La marche du monde: typologie des fractures et fissures en Amérique et en Europe en 2021

Nous sommes heureux de publier cet article fouillé, proposés par Jean Dufourcq qu’on ne présente plus et Pierre Laroque, X, ancien de Stanford et consultant énergie, est un observateur averti de la démocratie aux États-Unis où il réside. Merci à eux. LV

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  • Redémarrer, autrement ?

La pandémie du Sras-Cov2 qui sévit sur toute la planète a provoqué une panne générale dans la dynamique des sociétés et révélé des mouvements de fond occultés par la course effrénée au progrès qui sévissait jusque-là. Car un peu partout, les peuples en mouvement questionnent les projets qui les unissent et les structures qui les administrent. Ils disent leur volonté de reprendre la main sur leurs gouvernants.

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La Vigie n° 159 : De la démocratie en Amérique | Grozny la nouvelle | Lorgnette : Ciel fermé

Lettre de La Vigie datée du 20 janvier 2021

De la démocratie en Amérique

Les événements du 6 janvier à Washington marquent une émotion populaire, incontestablement séditieuse même si elle ne peut être décrite de coup d’État. Elle confirme la profonde division américaine entre radicaux des deux camps. Elle est aussi l’occasion d’une censure par les grands réseaux sociaux qui interroge leur place dans le dispositif démocratique. Une lourde tâche attend Joe Biden.

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Grozny la nouvelle

La Tchétchénie ne fait plus la une des journaux depuis une quinzaine d’années: pourtant, que s’est-il passé pour que des Tchétchènes combattent des Tchétchènes en Syrie, les uns aux côtés des Russes, les autres de l’EI ? Aujourd’hui, constatons cependant la maîtrise russe qui a repris le contrôle de son espace ciscaucasien.

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Lorgnette : Ciel fermé

La Russie a déclaré le 15 janvier se retirer du traité Ciel Ouvert, signé en 2002, qui permettait le droit de conduire et l’obligation d’accepter des vols d’observation au-dessus [du] territoire de l’autre partie pour vérifier les activités et installations militaires. Les États-Unis de D. Trump s’en étaient retirés unilatéralement en novembre dernier (LV 143) au grand dam des alliés européens ; Ceux-ci n’ont pourtant pas voulu accéder aux demandes de Moscou, à savoir de ne pas transférer à Washington leurs observations. Les États-Unis s’étaient déjà retirés unilatéralement du traité FNI (LV 112).

Avec Ciel ouvert se termine l’ère des Mesures de confiance et de stabilité qui avaient irrigué le dialogue international depuis les années 1970. C’est tout le système du contrôle et de la maîtrise des armements qui disparaît : il ne reste plus que le traité New Start (maîtrise des arsenaux nucléaires) qui échoie le 5 février prochain.

Le calendrier est important : alors que Joe Biden prendra les commandes de la Maison Blanche le 20 janvier, l’annonce russe constitue une pression diplomatique pour prolonger New Start tout en affirmant sa résolution dans la négociation à venir.

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De la démocratie en Amérique (LV 159)

Les événements du 6 janvier à Washington marquent une émotion populaire, incontestablement séditieuse même si elle ne peut être décrite de coup d’État. Elle confirme la profonde division américaine entre radicaux des deux camps. Elle est aussi l’occasion d’une censure par les grands réseaux sociaux qui interroge leur place dans le dispositif démocratique. Une lourde tâche attend Joe Biden.

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La Vigie n° 153 : Le dilemme du stratégiste | Répression du terrorisme | Lorgnette : élections en Bolivie

Lettre de La Vigie n° 153 du 28 octobre 2020

Le dilemme du stratégiste

Le dilemme du stratégiste en cette fin d’année hors norme est à la fois de préserver la personnalité stratégique de la France et d’accepter de nouvelles règles d’un jeu complexe dont elle n’a pas les clés. Pour cela il faut d’abord tenter de désencombrer sa posture stratégique d’un grand nombre de biais implicites et d’enrôlements pervers qui fragilisent sa pertinence et la rendent souvent illisible.

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Répression du terrorisme

A la suite des deux derniers attentats, constatons que la colère monte en France. Constatons que nous faisons face à un terrorisme domestique qui n’est pas le fait de tous les musulmans français, mais d’une partie seulement d’entre eux, soutenue d’ailleurs aussi bien par des alliés tacites intérieurs que par des soutiens extérieurs. Désormais, le temps n’est plus à l’esquive de ce conflit intérieur. Avant de parler encore (une fois encore) de durcissement des lois, il faut que les autorités aient de l’autorité et appliquent fermement celles qui existent afin de renverser le rapport de force qui nous est imposé. Il n’est que temps.

