La Vigie n° 113 : Le goût de la paix | Géo XXI | Lorgnette : tension au Cachemire

Lettre de La Vigie n° 113 (13 mars 2019

Le goût de la paix

Tout le monde parle de la paix mais beaucoup se contentent de la disparition de la guerre dure. C’est ne pas voir que ce monde pacifié laisse de plus en plus libre court à une conflictualité multiple, nouvelle “guerre” qui va de pair avec la mondialisation libérale. La paix n’est plus une valeur absolue et dépassant toutes les autres, et par conséquent le goût de la paix s’étiole. Pourtant, dans leur demande de sécurité, c’est bien ce que les peuples exigent.

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Géo XXI

Dans un monde non conforme et multiple, la géostratégie mondiale connait une nouvelle évolution qui doit articuler au début du XXIe siècle hétérogénéité et interdépendance, la virtualisation stratégique que permet la transformation digitale et la régionalisation géopolitique qui rééquilibre la mondialisation. A prendre en compte par la France pour en tirer parti.

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Lorgnette : Tension au Cachemire

La frontière entre l’Inde et le Pakistan s’est brutalement embrasée l’autre semaine. À la suite d’un attentat de séparatistes au Cachemire, l’Inde a riposté avec ses avions de chasse. Une sorte de duel aérien s’est ensuivi, entraînant même la perte d’un MIG 21 indien dans des circonstances obscures. La connexion régulatrice entre les deux puissances nucléaires a fonctionné mais la tension acceptée démontre plusieurs choses.

Tout d’abord, l’escalade indienne puisque ses avions ont pour la première fois depuis 1971 frappé au-delà du Cachemire. Il y a là une stratégie risquée de la part de N. Modi, même si cela fait plusieurs fois que des incidents terroristes impunis frappent l’Inde. Cependant, si l’attentat est revendiqué par un mouvement pakistanais, son auteur est bien un Cachemirien indien. Il pose la question du contrôle indien de cette région : cela signale le durcissement de New-Dehli sur fond de la rhétorique nationaliste qui s’est approfondie ces dernières années. Jeu dangereux.

Dans le même temps, constatons que le Pakistan n’a pas reçu beaucoup d’appui, ni des Américains ni des Chinois. La faute sans doute à une lutte anti-terroriste peu convaincante. Mais l’isolement d’Islamabad est tout autant inquiétant.

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Le goût de la paix (LV 113)

Tout le monde parle de la paix mais beaucoup se contentent de la disparition de la guerre dure. C’est ne pas voir que ce monde pacifié laisse de plus en plus libre court à une conflictualité multiple, nouvelle “guerre” qui va de pair avec la mondialisation libérale. La paix n’est plus une valeur absolue et dépassant toutes les autres, et par conséquent le goût de la paix s’étiole. Pourtant, dans leur demande de sécurité, c’est bien ce que les peuples exigent. Continue reading “Le goût de la paix (LV 113)”

La Vigie n° 112 : Des anomalies à l’anomie stratégique | FNI : nucléaire plus qu’européen ? | Lorgnette : Manif à Alger

Lettre de La Vigie n° 112 (27 février 2019)

Des anomalies à l’anomie stratégique

La parole militaire a bien du mal à trouver sa place dans le débat stratégique actuel. Pourtant de multiples anomalies en matière de stratégie militaire générale s’accumulent annonçant une inacceptable anomie stratégique si on n’y prend garde. Il faut susciter et mobiliser l’expertise militaire pour y faire face.

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Traité FNI : Nucléaire avant d’être européen ?

Le retrait américain du traité FNI donne un nouveau coup à la sécurité européenne, alors que l’UE n’est pas partie au traité et se trouve bien démunie. Au-delà, cette décision relancera la course aux armements, y compris nucléaires. Elle donne finalement une certaine liberté de manœuvre aux Russes sans pour autant lier les Chinois. Car nucléairement, nous sommes désormais dans un jeu à plusieurs acteurs : définitivement sortis du monde bipolaire de la Guerre froide.

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Lorgnette : Manifestation algérienne

La récente annonce par le pouvoir algérien d’une cinquième candidature d’A. Bouteflika à la présidence du pays suscite des remous inattendus. Le président sortant est un vieillard infirme et désormais peu capable. Mais le « système » a failli à organiser sa succession et a donc décidé de proroger le titulaire. Tout devait se passer entre soi mais voici que le peuple a surgi, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants répandus dans le pays et refusant haut et fort cette cinquième candidature. Sans revenir sur l’impasse politique et économique du système, remarquons que ce mouvement a surpris tout le monde, y compris les forces de sécurité, les bleus, qui se sont montrés finalement assez tolérants.

Certains verront ici, à huit ans d’écart, le prolongement des révoltes arabes de l’hiver 2011. Pour notre part, nous y voyons plutôt l’expression d’une conscience portée par les médias sociaux en écho du mouvement français des Gilets Jaunes : en Algérie non plus, aucune instance politique ou syndicale n’a appelé à manifester (à la différence de la Tunisie d’hier). Nul ne sait ce que va devenir cet élan populaire et s’il va peser sur l’avenir du pays mais à coup sûr, quelque chose a changé à Alger. À suivre avec attention.

