La Vigie n° 169 (Gratuit) : Qu’est-ce que la France ? | Garder le bon cap | Lorgnette : Tchüss, Angèle !

Lettre de la Vigie en date du 9 juin 2021

Qu’est-ce que la France ?

Dire la France est aujourd’hui beaucoup moins évident et partagé qu’hier. De nombreux hiatus existent, entre générations, entre populations. Au-delà, c’est une compréhension commune de la géographie, de l’histoire et de l’État, ces trois piliers de la personne France, qui semble ne plus être partagée. En prendre conscience est indispensable avant de lancer tout projet de grande stratégie.

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Garder le bon cap

Dans une situation stratégique aussi fluide, comment garder le bon cap ? Comment conduire une manœuvre efficace ? Comment se débarrasser de biais stratégiques intempestifs ? De l’Europe à l’Afrique, la pratique est difficile, les difficultés se suivent et se ressemblent.

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Lorgnette : Tchüss, Angèle

Angela Merkel quitte le pouvoir : nous ne la regretterons pas. Cette politicienne au sang froid savait tuer ses rivaux politiques. Excellente pour arriver au pouvoir et s’y maintenir, mais ô combien décevante depuis qu’elle y régnait. Certes, son côté mesuré, nuancé et « comme il faut » a plu au notable français, impressionné par cette retenue germanique qu’il prend pour de la saine rigueur. Et pourtant… elle a systématiquement décidé tard, prenant toujours le temps de laisser se pourrir les situations avant de se prononcer, du bout des lèvres. Les quelques fois où elle s’est laissé guider par l’instinct, ce fut catastrophique : que ce soit la décision d’arrêter le nucléaire après Fukushima ou celle d’accueillir un million de migrants au cœur de l’été 2015.

Bien sûr, sa politique n’est peut-être pas néfaste pour l’Allemagne dont elle a su toujours préserver les intérêts de court terme et l’idéal de petit rentier satisfait et vieillissant. À l’extérieur, ce fut pire. On la présente comme pro européenne : ce fut la plus germanolâtre des dirigeants allemands depuis la guerre. Pire : Pas un dirigeant français pour s’en apercevoir.

Tschüss Angèle, tu ne nous manqueras pas.

JOCV

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Qu’est-ce que la France ? (LV 169) – gratuit

Dire la France est aujourd’hui beaucoup moins évident et partagé qu’hier. De nombreux hiatus existent, entre générations, entre populations. Au-delà, c’est une compréhension commune de la géographie, de l’histoire et de l’État, ces trois piliers de la personne France, qui semble ne plus être partagée. En prendre conscience est indispensable avant de lancer tout projet de grande stratégie.

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La Vigie 167 : Les fronts sécuritaires français | La Haute intensité | Lorgnette : Abandon afghan

Lettre de La Vigie datée du 12 mai 2021

Les fronts sécuritaires français

De tous les fronts dans lesquels la France est engagée en cette période de pandémie persistance, l’un fait exception, celui de la sécurité intérieure. Fatalité, défi, transition ou menace ? Des militaires s’en inquiètent et le disent. La Vigie qui s’est régulièrement saisie de cette question se souvient. Si le pays se rassemble pour faire face collectivement, alors le ciblage avéré de la France par l’islamisme sera mis en échec sans que les forces armées aient à intervenir pour garantir l’ordre public.

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La haute intensité

Les chefs d’état-major parlent désormais de guerre de haute intensité à laquelle il faudrait se préparer à nouveau. Pourtant, celle-ci paraît peu probable, aussi bien pour des raisons stratégiques que géopolitiques. Les chefs militaires le savent parfaitement mais insistent malgré tout, pour des raisons certes valables mais indirectes. Il reste que d’autres champs, sous le seuil, méritent une très grande attention. Il ne faudrait pas que la haute intensité les fasse oublier.

