’ouvrage d’un jeune chercheur spécialisé dans le DDR, notamment au Sahel . Merci. LV

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La diplomatie d’hier à demain, R. Delcorde

La diplomatie au service d’un monde en mouvement

Pour beaucoup, c’est une année inquiétante qui s’ouvre en 2022 sur fond de bruits de bottes, d’Ukraine en Taïwan pour les uns, du Yémen au Sahara occidental en passant par la Méditerranée orientale et le Sahel pour d’autres, partout où des points chauds se cristallisent. Le recours à la guerre est redouté, celui à la diplomatie ignoré.

Ainsi les alarmistes professionnels qui veulent resserrer les rangs des coalitions militaires d’hier se préparent à en découdre militairement avec des autocrates ciblés. Pour certains, la situation rappelle celle des années 1930 avec la montée des fascismes. Ce faisant, ces inquiets se posent plus en défenseurs du monde d’hier qu’en bâtisseurs d’une régulation des forces en présence dans le monde nouveau d’un XXIe siècle qui émerge, après la Guerre froide qui l’a fragmenté et avec la panne mondiale de la pandémie de Sras-Cov2 qui l’a fragilisé. De fait ces autocrates assumés et dénoncés à longueur de colonnes -Poutine, Xi Jinping, Erdogan- ces nouveaux tigres du XXIe siècle, récusent le caractère universel de l’ordre occidental établi en 1945. Ils veulent partager la gouvernance de la planète et la raccorder à leur histoire régionale, à leurs intérêts, à leur culture politique, à leurs valeurs.

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LV n°182 : La France et le plein exercice stratégique : AMR 2022 | Nouvelle-Calédonie : et maintenant ? | Lorgnette : Coexistence durable !

Lettre de La Vigie du 22 décembre 2021

La France et le plein exercice stratégique : AMR 2022

Pour clore cette année et nourrir le débat stratégique de la présidentielle, voici présentées les quatre logiques qui structurent la posture stratégique de la France fin 2021 : les voisinages, les compétitions, les frictions et les guerres froides. Dans le monde post Covid qui s’entrouvre faut-il garder ce logiciel dépassé du XXe siècle? Peut-on en explorer un autre pour permettre à la France dans l’Europe et à l’Europe dans le monde de proposer un autre point d’équilibre, dégagé de la rivalité entre les États-Unis et la Chine ? L’année 2022 sera-t-elle un jalon dans l’histoire stratégique de la France ou la réactivation de ses actions antérieures ?

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Nouvelle-Calédonie : et maintenant ?

Le dernier référendum a logiquement – et légitimement – décidé du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la nation française. Il reste pourtant encore un destin à construire, tant le Caillou reste divisé : ces divisions ressemblent à bien d’autres, y compris en métropole. Au-delà, c’est une stratégie Pacifique de la France qu’il faut bâtir.

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Lorgnette : coexistence durable

L’expérience des peuples forge ce capital social qui leur permet d’être gouvernés. L’Amérique vient de la conquête de l’Ouest et de la prospérité, la Chine du Tianxia idéalisé et de l’harmonie prescrite, l’Europe du bannissement de luttes intestines après des tragédies dévastatrices. Il en résulte trois trajectoires stratégiques aujourd’hui non convergentes, même si un modèle essentiel de gouvernance occidentale s’affiche comme universel. Le modèle asiatique est dès lors vu comme alternatif et donc antagoniste. Mais ce que l’humanité gagnerait à s’unifier politiquement la priverait du pluralisme dont la richesse nait de la diversité acceptée.

Voici une leçon du dernier ouvrage de Jean Marie Guéhenno, « Le premier XXIe siècle » (ici) que LV vous recommande. Sa démarche tâtonnante mais rigoureuse dénonce le triomphalisme écervelé d’un Occident démocratique aujourd’hui en profonde crise identitaire qui s’aveugle d’une obsession chinoise et veut unifier le monde. Tout comme la Chine voulut prendre le meilleur de l’Occident pour garder le meilleur de la Chine, l’Occident ne doit-il pas prendre le meilleur de la Chine pour sauver le meilleur de l’Occident qui est le pluralisme assumé ? À explorer et méditer.