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Des anomalies à l’anomie stratégique (LV 112)

La parole militaire a bien du mal à trouver sa place dans le débat stratégique actuel. Pourtant de multiples anomalies en matière de stratégie militaire générale s’accumulent annonçant une inacceptable anomie stratégique si on n’y prend garde. Il faut susciter et mobiliser l’expertise militaire pour y faire face.

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Traité FNI : Nucléaire avant d’être européen ? (LV 112)

Le retrait américain du traité FNI donne un nouveau coup à la sécurité européenne, alors que l’UE n’est pas partie au traité et se trouve bien démunie. Au-delà, cette décision relancera la course aux armements, y compris nucléaires. Elle donne finalement une certaine liberté de manœuvre aux Russes sans pour autant lier les Chinois. Car nucléairement, nous sommes désormais dans un jeu à plusieurs acteurs : définitivement sortis du monde bipolaire de la Guerre froide.

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La Vigie n° 108 : Clarification en Syrie | Perspective 2019 | Lorgnette : Fraternité

Lettre de La Vigie n° 108 (2 janvier 2019)

Clarification en Syrie

La décision du président Trump de retirer les troupes américaines en Syrie témoigne d’un réalisme sans fard. Le président turc Erdogan espérait en prendre avantage pour défaire les Kurdes syriens mais ceux-ci se sont entendus avec le gouvernement légal de Damas qui trouve là le moyen de reprendre encore un peu plus le contrôle de son territoire. Quant à la France, elle donne encore des leçons de morale sans effet. Lien vers l’article

Perspective 2019

Le dérèglement stratégique observé en 2018 devrait se poursuivre même si l’essentiel de la sécurité de la France se jouera d’abord sur la scène intérieure avec la refonte du projet politique actuel et la reconstitution d’une base commune avec des voisins eux-mêmes fragilisés. La marche du monde devrait prendre un tour plus régional et la gouvernance mondiale continuer à se détériorer. Lien vers l’article

Lorgnette : Fraternité

Dans la trilogie de la devise républicaine, la fraternité apparaît comme le parent pauvre. On lui a toujours préféré les deux autres : la dynamique de la liberté, symbole de l’accomplissement individuel et collectif et la vertu de l’égalité, immémoriale exigence de justice. Entre ces deux autres vedettes de la République, la fraternité a bien souvent été à l’étroit. C’est qu’avec la dimension divine qui la sous-tend, elle paraissait suspecte à ceux qui récusaient la paternité d’un Dieu éternel instituant des frères humains. Pour éviter cette récupération elle fut ritualisée par des maçons protecteurs.

Elle s’est pourtant prudemment réfugiée et épanouie dans les circuits associatifs, les clubs sportifs, les cercles de loisirs et d’amitié, que sais-je. Les armées en ont fait une vertu collective et un usage méthodique, celui de la fraternité d’armes.

Mais c’est elle qui a surgi avec force des rassemblements de Gilets jaunes, c’est elle qui a fleuri sur les ronds-points ; c’est elle qui constitue la bonne surprise et la vraie valeur de cette rébellion citoyenne. Comme si la France en avait été trop privée par une technostructure anonyme. Il reste à la diffuser largement pour faire de 2019 une belle année pour la France.

A tous, nous vous souhaitons une excellente année 2019, pleine de joie et de vitalité.

JDOK

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Perspective 2019 (LV 108)

Le dérèglement stratégique observé en 2018 devrait se poursuivre même si l’essentiel de la sécurité de la France se jouera d’abord sur la scène intérieure avec la refonte du projet politique actuel et la reconstitution d’une base commune avec des voisins eux-mêmes fragilisés. La marche du monde devrait prendre un tour plus régional et la gouvernance mondiale continuer à se détériorer.

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Dossier stratégique n°10 : A la recherche de la stratégie perdue

Comme promis, voici notre quatrième dossier de l’année. Nous les désignons désormais sous le nom de “dossier stratégique” et non plus “étude stratégique”, expression réservée à nos clients. Ce dossier revient sur la politique étrangère de la France et sa stratégie, décevante.

Alors que le jeu de poker de l’administration Trump s’est développé en Iran et en Corée, alors que la crise européenne s’est amplifiée avec la perspective d’élections européennes critiques en 2019, alors que Russie et Chine font cause commune dans de nombreux domaines stratégiques, il est bon de se demander où en est l’action extérieure de la France et comment elle s’est comportée pour défendre ses intérêts et contribuer à la marche de l’histoire depuis le début de l’année 2018.

Au fil de la plume et de multiples événements à portée stratégique, on verra la complexité des réalités auxquelles la France doit faire face et sa difficulté persistante à définir une grande stratégie qui lui serve de fil directeur à l’extérieur et qui la renforce à l’intérieur. On restera donc assez réservé sur le cours des engagements de la France et on regrettera le flottement de ses priorités, la place excessive donnée au verbe et sa bien modeste créativité stratégique dans le sillage d’un cercle occidental qui s’est décomposé.