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Lorgnette : Abandon afghan

La décision du président Biden de retirer les troupes américaines d’Afghanistan est logique. Elle avait tenté B. Obama comme D. Trump : prendre ses pertes, constater qu’on n’a pas rempli la mission et que les objectifs poursuivis depuis vingt ans ne sont pas atteints. Souvenez-vous, lors de la conférence de Bonn en 2001, la communauté internationale s’engageait à accompagner l’Afghanistan dans une transition démocratique vers la prospérité. Si des progrès en éducation et même en économie ont été réalisés, constatons que les taliban ont gagné, grâce au soutien du Pakistan voisin, devenu le véritable parrain islamiste de la région, avec le soutien de la Chine.

Quel avenir dès lors ? L’actuel gouvernement afghan a du souci à se faire car il sera probablement chassé assez vite. Les autres voisins tenteront de préserver le désordre : au nord (pays d’Asie centrale et au-delà Russie), à l’ouest (Iran) et au sud (Inde). Mais il est probable que le pays redeviendra un épicentre du djihadisme international, abandonné aux « barbares ». Le parrain pakistanais et le grand frère chinois seront-ils assez forts pour contrôler Kaboul ? Rien n’est moins sûr.

JOCV

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Les fronts sécuritaires français (LV 167)

De tous les fronts dans lesquels la France est engagée en cette période de pandémie persistance, l’un fait exception, celui de la sécurité intérieure. Fatalité, défi, transition ou menace ? Des militaires s’en inquiètent et le disent. La Vigie qui s’est régulièrement saisie de cette question se souvient. Si le pays se rassemble pour faire face collectivement, alors le ciblage avéré de la France par l’islamisme sera mis en échec sans que les forces armées aient à intervenir pour garantir l’ordre public.

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La Vigie n° 166 : Fin de l’État ? | Posture stratégique de l’Italie | Lorgnette : Domino tchadien

Lettre de La Vigie datée du 28 avril 2021

Fin de l’État ?

Il nous semble évident de vivre dans un État. Pourtant, l’organisation étatique moderne est le résultat d’un long processus et l’État de droit contemporain n’est pas une constante. Aujourd’hui, les États sont remis en cause par divers moyens, ce qui les fragilise et décrédibilise. Comment dès lors renforcer la légitimité de l’État ?

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Posture stratégique de l’Italie

L’Italie contemporaine, héritière de trois Rome, est fondamentalement méditerranéenne et existentiellement européenne. Ces déterminants ne l’empêchent pas d’avoir une alliance très profonde avec les États-Unis tout en conservant une relation spéciale avec la Russie. En Europe, elle entretient une relation compliquée avec l’Allemagne, fruit d’une expérience multiséculaire. Le Brexit provoquant une remise à jour des équilibres européens, la période est favorable à un rapprochement entre Paris et Rome, malgré les frictions récentes et pour peu que la France oublie sa condescendance.

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Lorgnette : Domino tchadien

La mort violente (dans des circonstances troubles) d’Idriss Déby, le président tchadien, constitue un tremblement de terre géopolitique. Il est d’abord intérieur car en bon despote, il n’avait pas préparé sa succession. Sans même parler de la représentation des aspirations populaires, son système aura du mal à se perpétuer et devrait relancer les rivalités entre clans. Rappelons que la conquête du pouvoir s’est toujours faite par les armes, notamment par les tribus du Nord.

Mais c’est surtout l’équilibre régional et le dispositif sécuritaire français qui sont fragilisés. Dans le dispositif militaire laissé en Afrique après la Guerre froide, N’Djamena a toujours occupé une place de choix grâce à sa position centrale. Elle s’est plus que jamais renforcée à la suite des troubles dans la bande sahélo-saharienne qui se succèdent depuis une décennie et notamment de l’intervention au Mali. Rappelons que le PC de l’opération Barkhane est justement situé à N’Djamena et que les troupes tchadiennes étaient les seules efficaces du G5 Sahel sur lequel Paris fonde tant d’espoir. Par effet de domino, tous les pays de la région peuvent désormais chuter. C’est une mauvaise nouvelle.