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Lorgnette : élections en Bolivie

Les récentes élections générales en Bolivie ont donné une très large majorité au candidat de gauche Luis Arce avec 55 % des voix dès le 1er tour. Ce scrutin intervenait après la crise institutionnelle de 2019 qui avait vu le départ controversé d’Evo Morales. Rappelons que ce dernier avait gagné le premier tour des élections de 2019 (avec 47 % des voix) mais qu’il y avait eu un débat sur la tenue d’un second tour. Des manifestations d’une part, un conseil de l’Organisation des États Américains d’autre part, avaient incité l’armée à abandonner Evo Morales qui avait dû prendre l’exil.

Constatons que le parti d’E. Morales a donc gagné deux fois de suite les élections et que les accusations d’irrégularité de 2019 ont peut-être (?) été excessives. Cela permet de relativiser les accusations d’autoritarisme qui avaient fleuri à l’époque. Accessoirement, on s’aperçoit que la communauté internationale ne fait pas toujours des choix heureux en Amérique Latine, qu’il s’agisse du soutien à Luis Guaidó au Vénézuéla ou l’opposition à Morales en Bolivie. Que cela plaise ou non, la gauche y demeure bien soutenue et les interférences extérieures n’y peuvent pas grand-chose dans la durée.

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La Vigie n° 151 : Repli derrière le mur | Que nous dit l’Amérique ? | Lorgnette : Haut-Kharabakh

Lettre de La Vigie n° 151 du 30 septembre 2020

Repli derrière le mur

La construction des murs s’accélère dans ce monde. Pourtant, ce mode d’action tactique n’a jamais su, de manière structurelle, contribuer à une action stratégique durable. De même il reflète un repli sur soi et une peur de l’autre alors que nous avons justement besoin de dialectique.

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Que nous dit l’Amérique ?

La campagne électorale américaine est particulièrement anormale : non seulement à cause du Covid mais aussi parce qu’elle démontre l’affrontement, bloc à bloc de deux Amériques irréconciliables et prêtes à en découdre, refusant par avance la victoire de l’autre camp. Au-delà de la disparition du ciment WASP, c’est une conception de la modernité qui s’éloigne. Ce numéro de La Vigie s’interroge enfin sur les conséquences de la victoire de D. Trump ou de celle de J. Biden : dans les deux cas, les perspectives ne sont pas fameuses.

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Lorgnette : Haut-Karabakh

Faut-il être surpris de la reprise des combats au Haut-Karabakh, cette enclave arménienne en Azerbaïdjan ? Non. Tout d’abord parce que la dispute est ancestrale et qu’on ne voit pas de solution négociée à ce conflit. D’ailleurs, les éclats de ces derniers jours semblent orchestrés plus pour des raisons intérieures du côté de Bakou que par la volonté de reprendre le contrôle militaire de ce territoire. Il reste que les canons ont parlé et que certains s’en alarment.

Rappelons ici qu’un conflit gelé ne signifie pas un conflit éteint : le gel signifie seulement qu’il ne dégénère pas, mais qu’il est en revanche entretenu, à coup d’escarmouches plus ou moins bruyantes ou meurtrières. À cette aune, la bataille de ces derniers jours serait normale.

Pour autant, elle détonne par rapport à la politique habile de l’Azerbaïdjan (LV 134). Les deux grands parrains de la région, Russie et Iran, devraient rapidement signifier à Bakou la fin de l’épisode. Mais c’est compter sans l’activisme turc dont on se demande ici ce qu’il poursuit : dans le jeu à plusieurs bandes de l’Orient compliqué, il ne s’agit probablement pas de la Transcaucasie mais plus probablement d’un message à l’endroit de Moscou et Téhéran.

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Que nous dit l’Amérique ? (LV 151)

La campagne électorale américaine est particulièrement anormale : non seulement à cause du Covid mais aussi parce qu’elle démontre l’affrontement, bloc à bloc de deux Amériques irréconciliables et prêtes à en découdre, refusant par avance la victoire de l’autre camp. Au-delà de la disparition du ciment WASP, c’est une conception de la modernité qui s’éloigne. Ce numéro de La Vigie s’interroge enfin sur les conséquences de la victoire de D. Trump ou de celle de J. Biden : dans les deux cas, les perspectives ne sont pas fameuses.

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La Vigie n° 140 : Coronacrise : récession stratégique ? | Covid en Amérique : la bascule ? | Lorgnette : trêve au Yémen

Lettre de La Vigie du 15 avril 2020

Coronacrise : récession stratégique ?

Quelques pistes de réflexions et d’attente pour la France et l’Europe pour parer à une forme de récession stratégique de la planète et s’affranchir de quelques impasses probables. Le monde d’après la coronacrise reste encore indéterminé pour quelque temps.

