LV n° 213 : Afrique adieu ! | Nouvelles questions nucléaires | Lorgnette : Accord arabo-persique

Lettre de La Vigie du 15 mars 2023

Afrique adieu !

Du discours de Ouagadougou en 2017 à celui de Paris en 2023, une constante apparaît : l’inexistence de la politique africaine de la France. À cela s’ajoutent des relations délicates que l’on voit dans des gestes peu diplomatiques. Face à ce constat, sommes-nous condamnés à dire : Afrique adieu ?

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Nouvelles questions nucléaires

Obnubilés par la guerre en Ukraine, nous ne voyons pas les profondes modifications stratégiques qui s’exercent ailleurs, par exemple dans le domaine nucléaire : fin du monopole balistique, ambiguïté des porteurs, sanctuarisation agressive, décès du contrôle des armements, mise en question de la non-prolifération sont autant de questions qui rétroagissent sur le théâtre européen.

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Lorgnette: Accord arabo-persique

La récente annonce d’un accord irano-séoudien, conclu qui plus est sous les auspices de la Chine, a sonné comme un coup de tonnerre. L’Arabie annonçait depuis quelque temps sont désir de s’affranchir du pacte du Quincy (LV 205). Elle n’a pas signé les accords d’Abraham entre Israël, les EAU et Bahreïn et le récent raidissement israélien ne doit pas la rassurer. Quant à l’Iran, la poursuite de l’enrichissement d’uranium malgré les sanctions et les négociations du JCPOA, l’entente avec la Russie et la récente grogne populaire favorisent un changement de posture stratégique.

L’accord donne l’impression d’un simple rétablissement des relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran. Il semble comporter une dimension sécuritaire dont on verra la mise en œuvre au Yémen, où les Séoudiens semblent négocier tandis que les EAU et les Américains s’y refusent. Au fond, l’Arabie semble vouloir diversifier ses sources de sécurité et ne s’en remet plus uniquement aux États-Unis. Washington qui s’est désintéressé du Moyen-Orient paye ainsi son abstention et sa perte de crédit. Quant à la Chine, elle réunit deux des principaux fournisseurs d’hydrocarbures : cela lui suffit.

Le puzzle bouge dans la région…

JOCVP

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Nouvelles questions nucléaires (LV 213)

Obnubilés par la guerre en Ukraine, nous ne voyons pas les profondes modifications stratégiques qui s’exercent ailleurs, par exemple dans le domaine nucléaire : fin du monopole balistique, ambiguïté des porteurs, sanctuarisation agressive, décès du contrôle des armements, mise en question de la non-prolifération sont autant de questions qui rétroagissent sur le théâtre européen.

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Pourquoi n’a-t-on pas dissuadé Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine ? – Réflexions autour de la dissuasion comme pratique des relations internationales (S. Audrand)

Nous sommes heureux de publier ce texte de Stéphane Audrand qui est consultant en risques internationaux (à son compte depuis 2013), historien (de formation) et officier de réserve (marin, en poste à la DGRIS). LV

Pourquoi n’a-t-on pas dissuadé Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine ? C’est une question récurrente depuis le 24 février 2022. Indéniablement, les mécanismes internationaux de sécurité collective censés décourager le recours à la guerre ont échoué, de même que les tentatives directes de dissuader Vladimir Poutine.

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Or la réponse à cette question de l’échec de la dissuasion est loin d’être triviale : si la dissuasion est une pratique immémoriale, qui renvoie à une médiation entre individus autour d’un acte que certains souhaitent empêcher d’être commis, elle revêt à l’ère nucléaire une importance cruciale pour la sécurité des nations et l’avenir de la planète. Se pencher sur tout échec de la dissuasion est donc primordial pour espérer corriger les processus qui auraient pu, qui auraient dû permettre d’éviter la guerre. S’agissant de l’invasion de l’Ukraine, il est vraisemblable que la dissuasion a été mise en échec par un mauvais calcul stratégique, de part et d’autre : si le déclenchement de la guerre est sans équivoque de la responsabilité de Vladimir Poutine, cela ne veut pas dire que l’Ukraine et ses soutiens n’ont pas fait quelques erreurs de signalement qui ont échoué à dissuader le maître du Kremlin. Si le président russe a sans doute sous-estimé le coût et les risques de son action et surestimé les bénéfices, les pays occidentaux ont sans doute été inefficaces dans les signaux à envoyer à la Russie, nécessaires pour le calcul stratégique rationnel. Et, sur le plan irrationnel, nous n’avons pas suscité la peur.