JOCV

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Fin de l’État ? (LV 166)

Il nous semble évident de vivre dans un État. Pourtant, l’organisation étatique moderne est le résultat d’un long processus et l’État de droit contemporain n’est pas une constante. Aujourd’hui, les États sont remis en cause par divers moyens, ce qui les fragilise et décrédibilise. Comment dès lors renforcer la légitimité de l’État ?

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Sahel : juste avant les décombres (LV 131)

Les motifs avancés par les uns (intérêts économiques) ou les autres (lutte contre le terrorisme) peinent à convaincre de la stratégie française au Sahel. Du coup, parce que nous définissons mal l’ennemi, nous piétinons, sachant que les autorités de la région n’ont pas les mêmes priorités que la France. Cette addition de mauvaises perceptions, de faux semblants, de mauvais calculs et de quiproquos entrave beaucoup d’initiatives. Il est temps de reposer un vrai diagnostic et de repartir du bas.

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La Vigie n° 122 : Parias et États | Sous les seuils stratégiques | Lorgnette : au Kosovo

Lettre de La Vigie du 17 juillet 2019

Parias et États

La conflictualité actuelle résulte bien souvent de l’incapacité de la société internationale à permettre à des communautés de s’ériger en États viables et stables. La raison est à en rechercher dans la dislocation des systèmes d’empire qui laissent des peuples orphelins, dans la diversification peu cohérente du droit international et dans la mutation des acteurs internationaux. Pour réguler les tensions de la planète, il faut offrir à tous la perspective de l’État dont ils ont besoin.

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Sous les seuils stratégiques

La notion de seuil est bien connue des stratégistes depuis la mise au point de la dissuasion nucléaire. En dessous du seuil, nous vivrions sous le règne d’une guerre conventionnelle. Pourtant, dans le monde de l’après après-guerre froide, cette catégorie peine à expliquer tous les conflits que l’on a connus depuis trente ans et surtout, la conflictualité latente mais intense du monde contemporain. Il faut donc déterminer un nouveau seuil, bien en-dessous du seuil nucléaire : il permet de mieux comprendre les conflits du moment.

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Lorgnette : Au Kosovo

Il devait y avoir un sommet de Paris, début juillet, entre Serbie, Kosovo, Allemagne et France. Il fut annulé. Les diplomates espéraient arriver à la résolution d’un différend politique qui traîne depuis vingt ans : celui de la séparation du Kosovo de la Serbie. Il y eut un conflit, une opération de l’OTAN et depuis, les choses se sont calmées : l’heure est venue à la négociation.

On en connaît les principes, puisque Belgrade comme Pristina sont d’accord pour procéder à des échanges de territoire. Cette pratique ancestrale semble pourtant extrêmement compliquée à réaliser.

La première raison en est l’opinion publique, qu’elle soit serbe ou kosovienne. Pourtant, une préparation médiatique préalable devrait réussir à dépasser l’obstacle. Ensuite, les deux capitales ont adopté récemment des mesures de blocage qu’il faudra lever pour permettre la discussion : ultime posture de fermeté avant la négociation, ou raidissement durable ? À voir. Enfin, l’Allemagne n’est pas très favorable au principe d’échanges de territoires. C’est le plus gênant, car elle introduit là un principe d’intangibilité des frontières qui est pernicieux et contreproductif.

Laissons donc la place aux diplomates…

JDOK

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La Vigie 99 -1er août 2018 : Mali, l’entre-deux – La Russie réinvestit l’Égypte – Lorgnette : Échéances planète

Lettre La Vigie n°99 – 1er août 2018 Abonné? directement la lettre en cliquant sur ce lien!