JOCV

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Crédit photo : Gouv NC

Penser en Chine (Anne Cheng dir.)

Notre fidèle correspondant, X. d’Abzac, qui nous avait déjà éclairé sur les débats en Chine (voir billet), nous propose ici une fiche de lecture du dernier ouvrage d’Anne Cheng. Mille mercis à lui. LV

En 2007, Anne Cheng présentait La pensée en Chine aujourd’hui (ici), un ouvrage collectif d’auteurs choisis pour leur compétence et leur indépendance. Plus de dix ans après, la réunion d’un nouveau collectif, nourri par la somme des mutations de la Chine, nous offre Penser en Chine, un ouvrage de synthèse sur l’état de ce pays qui a envahi notre paysage médiatique au quotidien dans tous les domaines.

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Guerre au Rwanda, L’espoir brisé, 1991-1994 (GCA Delort)

Comment interpréter la guerre civile du Ruanda qui a conduit au génocide que l’on sait ? Un récent rapport a tenté de faire le point. Nous l’avions évoqué en parlant de la confrontation de la mémoire et de l’histoire (voir billet), registre souvent confondu dans les commentaires entendus ces dernières semaines.  Il nous a semblé important de rendre compte du livre d’un acteur de l’époque, le GCA (2S) Delort. Martine Cuttier et Jean Dufourcq signent ce billet, merci à eux. LV

Début mars 2021, les Mémoires du général (2S) Dominique Delort paraissent peu avant la remise, fin mars, du rapport Duclert sur le Rwanda au président de la République. Tous deux éclairent un épisode aussi sensible pour les militaires que précieux pour les sociologues, politologues et historiens des questions militaires. Il s’agit en effet du rapport, en temps de crise, entre pouvoir et armées, celles-ci formant avec la diplomatie l’instrument de conduite par l’exécutif de la politique étrangère.

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Les opérations extérieures de la France (J. Fernandez, JB Jeangène Vilmer)

Merci à Martine Cuttier de continuer ses fiches de lecture. Celle-ci porte sur un ouvrage académique traitnat des Opex. Merci à elle. LV

Hormis les témoignages de militaires ayant participé à des opérations extérieures, ces dernières sont l’objet de publications, de rapports officiels de la part des parlementaires et de récapitulations par les militaires eux-mêmes. D’un côté, en août 2014, les officiers généraux en 2e section regroupés au sein du « cercle de réflexion G2S » ont publié un numéro sur « Défense et opérations extérieures »  puis un an plus tard, le CDEF de l’armée de terre dans les Cahiers du RETEX, dressait un « bilan de 37 années d’opérations ininterrompues » de 1978 à 2015 suivi en novembre 2017 du numéro HS des chemins de la Mémoire, portant sur « La France en OPEX, 50 ans d’engagement ». Un sujet, source de colloques par le SGA[1] puis par le SHD qui deux années de suite a  privilégié un thème[2] auquel l’IRSEM, à son tour, a consacré son attention. Le présent ouvrage n’étant autre que les Actes du colloque organisé avec l’université de Paris II[3], l’une  des missions de l’IRSEM étant d’établir le lien avec le monde académique. Continue reading « Les opérations extérieures de la France (J. Fernandez, JB Jeangène Vilmer) »

Lectures de vacances (LV 148) (gratuit)

Pour ce sixième numéro d’été, voici quelques lectures hétéroclites pour vous distraire ou vous aider à approfondir des sujets complexes dont la pandémie du Covid 19 nous a appris à retrouver le goût et la nécessité. Bonne lecture. N’oubliez pas de vous réabonner et de nous diffuser largement. JOCV

Notre sélection :

Le crépuscule de l’universel Chantal Delsol, Ed. du Cerf, 2020

Retour de service John le Carré, Seuil, 2019

Le sous-marin qui a torpillé le mur de Berlin Thierry Dalberto A. Compte d’auteur, 2019

