La Vigie n° 173 : Sur les fronts | Lorgnette : Voyage géopolitique au Maroc | Lectures d’été

Lettre de La Vigie du 4 août 2021

Sur les fronts

Alors que la « pause estivale » occulte l’actualité internationale en France, les affaires sérieuses continuent de se dérouler ailleurs. Voici donc une série d’instantanés stratégiques sur les frictions du monde : Tunisie, Afghanistan, Yémen, Polynésie, Pegasus, Sahel.

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Lorgnette : Voyage géopolitique au Maroc

Mer, montagne et désert, le Maroc offre de multiples visages. Sultanat puis royaume pluriséculaire à l’histoire brillante et au riche patrimoine, c’est un pays à visiter pour comprendre les enjeux du Maghreb et de l’Afrique. Découvrez le Maroc en novembre prochain avec le Pr Kader Aberrahim et nos partenaires de Conflits et d’Ictus Voyages. Voici donc le premier voyage d’étude géopolitique de La Vigie !

Lors de ce périple, vous serez accompagnés de guides francophones ainsi que de Kader Abderrahim, professeur à Science Po, directeur de recherche associé à La Vigie  et auteur à Conflits. Il a notamment publié une Géopolitique du Maroc dont nous avons rendu compte (ici). Deux rencontres avec des personnalités marocaines sont prévues, à Marrakech et Tanger, pour échanger sur les grands enjeux géopolitiques du pays. Outre les sites historiques du Maroc, une visite commentée de Tanger Med, premier port d’Afrique, est également organisée. Renseignements et inscriptions ici.

Les transports sont effectués en autocar grand tourisme et les nuitées assurées en hôtel 4 étoiles.

Lectures d’été

Pour votre été, nous vous proposons de lire : Le versant du soleil (R. Frison-Roche) – It doesn’t take a hero (HN Schwarzkopf) – Unité 8200 (D. Alfon) – Quand la France commence-t-elle ? (B. Lançon) – Guerres invisibles (Th. Gomart) – Non-retour ( Jusseaume et alii).

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JOCV

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Crédit photo : actu fr

LV 173 : Sur les fronts

Alors que la « pause estivale » occulte l’actualité internationale en France, les affaires sérieuses continuent de se dérouler ailleurs. Voici donc une série d’instantanés stratégiques sur les frictions du monde : Tunisie, Afghanistan, Yémen, Polynésie, Pegasus, Sahel.

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Ce n’est jamais une cyberattaque ! (F. Narolles)

Le début du troisième confinement a été marqué par la panne des systèmes informatiques de téléenseignement . Aussitôt, le ministre de l’Éducation a déclaré que cette interruption de service était due à une cyberattaque (probablement russe, est-il précisé, on ne prête qu’aux riches) mais aussi à un prestataire français d’infonuagique (cloud) dont un entrepôt de données à brûlé il y a quinze jours. Sachant que ledit prestataire n’a pas de contrat avec l’Éducation nationale et qu’on s’interroge sur les motifs éventuels d’une attaque par déni de service (DDOS) du téléenseignement français par les Russes. Et qu’une simple surcharge de demandes de connexion n’est pas forcément organisée par un agent étranger, mais tout simplement explicable par des serveurs pas assez puissants pour supporter la charge.

Cette petite actualité pour rappeler que l’explication de la cyberattaque est toujours à relativiser. Ce que nous explique brillamment François Narolle, ancien officier de marine et observateur avisé du domaine, à la suite du blocage de Suez par un cargo en travers (cf. LV 164). Merci à lui. LV

« Ce n’est jamais un lupus » (Hugh Laurie dans House). Crédit photo

Dans la série du médecin éponyme, le Dr House répète à qui veut bien l’entendre que « ce n’est jamais un lupus ». Malgré cette répétition, les membres de son équipe tentent systématiquement de le convaincre qu’ils tiennent enfin leur cas rare, lequel ne rentre immédiatement dans aucune autre case. De la même manière depuis quelques années, à chaque fois qu’un avion tombe, qu’un incendie se déclare ou, dans le cas qui est le nôtre aujourd’hui, qu’un navire coupe une artère vitale du commerce mondial aussi facilement qu’une vanne quart-de-tour interrompt l’écoulement de l’eau dans un tuyau, on trouve immanquablement de nombreux commentateurs pour se demander si un tel accident n’est pas plutôt la conséquence d’une cyberattaque. Continue reading “Ce n’est jamais une cyberattaque ! (F. Narolles)”

La Vigie n° 163 : L’allié grec | Introduction aux opérations multidomaines | Lorgnette : Sénégal troublé

Lettre de La vigie datée du 17 mars 2021

L’allié grec

Depuis les tensions de l’été dernier en Méditerranée orientale, la France s’est rapprochée de la Grèce. Celle-ci a réglé tous ses différends avec ses voisins balkaniques. La profonde rivalité avec la Turquie demeure, aggravée par la question chypriote. Le rapprochement avec la France est logique du point de vue d’Athènes. Pour Paris, il faudra veiller à ce que cela ne soit pas seulement un coup diplomatique mais une alliance durable.