Mali, l’entre-deux

Vu de France, le Mali pose d’abord une question sécuritaire. Malheureusement, cette perception empêche de voir les réalités géographiques et politiques plus complexes que la seule “lutte contre le terrorisme”, slogan maladroit qui justifie notre action. Car la question malienne (et au-delà, régionale, au Sahara comme au Sahel qui obéissent d’ailleurs à des logiques différentes) est d’abord celle de l’organisation étatique. Pourtant, quelques facteurs d’optimisme sont là qu’il faudrait renforcer afin que le succès militaire “en premier” soit poursuivi par une action politique et économique “en second”..

 

La Russie réinvestit l’Égypte

La Russie qui prospecte d’anciennes positions soviétiques se réinstalle progressivement le long de la grande artère maritime qui relie la Mer du Nord à l’océan Indien. Ce faisant elle trouve dans l’Égypte du président Sissi un partenaire central sensible à son leadership et à ses arguments stratégiques, sécuritaires et économiques. Sa capacité de médiation et son habileté régionale font d’elle l’acteur de la reconstruction stratégique du Levant, un interlocuteur avec lequel la France doit aujourd’hui composer pour retrouver une place dans le jeu.

 

Lorgnette : Échéances planète

JDOK

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Photo crédit : Watsons Wanderings on Visualhunt / CC BY-NC

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En même temps … – Le Cadet (n° 51)

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ». Que retenir de cet apophtegme bien connu ? À monde équivoque, pensée complexe, nous dit le Lacombe Lucien de la géopolitique, niveau Brevet avec mention : il y a ceci et en même temps il y a cela. Précisément, c’est là qu’il faut des idées simples.

Source

Prenons la question palestinienne – on dit « question » quand on veut laisser un problème irrésolu. En vertu d’un principe qu’on datera du Traité de Versailles, les Palestiniens ont droit à un État (ça a été voté en 1947, on oublie toujours de célébrer cette autre moitié de la bouteille). Toujours en vertu du même droit international, les frontières de cet État sont celles dites de 1949-1967. Et l’ONU ne cesse de rappeler depuis la Guerre des Six Jours dans chacune de ses résolutions (on ne les compte même plus) que la prédation et la conquête ne sauraient constituer un mode d’acquisition de territoires. Il faut donc que Tsahal se retire de « Judée » et de « Samarie » et que les colons fassent de même.

Voilà le droit, il dit le bon sens. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? psalmodiaient les Shadoks. Alors nos gouvernements ont décidé de se tirer une balle dans le pied en s’imposant un second objectif : la paix entre les belligérants. On n’avait pas demandé aux Kosovars une protestation d’amour éternel pour leurs voisins serbes, on ne demandera pas aux Québécois d’adopter comme hymne national le Rule Britannia. Pour la Palestine on veut faire deux choses en même temps, qu’on ne fait nulle par ailleurs, au nom d’un Orient supposé compliqué dans un monde qui ne demande pourtant qu’à être simple.

La paix contre les territoires : en français classique, ça s’appelle un piège à cons. C’est une perte de temps et une source de malheurs inutiles, on l’a revu à Gaza. Tout le monde sait que les Palestiniens auront un État dont les frontières sont déjà tracées au décimètre près – lorsque le Cadet visita Jérusalem il y a trente ans, les parpaings et les barbelés couraient encore dans la ville, et un véhicule blanc de l’ONU stationnait Porte de Jaffa. Sinon, le droit est mort. Ensuite, les Palestiniens feront ce qu’ils veulent de leur État, ça les regarde. La guerre est un attribut souverain étatique, ils l’auront, il n’y a aucune raison de les en priver, de faire ce chantage aux territoires qui n’a aucun sens. S’ils veulent en user contre leur puissant voisin, qui sera en état de légitime défense avec ses 350 avions de combat, ses 2 500 chars et ses 100 têtes nucléaires, tant pis pour eux.

Non, ce n’est pas l’Orient qui est compliqué, ni le monde incertain, c’est l’Occident qui ne sait plus faire simple. En même temps, tant pis pour lui.

Le Cadet