L’Inde est-elle une vraie puissance spatiale ? (J. Crisetig)

Notre stagiaire, Joel Criseti, a eu le temps de préparer une dernière fiche sur les stratégies spatiales. Voici l’Inde… Mille mercis à lui pour son excellent travail. LV

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La stratégie spatiale indienne repose sur trois données fondamentales : son programme spatial doit servir au développement du pays, il doit être bon marché et, enfin, respecter les normes démocratiques que s’engage à respecter la « plus grande démocratie du monde »… Une doctrine malmenée dans la course ultra-concurrentielle et de plus en plus militarisée à l’espace.

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L’Italie est-elle une vraie puissance spatiale ? (J. Crisetig)

Coopération avec ses alliés américain et européens (notamment la France), innovations, modèle de développement atypique mais opérant… L’Italie fait figure d’élève modèle dans le secteur spatial. Si le pays est prometteur, il devra à l’avenir encore combler des lacunes de taille.

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Algérie, puissance spatiale ? (J. Crisetig)

Grâce à Joël Crisetig, nous poursuivons notre étude des puissances spatiales émergentes. Après le Maroc, voici le voisin algérien. LV.

Grâce à son programme spatial multidimensionnel et soutenu activement par la Chine, l’Algérie est une concurrente sérieuse au Maroc dans la conquête spatiale sur le continent africain. A première vue, Alger et Rabat ont adopté des stratégies différentes, mais l’Algérie avance de toute évidence masquée pour rattraper son voisin.

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Le Maroc, une vraie puissance spatiale ? (J Crisetig)

Notre stagiaire continue ses études spatiales. Aujourd’hui, le Maroc. LV

La stratégie spatiale marocaine s’articule autour de trois axes : le premier, assumé, de développement agricole, le deuxième, plus discret, de défense aux frontières, et le dernier, secret celui-ci, de dissuasion militaire face à ses adversaires régionaux. Le tout en s’alliant aux grandes puissances spatiales.

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Si le développement de ses capacités spatiales était initialement pensé comme un moyen de protéger son économie contre les conséquences du changement climatique, le Maroc conçoit le lancement de (nano)satellites comme un outil de dissuasion militaire et de puissance régionale africaine. Le royaume n’hésite pour cela pas à s’allier à des grandes puissances spatiales.

Ainsi, en quoi le Maroc conçoit-il sa puissance spatiale comme une combinaison de développement économique, d’influence régionale, et de dissuasion militaire ?

La conquête spatiale, une réponse aux défis économiques du Maroc en coopération avec de grandes puissances spatiales

L’agriculture constitue une grande part de l’économie du Maroc. Elle est cependant mise à mal par le changement climatique : sécheresse, appauvrissement des sols… Dès 1989, par la création du Centre royal de télédétection spatiale (CRTS), le Maroc cherche à lancer des satellites – et des nanosatellites dès 2001 – pour « développer les applications de la télédétection et des technologies connexes ». Les données spatiales obtenues (cartographie, indicateurs sur la consommation d’eau etc.) sont mises à disposition d’acteurs privés et étatiques afin d’optimiser les rendements de l’agriculture marocaine dans un objectif de développement durable.

Le but est en outre de créer un écosystème favorable au lancement de satellites. Le gouvernement mise sur une coopération étroite avec les universités du pays, notamment l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA), et sur une industrie aéronautique en pleine croissance (17.500 employés avant le Covid). Le Maroc travaille avec le MIT et des gouvernements européens, et plus particulièrement avec la France et l’ESA (Agence spatiale européenne). Les engins d’observation marocains Mohammed-VI A et B ont été conçus par le groupe franco-italien Thales Alenia Space et Airbus et lancés par Arianespace depuis la base de Kourou en 2017 et 2018. En incitant les grands groupes aéronautiques européens (Thales, Safran et consorts) à implanter leurs usines au Maroc, le royaume chérifien espère rééditer le succès rencontré par l’industrie automobile en termes de création d’emplois et d’acquisition de compétences. Un bilan jusqu’ici mitigé : il s’agit d’activités à faible valeur ajoutée et l’emploi global ne progresse pas puisque l’activité baisse dans d’autres secteurs. Néanmoins, le Maroc insiste également sur un autre aspect : son rayonnement sur le continent africain, conformément à son ambition de puissance régionale.