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Introduction aux opérations multidomaines

La synergie des engagements militaires multi-domaines a connu une accélération à partir de 2014. Le développement de stratégies hybrides, combinant des modes d’actions militaires et non-militaires de la part de compétiteurs ou de perturbateurs stratégiques, étatiques ou non, a conduit les États-Unis à structurer leur approche des opérations multi-domaines (MDO) et à solliciter leurs alliés. Comme à chaque fois qu’émerge un nouveau concept à caractère stratégique et opérationnel, chacun d’eux est amené à se l’approprier avant d’envisager une réponse commune interopérable et coordonnée. La France s’y prépare. Les prochains sommets de l’OTAN et de l’UE pourraient voir l’adoption des premières initiatives multilatérales concrètes.

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Lorgnette : Sénégal troublé

Les événements de ces derniers jours au Sénégal sont inquiétants. En effet, l’arrestation du principal opposant au pouvoir, Ousmane Sonko, a déclenché une série d’émeutes sanglantes (une dizaine de morts, près de 600 blessés). Si la situation s’est depuis apaisée, elle révèle plusieurs tendances. Tout d’abord que la démocratie sénégalaise, souvent citée en exemple, n’est pas à l’abri de soubresauts. Qu’on se souvienne de ce qui est arrivé il y a vingt ans en Côte d’Ivoire. Le président, Macky Sall, reste très ambigu sur une éventuelle troisième candidature et a réussi à éliminer l’opposition… sauf Ousmane Sonko, qui n’est pas du sérail. Il s’est fait un nom en arrivant troisième à la dernière élection présidentielle en dénonçant la corruption mais aussi l’influence française.

Or, ce sentiment antifrançais se répand dans tout l’ancien pré carré africain. C’est prêter beaucoup de pouvoir à la France mais l’affaire intervient alors que le débat fait rage autour de l’opération Barkhane. Si les esprits sont concentrés sur le Sahel, il convient de demeurer prudent envers les appuis solides de la région. Un Sénégal déstabilisé serait une très mauvaise nouvelle pour tous.

JOCV

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Introduction aux opérations multidomaines (LV 163)

La synergie des engagements militaires multi-domaines a connu une accélération à partir de 2014. Le développement de stratégies hybrides, combinant des modes d’actions militaires et non-militaires, de la part de compétiteurs ou de perturbateurs stratégiques, étatiques ou non, a conduit les États-Unis à structurer leur approche des opérations multi-domaines (MDO) et à solliciter leurs alliés. Comme à chaque fois qu’émerge un nouveau concept à caractère stratégique et opérationnel, chacun d’eux est amené à se l’approprier avant d’envisager une réponse commune interopérable et coordonnée. La France s’y prépare. Les prochains sommets de l’OTAN et de l’UE pourraient voir l’adoption des premières initiatives multilatérales concrètes. 

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Le Cyber des Tartares (Le Cadet n° 77)

Ça y est, elle a eu lieu, la grande attaque, celle que les Drogo du marché du cyber modélisaient depuis si longtemps, ce jour où l’ennemi viendrait qui les ferait héros. Mais comme pour la nouvelle souche du Covid, rien n’est prêt.

Source

La faute en est aux agresseurs, ces vilains dont on ne saura jamais, en vertu du principe d’inattribution, s’il s’agit d’un homme seul ou d’une tribu de Tartares – pour citer un fameux monologue melvillien –, et qui se sont engouffrés dans les failles. L’ennemi, écrivait déjà Marc Bloch, est un « malappris qui ne fait jamais ce qu’on attendait de lui ». Le hacker devrait traverser dans les passages cloutés et attendre qu’on l’y pince : sinon il triche et c’est pas du jeu, comme on se lamente dans ces cours de récréation que sont les cyber-commandements. Répétons-nous : on n’a toujours pas compris le Théorème Maginot qui dit que des brèches de vulnérabilité sont non seulement créées à proportion des tentatives de verrouiller un front, mais que même lorsqu’on a prévu l’hypothèse des Ardennes, on échoue à la prévenir. La prochaine étape de cette bétonisation du numérique est la 5G et ses portes d’entrées démultipliées. Si les civilisations sont mortelles, il en est des carrément suicidaires.