De l’autre côté de la machine Voyage d’une scientifique au pays des algorithmes Aurélie Jean, Ed l’Observatoire, 2019

C’était mieux avant Michel Serres, Manifeste le Pommier 2017

Paris-Berlin ; la survie de l’Europe E. Husson, Gallimard, 2019

World War Z Brooks, Broadway Books, 2011

Opération Serval, notes de guerre B. Barrera, Seuil, 2015

La Bombe Glénat, 2020

Carnets sahariens, suivi de Cinquante ans de Sahara Frison-Roche, Arthaud, 2009

Révolution Cyberindustrielle en France L. Bloch, Economica, 2015

Sept jours avant la nuit G.-P. Goldstein, Folio Gallimard, 2017

Histoire de l’Atlantique Paul Butel, Perrin Tempus, 2012

Mondes en guerre (2 tomes sur 4) Dir H. Drévillon, Passés composés, 2019

Kisanga Emmanuel Grand, Livre de poche, 2019

L’utopie déchue Félix Tréguer, Fayard 2019

Le continent de la douceur Aurélien Bellanger

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Lits de cendres (J. Estoup)

Rédigée par M. Cuttier (que nos remercions encore) voici une fiche de lecture du dernier prix de la SAint-Cyrienne. JOCV

Depuis bien des années, les prix littéraires militaires fleurissent, l’un d’eux est décerné depuis 2007 par la Saint-Cyrienne[1]. Un prix spécial peut y être ajouté. Le prix est remis très solennellement sous les ors des salons de l’Hôtel de Ville de Paris lors du grand gala de Saint-Cyr. En 2019, le choix du jury s’est porté sur le livre de Joseph Estoup, officier saint-cyrien, qui servit en Indochine de la fin 1953 à janvier 1955 puis en Algérie de mars 1955 à avril 1961. Sa courte carrière militaire s’est déroulée au loin, là où la France tentait de maintenir l’Empire pour s’achever à la suite du putsch des généraux auquel il a participé.

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Géopolitique de la Russie (Pinot & Réveillard)

Souvent, les ouvrages collectifs sont peu considérés : ils souffrent généralement de deux défauts. Le premier, c’est une dispersion des thème d’étude et donc un assemblage de chapitres moyennement reliés au sujet principal ; Le second, c’est une qualité inégale des contributions. D’ailleurs, les deux défauts sont régulièrement liés.

Tel n’est pas le cas de cet ouvrage que nous vous présentons aujourd’hui : au contraire, il nous a réellement conquis par sa qualité, réunissant aussi bien la cohérence du discours que le niveau des contributions. Voici pourtant un sujet qui n’est pas inconnu, car le thème de la Russie (et de sa géopolitique) est régulièrement analysé par les spécialistes, qu’ils soient de Relations Internationales, de diplomatie ou de géopolitique. Il paraît donc difficile de réaliser un ouvrage actualisé de synthèse qui permette réellement de faire le point et de donner des précisions heureuses que, bizarrement, on lit peu dans les articles spécialisés, et qui évite le piège de la banalité. Continue reading « Géopolitique de la Russie (Pinot & Réveillard) »

Cyber et drones (P. Etcheverry)

Ce livre paru il y a un an n’a pas reçu l’écho qu’il mérite. Il s’inscrit dans ce champ classique de l’art de la guerre qui consiste à analyser le recours à la technique, source de révolution, de rupture et de bouleversement stratégiques.

Après l’arme atomique dont on avait pensé que l’usage interdirait la guerre, ce qui ne fut pas, car la guerre entre sociétés semblables et « du fort au fort » fut remplacée durant les décennies de la guerre froide par des guerres périphériques, révolutionnaires, de décolonisation, où chacun des leaders de chaque camp, détenteur de l’arme ultime, s’ingérait. L’URSS abattue, on pensa alors « tirer les dividendes de la paix » puisque les États-Unis, vainqueurs du duel, se retrouvaient sans ennemi de leur niveau. C’était même la fin de l’histoire[1] par la victoire de la liberté.

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