L’affirmation d’un rôle régional ambitieux

Depuis « l’Agenda 2063 » promulgué par l’Union Africaine en 2014, qui prévoit d’accélérer le développement économique, sécuritaire et scientifique du continent, de nombreux pays africains investissent dans la conquête spatiale. Le Maroc, précurseur en la matière, entend jouer un rôle de leader continental. C’est dans cet esprit qu’il a accueilli, courant 2019, la conférence mondiale sur « l’espace au service des pays émergents ». Cependant, puisque le royaume souhaite se positionner comme une tête de proue de la stratégie spatiale africaine, il développe également des outils militaires, tenus secrets.
Des ambitions militaires secrètes ? L’inquiétude des voisins du Maroc

La stratégie spatiale du Maroc, si elle est présentée comme un outil économique à usage interne voire de rayonnement régional « bienveillant », inquiète les voisins du royaume. En effet, les satellites Mohammed-VI A et B et les nanosatellites sont dotés des outils de surveillance les plus précis du continent africain. Ils sont construits sur le modèle du système d’imagerie militaire français « Pléiade ». Matériel d’espionnage ? Simple dispositif pour lutter contre l’immigration clandestine et le terrorisme ? Outil de dissuasion face aux voisins du royaume, avec qui ce dernier entretient des rapports tendus (Algérie, Espagne, Mauritanie) ? Le Maroc s’exprime peu sur le sujet, mais une chose est claire : le royaume veut peser en Afrique avec sa politique spatiale, en misant sur sa polyvalence : développement économique et agricole, activisme régional, dissuasion militaire…

Joel Crisetig

Le Luxembourg est-il une vraie puissance spatiale ? (J. Crisetig)

La Vigie a demandé à son stagiaire de travailler sur les stratégies spatiales des petites puissances. Voici son premier billet : saviez-vous que le Luxembourg était une puissance spatiale ? Oui, désormais, grâce à lui. LV

 

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Le Luxembourg investit massivement dans la recherche spatiale afin d’attirer des entreprises capables d’extraire des ressources spatiales commercialisables sur terre. L’objectif : diversifier l’économie du pays.

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LV n° 149 (gratuit) : Air et espace | Lorgnette bilan d’année | Table analytique 20-21

Lettre de La Vigie du 2 septembre 2020 Air et espace Alors que la lutte contre le coronavirus absorbe une bonne partie des efforts politiques nationaux et qu’elle accroit la destructuration du multilatéralisme, que les tensions politico-économiques entre la Chine et les Etats-Unis s’aiguisent et que celles qui prévalent en Méditerranée s’intensifient, la course aux…

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Des biens communs de l’humanité (LV 133)

Au-delà des questions géopolitiques ou économiques, c’est au moment où le multilatéralisme connait sa crise la plus profonde que l’on a le plus besoin de lui, notamment pour garantir la gestion durable des biens communs que nous offre la planète. Qu’il s’agisse de l’environnement, de la mer et des océans, des espaces exo-atmosphérique et cybernétique ou encore de l’infiniment petit du corps humain, la préservation et l’exploitation de ces biens, communs à toute l’humanité, nécessitent la pratique d’un multilatéralisme efficace afin qu’ils bénéficient durablement à l’espèce humaine. Encore faut-il que les différentes sociétés et générations humaines acceptent de s’écouter avant de dialoguer.

