Bruits de bottes en Asie ? (P. Tran Huu)

Notre expert partenaire, Pascal Tran Huu, nous propose un intéressant billet sur les incidents des mers de Chine. Merci à lui. JDOK

L’Amiral SHI-LANG était un officier sous les dynasties MING et QING.  Comme commandant de la flotte mandchoue, il a conquis l’île de Formose en 1683 et en devint l’un des premiers gouverneurs.  Il est l’un des rares à avoir obtenu un titre de Marquis transmissible héréditairement. (Dans la Chine impériale, les titres de noblesse étaient accordés à une personne, ses descendants devaient faire preuve de mérite pour se voir anoblis de nouveau par l’Empereur).  L’Amiral Shi-Lang a, d’ailleurs, fait l’objet d’une série télévisée en 2006 et de quelques films qui ont eu un énorme succès en Chine continentale mais beaucoup moins à Taïwan…Dans un contexte de regain de nationalisme, il n’est guère étonnant que le premier porte-avion chinois ait reçu, dans un premier temps, le nom de l’amiral avant de devenir le Liaoning.  Le retour de cet amiral impérial dans l’imaginaire collectif chinois permet, par la même occasion, à la Chine de conforter et de justifier sa position en Mer de Chine méridionale ce qui n’est pas sans inquiéter les Etats-Unis et ses alliés. Pour autant, doit-on craindre l’émergence d’un conflit de haute intensité dans les années à venir ?

Source

Il faut, avant tout, (cliquer pour lire la suite) Continue reading “Bruits de bottes en Asie ? (P. Tran Huu)”

La Vigie 88 – Mobilisation citoyenne – Raison économique, raison politique – Lorgnette : Revue de posture

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

Lettre n° 88, La Vigie du 12 février 2018

Mobilisation citoyenne

Le service national universel en cours d’examen se présente comme une courte conscription citoyenne venant clore le parcours de formation civique dispensé par l’Education nationale. Rompant avec la pratique dépassée du service militaire et l’inégalitarisme du service national, il devra préserver aussi la variété des filières citoyennes préparant à la responsabilité civique. Pour renforcer la cohésion du pays et mobiliser la jeunesse sur un même projet républicain, il est souhaitable de privilégier la conscription citoyenne pour tous dans l’année des 18 ans.

Raison économique, raison politique

Depuis les années 1980, nous vivons sous l’empire de la raison économique qui domine incontestablement la raison politique. La mondialisation a d’abord renforcé cette tendance mais nous observons, depuis une dizaine d’années, un lent basculement vers le retour de la raison politique. Voici le vrai clivage contemporain, bien plus que celui entre ouverture ou fermeture, entre libertés et populisme, entre progressistes et conservateurs.

Lorgnette : Revue de posture nucléaire

JDOK

Crédit photo :  Eric Constantineau – www.ericconstantineau.com on Visualhunt /CC BY-NC       

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro (lien) dans la boutique !

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf)

Forces armées africaines, 2016-2017, Laurent Touchard, fiche de lecture

Présentant son ouvrage au cours du « petit-déjeuner Afrique » de l’IRSEM,  le 15 septembre dernier, l’auteur précisa que son travail s’adressait plus aux militaires qu’aux chercheurs. La lecture approfondie du livre aboutit à nuancer ce propos dont le but, en ce début du XXIe siècle, est de rompre avec le cliché et « l’idée reçue selon laquelle les armées africaines seraient invariablement mauvaises » à quelques exceptions près. Rappelant qu’une armée est « un phénomène humain »,  il veut au contraire présenter « les forces africaines dans leur disparité, leur complexité », « leurs contrastes » et leurs succès[1].

Achevé fin 2016, l’ouvrage résulte du croisement de sources ouvertes : textes et  rapports officiels, publications, articles, large sitographie, documents vidéo…et de sources orales suite à des entretiens avec des militaires africains et français ayant été coopérants.

Les armées sont classées par zone géographique selon les regroupements des pays. Tout d’abord, la Capacité régionale d’Afrique du nord puis les trois Communautés économiques[2], la Force Africaine en Attente d’Afrique de l’est et les pays hors FAA.

En ouverture, un tableau présente les « atouts principaux »[3] et les « faiblesses majeures » de chaque armée puis une première partie liste le budget, les effectifs[4], l’organisation et l’inventaire par types de forces : terrestres, aériennes, navales, paramilitaires avec leurs matériels. Voilà qui peut éclairer les militaires. La seconde partie : Analyse s’avère tout aussi instructive pour les militaires et les chercheurs car elle replace chaque armée le plus souvent professionnelle par rapport à sa mission en réponse aux menaces auquel le pays est confronté, à la modernisation de ses matériels, à son organisation et son fonctionnement interne (discipline, chaîne de commandement, formation, entraînement, coopération…) et surtout dans son rapport au pouvoir politique.

Selon ses attentes, le lecteur peut dégager de grands thèmes. Par exemple, celui de la grande diversité de la coopération et de l’origine des matériels, bien étudiées par Aline Leboeuf[5] qui qualifie les armées africaines de « patchwork ». Le cas de l’armée somalienne illustre à l’extrême cette « accumulation de programmes de formation mise en place par des entités internationales, nationales ou privées » avec l’AMISOM[6] dont l’incohérence résulte de « l’absence d’une stratégie claire définie par l’UA » et de l’« une des tares européennes induites par l’absence de véritable diplomatie déterminée  [ …] ». L’auteur  juge durement  l’UE qui  ne sait pas actionner le levier de ses aides financières, contribuant «  indirectement à l’enlisement de l’AMISOM »[7]. A l’instar de la France, les Etats-Unis dont il est coutume de mentionner le désintérêt pour le continent, déploient largement leur coopération. Hormis le dispositif de l’US Africom, ils sont présents par le biais du programme antiterroriste PREACT[8] et du programme ACOTA[9] dont le but est d’améliorer les capacités des pays en matière d’OMP par la formation et l’équipement individuel des contingents.