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Covid en Amérique : la bascule

L’Amérique est désormais l’épicentre de la pandémie mondiale avec des chiffres exceptionnels qui confirment qu’elle demeure le pays de tous les extrêmes. Les conséquences politiques, économiques, militaires et diplomatiques sont d’ores et déjà nombreuses. Pourtant, cette crise accélère le tournant déjà entamé en ce XXIe siècle, celui de la sortie de la centralité américaine.

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Lorgnette : trêve au Yémen

La coronacrise précipite les événements. Par une ruse de l’histoire, voici que la pandémie qui frappe les familles royales d’Arabie Séoudite provoque à Riyad une évolution notable : celle d’arrêter les frais au Yémen.

Chacun sait que cette guerre a été ordonnée par l’impétueux Mohamed ben Salman qui croyait pouvoir résoudre facilement et par la force l’imbroglio yéménite. Ce conflit qui dure depuis 2015 a suscité l’intervention d’une coalition séoudienne. Elle n’a jamais réussi à atteindre ses objectifs, notamment celui de chasser les houthistes de leurs positions au nord du pays : le conflit a fait plus de 110.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire du moment.

C’est pourquoi le Royaume a offert un cessez-le-feu la semaine dernière, rejeté par les houthis qui n’ont jamais cru aux offres séoudiennes et qui sont en passe de reprendre la province de Marib. Ils sont en position de force et de facto, l’Arabie constate qu’elle a perdu la guerre. L’enjeu est de savoir comment solder les comptes et gérer les relations avec l’Iran. Mais un premier cas de Covid 19 au Yémen risque d’accélérer les choses et de pousser les Séoudiens à se retirer unilatéralement.

JOCV

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Covid en Amérique : la bascule (LV 140)

L’Amérique est désormais l’épicentre de la pandémie mondiale avec des chiffres exceptionnels qui confirment qu’elle demeure le pays de tous les extrêmes. Les conséquences politiques, économiques, militaires et diplomatiques sont d’ores et déjà nombreuses. Pourtant, cette crise accélère le tournant déjà entamé en ce XXIe siècle, celui de la sortie de la centralité américaine.

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L’incroyable Mr Trump (LV 127)

la scène politique américaine est secouée, depuis plusieurs semaines par des affaires trouvant leur origine dans la politique étrangère du pays : ici “l’affaire ukrainienne”, là l’offensive turque dans le nord de la Syrie. A chaque fois, une initiative du président Trump qui suscite le tumulte à l’intérieur : une procédure de destitution est ainsi lancée tandis que le parti Républicain s’émeut fortement de la trahison envers les Kurdes. Nul ne sait encore s’il s’agit d’un tournant mais ces événements manifestent la profonde méfiance que suscitent désormais des États-Unis, écartelés entre leur intérêts et leurs valeurs.

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La Vigie n° 121 : Il n’y a pas de cyberguerre | L’équation de la stratégie | Lorgnette: Désescalade

Lettre de la Vigie du 3 juillet 2019

Il n’y a pas de cyberguerre

L’expression cyberguerre sonne bien et est régulièrement employée par beaucoup : Pourtant, elle est fausse, ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait pas une cyberconflictualité latente marquée par l’opposition de tous contre tous. Par ailleurs, la guerre n’ignore le cyberespace car il y a au contraire beaucoup de cyber dans la conduite de la guerre et des opérations militaires.

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L’équation de la stratégie

La grande stratégie est l’art des combinaisons. L’équation de la stratégie de la France est simple à énoncer, mélange de défense d’intérêts, d’exercice de responsabilités, de valeurs assumées, d’atouts valorisés et de faiblesses compensées. Dans la friche stratégique actuelle elle est difficile à établir, notamment en présence d’une profonde crise européenne et d’une panne de multilatéralisme.

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Lorgnette : désescalade

Entre Iran et États-Unis, le torchon brûle depuis des semaines et les observateurs peinent à décoder les discours menaçants, les invectives vengeresses et les déclarations provocatrices. On notera que l’initiative de la dérégulation vient de Washington depuis deux ans, d’un président qui jette aux orties l’Accord de Paris, le JCPoA iranien, le traité FNI et tout dispositif multilatéral qui amoindrirait la position de force à partir de laquelle il veut restaurer la prédominance des intérêts américains dans le monde. On a noté avec intérêt que le clan des Européens était resté uni dans la préservation de cet accord avec l’Iran et qu’il s’est engagé dans une résistance résolue à la position américaine. L’Occident n’est plus ici qu’une fiction, les intérêts et les méthodes divergent.

Restent deux pays bien embarrassés qui tentent de s’entremettre avec des atouts pour le faire, le Japon et la France, dont les analyses stratégiques convergent de mieux en mieux, notamment sur les questions maritimes. Lors du dernier G20, bien décevant par ailleurs, ils ont été des artisans de la désescalade.

La désescalade, voilà bien la grande stratégie dont la France doit être l’artisan inlassable dans le monde (LV 89).

JDOK

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