Pour mieux appréhender la complexité du dialogue qu’est la dissuasion, il n’est pas inutile de revenir à quelques fondamentaux de ce qui reste, au-delà des théories, une pratique quotidienne entre États, toujours changeante. Le mythe de la « stabilité stratégique » doit plutôt céder la place à la reconnaissance d’une perpétuelle « instabilité corrigée en temps réel ».

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La Vigie n° 208 : Le deuxième 21ème siècle | Les mots qui piègent | Lorgnette : Benoît XVI, dernier moderne

Lettre de La Vigie, du 4 janvier 2023

Bonne année 2023 !

Le deuxième 21ème siècle

La conjonction de la pandémie mondiale et de la guerre en Ukraine a fait basculer le monde dans un deuxième XXIe siècle aux contours confus. La conflictualité libérée est désormais auto-entretenue et la planète de 8 milliards d’habitants ne bénéficie plus du recours aux régulateurs hérités du XXe siècle qui avaient permis d’aborder en sûreté relative la fin de la Guerre froide. Ce dangereux basculement dans la jungle stratégique semble irréversible. La France doit prendre en compte cette nouvelle réalité stratégique.

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Les mots qui piègent

En stratégie et en relations internationales, les mots comptent. Or, le discours contemporain ne cesse d’utiliser des mots qui reposent sur des conceptions passés et qui n’aident pas à comprendre, partant à résoudre, les conflits du moment : Guerre, Paix, Droit de la guerre, victoire, territoire, négociation en sont les exemples les plus frappants.

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Lorgnette : Benoît XVI, dernier moderne

Le décès de Joseph Ratzinger marque la fin d’une époque. Voici en effet un pape qui aura été le dernier moderne.

L’intellectuel progressiste de l’après-guerre, acteur influent du concile Vatican II, s’était peu à peu transformé en gardien rigoureux d’une ferme tradition catholique. Élu pape sans l’avoir désiré, mal à l’aise avec les médias, il choisit le nom de Benoît en référence à Benoît XV et ses tentatives de paix lors de la 1ère guerre mondiale et à Saint-Benoît, patron de l’Europe : un pape très européen, finalement, peu en phase avec la planétisation du monde qui l’entourait.

C’est au fond le dernier moderne : il a prêté sa plume à Jean Paul II pour l’encyclique Fides et ratio de 1988, qui reflétait parfaitement son esprit rationnel. Il était déstabilisé par le monde contemporain, post-moderne, où l’émotion et la mousse médiatique prédominent sur la recherche du vrai. Aussi retiendra-t-on surtout son « renoncement » à l’état papal en 2013, laissant le siège de Pierre à un successeur plus à l’aise avec les nouvelles conditions du moment. Cet intellectuel n’était ni pleinement pasteur, ni véritable homme de pouvoir. Exemple rare d’un homme parvenu au sommet sans l’avoir recherché.

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Les mots qui piègent (LV 208)

En stratégie et en relations internationales, les mots comptent. Or, le discours contemporain ne cesse d’utiliser des mots qui reposent sur des conceptions passés et qui n’aident pas à comprendre, partant à résoudre, les conflits du moment : Guerre, Paix, Droit de la guerre, victoire, territoire, négociation en sont les exemples les plus frappants.

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La Vigie n° 207 : 2022, révision stratégique | Guerre d’Ukraine : perspectives | Lorgnette : coupe du monde

Lettre de La Vigie du 21 décembre 2022

2022 : révision stratégique

L’année écoulée a vu sombrer bien des stratégies qui péchaient par leur manque de profondeur et leur élaboration à une époque où le retour de la guerre n’était pas sérieusement envisagé. Le conflit d’Europe de l’est rappelle que la stratégie est une dialectique des volontés utilisant la force pour résoudre leur conflit. Une révision des réflexions stratégiques s’impose à ceux qui veulent demeurer libres.

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Guerre d’Ukraine : perspectives

La guerre d’Ukraine montre une stabilisation des fronts qui n’est peut-être pas due seulement au mauvais temps d’hiver mais aussi à l’épuisement des belligérants. Les deux parties tentent de remonter en puissance, en hommes comme en matériel. Mais malgré leurs déclarations, aucune ne peut sérieusement envisager la victoire. Le temps des négociations est venu, sans qu’il promette autre chose qu’un cessez-le-feu.

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Lorgnette : coupe du monde

La récente coupe du monde est riche d’enseignements. Saluons d’emblée la victoire de l’Argentine et le parcours improbable mais finalement si proche du succès de la France. La compétition s’est passée dans une bonne ambiance et les grincheux des deux camps se sont tus : aussi bien les professeurs de morale qui appelaient au boycott que ceux qui annonçaient des dissensions internes à l’issue des matchs à enjeu, notamment contre le Maroc. Le bon sens a triomphé et un patriotisme tranquille a prévalu.

