American Predator (Le Cadet n° 64)

C’était à l’IRIS il y a quelques années, au cours d’une réunion avec la ministre de la défense équatorienne, jolie dame poétesse qui, après avoir occupé plusieurs postes ministériels et internationaux, est aujourd’hui présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies. Son message était en substance : “ne vous faites aucune illusion, ce que les Etats-Unis ont perdu en puissance y compris militaire, ils vont tenter de le regagner sur le mode de la prédation qui n’épargnera personne. Car il n’y a pas de doux commerce pour l’Amérique, il n’y a que la victoire totale, et l’extraterritorialité de son droit n’est qu’un des instruments d’intrusion et de destruction des autres nations”.

Nous étions avertis, à dire vrai depuis fort longtemps. Un des premiers articles parus sur le sujet chez nos amis de la Revue de Défense Nationale était titré « Le droit en état de guerre », et il date de décembre 2001. On pouvait y lire : « Il est désormais clair que, dans l’optique américaine, le droit n’est qu’un des instruments de mainmise économique, industrielle et financière, acquise elle-même par la puissance militaire… Il ne faut pas se tromper, ce n’est pas le droit américain qui s’impose par la grâce d’une supposée supériorité conceptuelle ou d’une capacité d’adaptation que n’auraient pas les autres systèmes juridiques : ce n’est qu’une volonté de puissance, qui ne cherche plus à limiter ses ambitions ni à les cacher… Les mécanismes juridiques qu’imposent les États-Unis ne sont pas porteurs de droit en tant que tels, mais d’intérêts autour desquels ce droit a été structuré pour lui donner corps. Ce n’est donc pas un problème de droit mais de souveraineté. » Dix-huit ans plus tard, d’aucuns semblent tomber de l’armoire, et cette extraterritorialité est devenue le dernier sujet à la mode dans les revues de géopolitiques et les colloques. Mais c’est dix-huit ans trop tard.

Au commencement du scandale Crédit Lyonnais – Executive Life, un avocat aux barreaux de Paris et New York m’avait dit qu’il n’y avait qu’une manière de bloquer ça : que l’Inspection et la Médecine du travail fassent une descente en force à Eurodisney. Les Américains ne comprennent que le coup de pied au cul. Ainsi pour le dossier Airbus, il faudrait que l’UE annonce d’ores et déjà que, quelque-soit la décision de la FAA, aucun Boeing 737 MAX, avion mal conçu, ne revolera jamais au-dessus de l’Europe.

Et nous serions outre-Atlantique, et une usine de produits dangereux sous capitaux français brûlerait, le Procureur local aurait déjà ouvert une enquête de flagrance, les dirigeants seraient sous les verrous, la comptabilité saisie, les fichiers informatiques décortiqués, les comptes bancaires bloqués si ce n’est pas siphonnés.

C’est ce qu’aurait fait une France héritière de Brennus, le guerrier qui occupa Rome il y a deux mille quatre cents ans, si elle existait encore. Vae Victis !

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Le Cadet, n° 64

La Vigie n° 90 – 14 mars 2018 : Une UE qui se fissure – Une programmation militaire mitigée ?- Vu de la Lorgnette : Détente coréenne

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Lettre n° 89, La Vigie du  14 mars 2018

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Une UE qui se fissure

Malgré un sursaut l’an dernier avec les élections française et allemande, l’Union européenne semble à nouveau présenter des fissures qui s’aggravent. Nonobstant l’affaire Selmayr, constatons que l’ancien clivage entre Vieille Europe et Nouvelle Europe ne paraît plus opérant, comme les récentes élections italiennes l’ont illustré. La relance voulue par la France se heurte à bien des obstacles anciens et identifiés et il n’est pas sûr que Paris et Berlin soient aussi alignés que le rêve le projet européen de la France.

Une programmation militaire mitigée ?

Que penser de cette LPM à cheval sur deux quinquennats ? Si elle réintègre dangereusement le surcoût des OPEX dans le budget des armées, elle se concentre également sur la réparation des principales déficiences d’équipements, augmente le budget de façon progressive et prépare la rénovation des forces stratégiques. Si elle apparaît bien imprudente à certains égards, elle est aussi réaliste à la condition qu’on pratique la retenue stratégique pendant la législature.

Lorgnette :   Détente coréenne

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N° 55 : Amérique : less she can | Couverture nucléaire | Trumperie (Gratuit)

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

lv-55

Amérique : less she can

Les électeurs ont rendu leur verdict : D. Trump a donc été élu au terme d’une campagne électorale hors norme ouvrant un cycle politique nouveau, qui va au-delà du simple renouvellement du POTUS (president of the United States). En effet, le renouvellement profond que l’élection de Barack Obama avait laissé espérer a, d’une certaine façon, déçu. Comme nous l’avons déjà relevé dans ces colonnes, l’Amérique est peu lisible (voir LV 39 « crise ou révolte ? »), traduisant une Amérique incertaine d’elle-même (LV 4, nov. 2014). Sous Obama, le système politique américain s’est largement bloqué et Trump n’a fait que continuer ce que les Républicains avaient déjà pratiqué méthodiquement, c’est-à-dire l’obstruction institutionnelle du processus législatif.  […]

Couverture nucléaire

Dans la donne stratégique actuelle, quel rôle, résiduel ou renforcé, pour nos armes nucléaires ? quels risques majeurs couvrent nos forces nucléaires stratégiques, les FNS ? quel déploiement afficher ? quelle part leur attribuer dans notre effort de défense ? Questions sensibles, nécessaires mais pas taboues à 7 mois d’élections présidentielles. Notons en préambule la malléabilité de la donne nucléaire française. Notre posture nucléaire militaire ne fut guère affectée par le glissement stratégique contrôlé d’une stricte indépendance nationale postulée (1960) à une défense européenne revendiquée (1990) puis à une intégration atlantique pleinement assumée (2010). Cette réassurance ultime voulue dans la filiation de la débâcle de 1940 et de l’échec de Suez de 1956 fut de fait plus un vecteur de liberté d’action stratégique que d’invulnérabilité militaire. C’est en France que fut inventée et théorisée la dissuasion et approfondi un concept alors confondu avec la non-guerre. Pourtant la guerre froide fut une vraie guerre avec une vraie manœuvre nucléaire et se termina par un pat stratégique avec un vaincu, l’URSS[…]

Lorgnette : L’eskadra russe en Méditerranée

p. 7 : Trumperie

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