Pourquoi s’épuiser à tenter d’investir ces espaces fluides qui ne pourront jamais l’être totalement, où nous serons toujours contournés ? L’adversaire y est ? Il est surtout présent au Sahel, en sandales et 125 cm3. Et les Russes n’en sont pas loin, qui nous ont déjà chassé d’Afrique centrale. Sans doute, mais il faut être sur le réseau pour défendre les serveurs – où 95 % des données n’ont rien à y faire – et agir comme influenceurs. Alors, tandis que le taux de disponibilité de certaines de nos armes sombre dans l’infinitésimal, on budgétise dans des régiments de Zouaves chers à Raymond Devos pour faire joujou devant des écrans. Jusqu’au jour où l’Amérique, via Facebook, nous retire le tapis de sous les pieds et supprime nos comptes. Une récente couverture de Time l’a montré : avec un tel allié, la France n’a pas besoin d’ennemi. Quel couillon, ce Louis XVI !

Ce qu’il nous faut également, dit un récent rapport, c’est un guerrier augmenté, comme dans les comics de Marvel. Puis on l’entourera d’une armure pour prévenir une prise de contrôle à distance de ses prothèses. Toujours le syndrome Maginot : créer des failles puis tenter de les colmater. C’est certainement plus urgent que de fournir des hélicoptères lourds à Barkhane (le Danemark retire les siens, les Britanniques récupèrent les leurs), de remplacer nos Transall en Afrique ou d’éviter d’avoir recours à un chausse-pied chaque fois qu’il faut charger un Griffon dans un A-400M. Même si c’est plus délicat que de greffer la Légion d’Honneur sur la veste d’un dictateur du Nil, espérons au moins que ça permettra à nos soldats de voler, faute de quoi les prochaines OPEX se feront sur la plage de Cavalaire. Des fois que les Tartares parviennent jusque-là.

Le Cadet

La Vigie n° 157 : Bilan 2020 | Manœuvres numériques | Lorgnette : Brexit, finalement

Lettre n° 157 de La Vigie datée du 23 décembre 2020

AMR 2020 : bilan d’une année qui a mis le monde en panne

En un an un grave accident sanitaire a submergé la planète et mis le monde entier en panne. Et l’année 2020 va entrer la liste des grands millésimes stratégiques du siècle, aux côtés de 1945, 1989 et 2001. Certes les tensions qui ont présidé au monde d’avant la pandémie ont surnagé mais la donne stratégique a profondément muté, de nouvelles dialectiques émergent mais on ne voit poindre aucun équilibre possible à l’horizon. Voici un point de fin d’année sur cet épisode hors norme.

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Manœuvres numériques

Ce mois de décembre voit crépiter plusieurs affrontements cyber de haute intensité : qu’il s’agisse de sabotage, de subversion ou d’espionnage, les puissances s’affrontent dans l’espace numérique, à un degré rarement connu. Le cyberespace est bien en conflictualité permanente, mais sous le seuil. Pour autant, d’autres affrontements surgissent, cette fois-ci entre États et puissances privées du numérique : que ce soit aux États-Unis ou dans l’Union européenne, des initiatives juridiques visent à mettre au pas ces nouveaux opérateurs aux moyens démesurés et aux ambitions inconnues.

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Lorgnette : Brexit, finalement

La négociation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sur les modalités du Brexit a déjoué toutes les échéances envisagées. On nous avait dit qu’on ne pourrait dépasser octobre, puis novembre avec le couperet du 31 décembre. Les deux parties sont allées bien au-delà puisque le l’accord n’a toujours pas été prononcé le 22 décembre. C’est impressionnant.

D’un côté, on ne peut qu’admirer Boris Johnson qui aura su cacher son intention jusqu’au bout : personne ne savait vraiment s’il voulait un accord ou seulement un prétexte pour justifier un hard Brexit à son opinion publique. Peut-être même n’avait-il pas choisi, attendant le résultat de l’élection américaine pour se décider. Il reste qu’il a su préserver jusqu’au bout sa liberté de manœuvre et donc peser en permanence sur le contenu de la négociation.