Bonne lecture JDOK

Sommaire

La politique étrangère de la France

  • Trompe-l’œil (31 I 18)                                                          2
  • 18 mois de politique étrangère (18 XII 18)                      5
  • La revanche des profondeurs (6 VI 18)                            8

Quelle stratégie ?

  • Cercles vicieux stratégiques (12 IX 18)                            11
  • Un rapport de force, ça se construit (4 VII 18)              14
  • Stratégie : vacance ou vacuité ? (18 VII 18)                    17
  • La désescalade comme grande stratégie (28 II 18)       20
  • Code génétique stratégique (26 IX 18)                            23

Crédit photo :CHAMPARDENNAISAXONAIS on Foter.com / CC BY-ND

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Assises de la recherche stratégique : Dissuasions (avec La Vigie)

La dissuasion est une notion ancienne que l’ère nucléaire a rendue incontournable dans les analyses stratégiques. La dynamique des conflits, les calculs stratégiques du XXème siècle ne peuvent être appréhendés en omettant le paradigme nucléaire. Au moment où de nouvelles polarités bouleversent la scène stratégique internationale, alors qu’émergent des menaces hybrides, que se structurent d’autres types de conflits, notamment dans l’espace Cyber, la question de l’articulation de la dissuasion nucléaire avec l’environnement géostratégique global est posée. Dans un monde sans bloc, dans un contexte de guerres civiles ou de conflits régionaux, comment la dissuasion peut-elle encore jouer son rôle d’équilibre ? De quoi la dissuasion dissuade-t-elle ? N’assistons-nous pas à une prolifération des formes de dissuasion ? Dissuasion ou dissuasions ?
Des interrogations qui seront abordées lors de nos prochaines Assises nationales de la recherche stratégique, le 06 décembre à l’Ecole militaire. Les inscriptions sont encore possibles, avant leur imminente clôture !

La Vigie, partenaire du CSFRS, y participera puisqu’elle modérera la dernière table-ronde, sur la contestation de l’ordre nucléaire, avec notamment MM. Eric DANON (MEAE), Corentin BRUSTLEIN (IFRI), Jean-Marie COLIN (ICAN FRANCE) et Mme Tiphaine de CHAMPCHESNEL (IRSEM), juste avant l’intervention de clôture du CEMA, le GA F. Lecointre.

Au plaisir de vous y rencontrer. D’ici là, vous pouvez relire notre dernier article sur la question, “La dissuasion contestée”, paru dans le numéro 103 et que vous pouvez lire en lecture gratuite ici.

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La Vigie n° 105 : Isolat Britannique | Finir les guerres | Lorgnette : Cyberpaix

Lettre La Vigie n°104- 21 novembre 2018. Nouvelle procédure !

Isolat britannique

Le Brexit aura peut-être lieu. Il manifeste tout d’abord une représentation britannique du destin commun, finalement différente de l’habituelle préférence pour le grand large énoncée par Churchill. Il y a un exceptionnalisme britannique et surtout une fierté de l’histoire anglaise au XXe siècle qui expliquent en grande partie la décision du Brexit. Notons que cette décision réveille des questions régionales compliquées (Écosse, Irlande du Nord) mais que Londres devrait trouver les moyens d’alliances fluides, peut-être plus adaptées au XXIe siècle. Le départ du Royaume-Uni n’ouvre pas la porte à d’importants développements en termes d’Europe de la défense et Paris aura intérêt à conserver l’entente cordiale qui a réussi il y a un siècle aux deux vieilles nations.

Lien vers Isolat britannique

Finir les Guerres

Voici un retour sur quelques guerres récentes menées par la France dont les conclusions l’ont marqué profondément ou qui ont mal fini pour n’avoir pas su établir de vraies paix durables: les deux guerres mondiales, la guerre d’Algérie, la guerre froide, les opérations au Mali.

Lien vers Finir les guerres

Lorgnette : cyberpaix

Lors du Forum de Paris, au lendemain du 11 novembre 2018, le Président de la République a proposé un accord mondial de cybersécurité. Ce pacte a réuni les signatures de 51 pays, 224 entreprises et 92 ONG. Voici donc un nouveau champ stratégique, le cyberespace. Il est entré dans nos vies de multiples façons (LV 83) et il défie bien de nos habitudes, notamment dans la gestion politique des affaires de la cité. Logiquement, les méthodes habituelles ne suffisent plus. On peut alors se féliciter de cette ambition mondiale et surtout de la diversité des signataires, qui signifie une nouvelle approche de la régulation publique.

Mais on peut trouver le texte bien léger et peu exécutoire (pour de multiples raisons). Constatons plutôt que d’emblée, son utilité est mise en doute : ainsi, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Iran, Israël et la Corée du Nord n’ont pas signé l’accord. Il s’agit non seulement de pays parmi les plus puissants dans le cyberespace (notamment les États-Unis et la Chine) mais surtout des pays qui sont tous fortement mêlés à toutes les attaques des dernières décennies dans le cyberespace. Cela réduit d’autant la portée de ce pacte cyber !

JDOK

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Source :(Mick Baker)rooster on Visualhunt / CC BY-ND