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LV 123 (numéro double) : Lassitude | Miscellanées | Soudan : fin de parties ? | Commander l’espace | Vignettes de lecture

Lettre (double de La Vigie du 31 juillet 2019)

Lassitude stratégique

Face aux approximations et incohérences, la lassitude gagne le stratégiste. Il doit rappeler quelques évidences : le faux concept d’armes de destruction massive, qui mêlent dans un fourre-tout des armes spéciales tactiques et des armes de supériorité stratégique ; les vicissitudes de l’arms control ; enfin, la confusion stratégique de l’inclusivité, nouveau dogme stratégique français qui mélange tout sans rien réellement décider.

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Lorgnette 1 : Miscellanées politiques

Le premier semestre fut fertile en réflexions politiques, celles suscitées par le traité de Versailles ou le 75ème anniversaire du D-day. On prit aussi plaisir à lire les Conversations Tocqueville qui traitaient cette année du futur des nations et les débats autour du Brexit et du désordre européen. Comme souvent il s’agit de passé et d’avenir dont le présent peine à cerner les contours. Mais si l’histoire ne se répète jamais, elle se continue toujours. L’ignorer serait une faute. L’Etat-nation du XXe siècle se transforme en Etat connecté du XIXe siècle. Mais alors que garder du passé ? Quels acquis européens, communautaires et stratégiques, préserver ? Quelles leçons tirer des rendez-vous et des paix manqués ? Le temps de l’héroïsme collectif des peuples est passé mais leur dispersion dans des trajectoires singulières ne sera pas un progrès. En Europe plus qu’ailleurs on a expérimenté les désastres interétatiques. Il faut d’autres règles du jeu sur le continent eurasiatique, pour gérer nos nations culpabilisées par la mondialisation inclusive. Alors au lieu de prétendre à l’innocence, i.e. à une justice sans force, essayons d’être un peu plus forts, même au risque d’être un peu moins justes (Pierre Manent).

Soudan : fin de partie ?

La mort du président tunisien rappelle que la pression populaire peut changer le système. La victoire algérienne en football temporise le blocage de cette pression. Enfin, l’accord au Soudan donne l’illusion que le système est en train de changer : ce n’est probablement qu’une illusion, le régime dual mis en place permettant probablement la prolongation du système de pouvoir.

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Lorgnette 2 : Commander l’espace

La France va bientôt se doter d’un commandement spatial militaire : La nouvelle stratégie spatiale récemment exposée prévoit une vraie force spatiale (nouveaux satellites de surveillance, nano-satellites, petits lanceurs réactifs, lasers de puissance). Tout serait lancé à partir de 2023 (prochain quinquennat). 700 M€ sont dégagés sur l’actuelle LPM, 1,5 G€ sur la suivante. La doctrine serait alignée sur celle de la dissuasion : doctrine active mais non offensive et « non engagement en premier », afin de protéger et défendre nos intérêts spatiaux. Bien sûr, on fera cela dans un cadre européanisé (personne ne note le retard allemand en la matière). Le nouveau commandement spatial sera installé à Toulouse tandis que la loi sur les opérations spatiale de 2008 sera revue afin de permettre une véritable spécificité militaire.

Cette nouvelle stratégie prend acte de la course aux armements qui est en train de se dérouler, motivée à la fois par la multiplication d’acteurs étatiques (Japon, Chine, Inde) mais aussi privés. Le spatial était placé entre la dissuasion et le renseignement : il prend désormais son autonomie. L’Armée de l’Air en a la charge.

Vignettes de lecture :

Les défis chinois (E. de La Maisonneuve) – La mesure de la force (M. Motte) – Vision(s) du monde (Ch. Grataloup) – La puissance au XXIè siècle (P. Bühler) – L’orthodoxie (N. Kazarian) – L’affolement du monde (Th. Gomart) – L’archipel français (J. Fourquet) – Le désert et la source (R. Cagnat) – La France et l’Otan en Syrie (R. Hureaux) – Les guerriers de l’ombre (JC Notin) – Bable minute zéro (GP Goldstein) – Pièfge au levant (R. Pietrini) – La bombe d’Alger (M. Bowman) – Les invasions allemandes (N. Isigny).

JDOK

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