De l’autre, la solidité de l’UE est, elle aussi, remarquable. Alors que Londres espérait pouvoir fissurer le bloc européen, celui-ci a tenu contre vents et marées et a résisté à la pression britannique. Cela prouve des nerfs collectifs éprouvés qu’il faut saluer. Quant au Brexit, nous verrons d’ici dix ans quels en seront les effets réels sur les deux parties.

JOCV

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Crédit photo : Christiaan Colen on VisualHunt / CC BY-SA

Manœuvres numériques (LV 157)

Ce mois de décembre voit crépiter plusieurs affrontements cyber de haute intensité : qu’il s’agisse de sabotage, de subversion ou d’espionnage, les puissances s’affrontent dans l’espace numérique, à un degré rarement connu. Le cyberespace est bien en conflictualité permanente, mais sous le seuil. Pour autant, d’autres affrontements surgissent, cette fois-ci entre États et puissances privées du numérique : que ce soit aux États-Unis ou dans l’Union européenne, des initiatives juridiques visent à mettre au pas ces nouveaux opérateurs aux moyens démesurés et aux ambitions inconnues.

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Contact-tracing face au covid-19 : pas d’autres choix que l’audace (G-P Goldstein)

Guy-Philippe Goldstein nous a déjà gratifié de deux articles sur le COVID 19 (ici et ici). Il revient pour nous sur le sujet, en évoquant la question du traçage électronique, qui fait débat actuellement. Merci à lui. LV.

Il y a cinq semaines déjà, le 11 mars dernier, nous publions déjà dans ces lignes les points clés d’une réponse inspirés des bons résultats alors déjà observables en Corée du Sud et à Taïwan, en compléments des gestes barrières et des premiers éléments de distanciation sociale déjà appliqués en France. Cette réponse mettait en avant (1) les tests ; mais au-delà, (2) le volet numérique, offrant une gamme large de solutions tant dans le repérage que dans le télétravail, qui n’existaient pas encore dans les plans épidémiques datant de plus d’une dizaine d’années ; et enfin (3) un tempo rapide, et donc audacieux, afin de prendre de vitesse une épidémie foudroyante.  Prise à la gorge parce que trop lente à réagir, la France a finalement appliquée des mesures sévères de confinement six jours plus tard, bien plus strictes et limitant les libertés individuelles que ce qui existe en Corée du Sud. L’objectif était de se donner du temps, justement. Et pour finalement mettre en place « une approche proche de la Corée du Sud », comme l’a dit Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique[i].

Source

Or, d’après le gouvernement de Corée du Sud lui-même, une part importante de la réponse tient dans le volet numérique[ii], appliquée justement de manière rapide et audacieuse. Et pourtant, le volet numérique a été traité quasiment « à la sauvette », tant dans la déclaration du Président du lundi 13/4 que surtout dans l’intervention du Premier Ministre du 19/4, pourtant relativement détaillée et exhaustive. On sent bien qu’un cadre politique rigide est en train d’être défini tant par le sommet de l’exécutif que par les partis d’opposition, l’ensemble concourant au même groupthink idéologique incapable de se questionner alors qu’une crise sans précédent frappe l’Europe, et qui était déjà à l’origine du fiasco du premier tour des municipales. A cause de ce cadre, le volet numérique risque d’échouer en France  malgré tous les talents et bonnes volontés réelles qui s’y sont investis. Il faut donc comprendre (1) Pourquoi le numérique est l’un des piliers de la gestion de l’épidémie ; (2) pourquoi nombre de peurs et de réticences sont inappropriées ; (3) Comment avancer à la fois dans le respect de nos valeurs et dans le pragmatisme qu’impose l’extraordinaire situation sanitaire et économique actuelle.

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Cyber et drones (P. Etcheverry)

Ce livre paru il y a un an n’a pas reçu l’écho qu’il mérite. Il s’inscrit dans ce champ classique de l’art de la guerre qui consiste à analyser le recours à la technique, source de révolution, de rupture et de bouleversement stratégiques.

Après l’arme atomique dont on avait pensé que l’usage interdirait la guerre, ce qui ne fut pas, car la guerre entre sociétés semblables et « du fort au fort » fut remplacée durant les décennies de la guerre froide par des guerres périphériques, révolutionnaires, de décolonisation, où chacun des leaders de chaque camp, détenteur de l’arme ultime, s’ingérait. L’URSS abattue, on pensa alors « tirer les dividendes de la paix » puisque les États-Unis, vainqueurs du duel, se retrouvaient sans ennemi de leur niveau. C’était même la fin de l’histoire[1] par la victoire de la liberté.

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