Ces compétitions de sport ont en effet une immense vertu : celle de transformer l’affrontement et la rivalité entre nations en un jeu qui suffit à apaiser la plupart des tensions, d’autant que les adversaires sont aléatoires. Un match entre les États-Unis et l’Iran revêt l’attention mais malgré l’arrière-plan géopolitique, l’affrontement reste bénin. Le sport permet à peu de frais (quoi qu’on dise des dépenses de la coupe du monde ou des salaires des joueurs) à la fois d’unir les nations sans les pousser dans des excès chauvins, et d’organiser des adversités dont le résultat se résout à un simple score.

Vertu pacifiante du sport qui distribue bonheur et émotions simples.

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2022 : révision stratégique (LV 207)

L’année écoulée a vu sombrer bien des stratégies qui péchaient par leur manque de profondeur et leur élaboration à une époque où le retour de la guerre n’était pas sérieusement envisagé. Le conflit d’Europe de l’est rappelle que la stratégie est une dialectique des volontés utilisant la force pour résoudre leur conflit. Une révision des réflexions stratégiques s’impose à ceux qui veulent demeurer libres.

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Dossier marine nationale

A l’instar d’un précédent dossier sur les parachutistes (ici), nous sommes très heureux de publier ce numéro exceptionnel préparé par notre associé Christophe Pipolo et nos amis B. Boëne, M. Motte et M. Cuttier. Merci à eux de nous faire confiance et bonne lecture. Vous trouverez ci-dessous la présentation du dossier et les liens vers les huit articles publiés. LV

Source

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La Vigie n° 206 : De retour de Singapour | Haute intensité : prendre de la hauteur | Lorgnette : Le pont de Kertch

Lettre de La Vigie du 7 décembre 2022

De retour de Singapour

De retour d’un séjour à Singapour, le stratégiste reste sidéré de ce qu’il a vu : voici au fond la capitale de la mondialisation, réussissant à réunir physiquement et culturellement l’Est et l’Ouest qui, selon Kipling, « jamais ne se rencontreront ». Et pourtant, Singapour démontre le contraire…

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Haute intensité : prendre de la hauteur

Le discours ambiant, surtout depuis la nouvelle phase de la guerre russo-ukrainienne enclenchée le 24 février 2022, insiste sur le besoin des forces armées françaises à se préparer à être engagées dans un scénario de guerre de » haute intensité « . Tout en laissant le soin au pouvoir politique la décision de modifier le contrat opérationnel de nos armées expéditionnaires, prêtons-nous à l’exercice : en nous inspirant de ce que nous pouvons observer en Ukraine, quelles sont les leçons que nous devons (ré)apprendre pour être capables de livrer de tels combats ?

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Lorgnette : Le pont de Kertch

Dans la nuit du 7 au 8 octobre dernier, les Ukrainiens parvenaient, à la surprise générale, à frapper le pont de Kertch, vraisemblablement à l’aide d’un drone naval. Ils portaient non seulement un coup sérieux à la logistique russe mais ils s’en prenaient également délibérément à l’un des symboles du rattachement de la Crimée à la Russie.

Le 5 décembre, soit à peine deux mois après, Vladimir Poutine s’est rendu sur ce pont qu’il avait lui-même inauguré le 15 mai 2018.

Cette visite à laquelle peu de monde s’attendait est riche d’enseignements. Si Poutine se déplace en personne sur ce pont et en revient sans problème, c’est qu’il est en suffisamment bonne santé pour le faire, qu’il ne craint pas de s’absenter des lieux de pouvoir malgré les conspirateurs, qu’il parvient à se déplacer sans que le renseignement étranger ne l’anticipe, que le génie russe travaille d’arrache-pied et qu’il n’est pas question, malgré le retrait de Kherson, d’abandonner la Crimée.

Simultanément, les Ukrainiens réussissaient à frapper deux bases stratégiques à 800 km à l’intérieur de la Russie. Les enchères politiques augmentent de part et d’autre.

Cette guerre est loin d’être terminée.

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LV 206 : Haute intensité : prendre de la hauteur

Le discours ambiant, surtout depuis la nouvelle phase de la guerre russo-ukrainienne enclenchée le 24 février 2022, insiste sur le besoin des forces armées françaises à se préparer à être engagées dans un scénario de guerre de  » haute intensité « . Tout en laissant le soin au pouvoir politique la décision de modifier le contrat opérationnel de nos armées expéditionnaires, prêtons-nous à l’exercice : en nous inspirant de ce que nous pouvons observer en Ukraine, quelles sont les leçons que nous devons (ré)apprendre pour être capables de livrer de tels combats ?

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