La multitude des Etats soutenant l’effort militaire des Africains montre combien le continent est stratégique, combien les jeux d’influence des puissances se croisent et même se contredisent sur fond de fortes tensions internationales. Ainsi par sa position géographique, Djibouti bénéficie de « nombreuses amitiés diplomatiques ». Alors que depuis l’indépendance, en 1977, seule la France disposait d’une emprise militaire, face à la menace de la piraterie et du terrorisme, le président Guelleh  a accepté l’installation de bases militaires par le Japon,  les Etats-Unis et la Chine qui veut en faire un hub régional de transit des flux physiques et financiers entre l’Asie et l’Afrique quand Djibouti rêve de devenir le Dubaï de l’Afrique.

Sous l’angle de chaque armée, l’auteur examine toutes les opérations onusiennes en cours. La France en soutient certaines comme la MINUSMA après l’opération Serval puis avec les dispositifs Barkhane et le G5Sahel. Ou bien elle intervient comme ce fut le cas en République centrafricaine[10] avec l’opération Sangaris de décembre 2013 à octobre 2016. Les lecteurs attentifs du livre du général Pierre de Villiers se souviennent de la « fierté » déclarée de l’ancien chef d’Etat-major à propos de cette OPEX[11]. Malgré des moyens insuffisants, elle a évité un génocide ethnique.  Elle a prouvé la maîtrise du feu des soldats français, leur « abnégation » et leur « capacité de faire énormément avec peu »[12], elle les a éprouvés[13] pour aboutir à un fiasco militaire et politique car les décideurs politiques n’ont pas « choisi de soutenir un camp plutôt que l’autre » et ont « imposé à l’armée une tâche d’interposition, synonyme de bourbier » débouchant sur le retrait[14]. Sangaris symbolise « l’instratégie » politique française depuis les réductions budgétaires et d’effectifs menées par les derniers présidents que les grands chefs militaires ont accompagnées. Et que dire du silence du ministère suite aux accusations formulées contre des militaires, basées sur de « faux témoignages formulés contre rémunération »[15].

Laurent Touchard aborde un thème rarement étudié, celui du phénomène guerrier africain. Les coopérations s’échinent à enseigner aux armées africaines, gangrénées par la corruption, le clientélisme et les carences, l’art de la guerre selon les modalités occidentales avec les moyens les plus modernes déployés dans les trois dimensions. Or sur le terrain, il n’est pas rare que les soldats africains perpétuent des pratiques traditionnelles en combattant « dans un désordre absolu », éloigné des principes de planification et d’organisation occidentaux. S’y ajoutent tant du côté des forces gouvernementales que des groupes armés non gouvernementaux, les croyances magiques, la peur des envoûtements et des esprits, le recours aux gris-gris. Autant de façons de galvaniser la communauté des combattants, de souder un groupe[16].

Un livre qui mérite d’être lu d’un trait ou un outil consulté au gré des besoins d’informations sur les armées africaines.

Martine Cuttier

Laurent Touchard, Forces armées africaines, 2016-2017, Edition Laurent Touchard, Amazon, 2017, 600 p.

Voir également le blog de l’auteur.

[1] Préambule, p 11.

[2] La Communauté de développement d’Afrique australe : CDAC, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest : CEDEAO et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale : CEEAC.

[3] Certaines comme la RCA, la Somaliland ou le Soudan du sud n’en ont aucun.

[4] A ce sujet, il aurait été judicieux d’indiquer la population afin d’évaluer le poids des forces armées sur la société. Par exemple, en Erythrée, l’armée regroupe de 2 à 300 000 hommes pour cinq millions d’habitants soit environ 5% de la population ce qui en fait l’un des Etats les plus militarisés du monde, p 510.

Dans son triple numéro de fin d’année 2017, l’hebdomadaire Jeune Afrique publie des Fiches pays pour les 54 Etats africains. Avec les principales données chiffrées, l’analyse de la situation politique peut compléter celle sur les armées.

[5] Aline Leboeuf, Coopérer avec les armées africaines, IFRI, Focus stratégique n° 76, octobre 2017.

[6] African Union Mission in Somalia.

[7] P 580-581.

[8] Partnership for Regional  East Africa Counterterrorism.

[9] Africa Contingency Operations and Training Assistance. Il est financé par le fond Peacekeeping Operation : PKO.

[10] Elle bénéficie de la Mission Multidimensionnelle Intégrée de Stabilisation des Nations-unies en Centrafrique : MINUSCA puis en 2015, de la part de l’UE, de la mission de conseil: European Union Military Advisory Mission en the Central African Republic : EUMAM RCA complétée, en 2016 pour deux ans, par la mission de formation militaire European Training Mission  Central African Republic : EUTM CAR-RCA.

[11] Pierre de Villiers, Servir, Fayard, 2017, 255 p, p 94.

[12] P 345.

[13] Le général de Villiers mentionne que les horreurs et la violence la plus extrême auxquelles furent soumis les soldats sur ce théâtre  provoquèrent le nombre le plus élevé de blessés post-traumatiques. Ibidem p 94.

[14] P 345.

[15] P 346.

[16] P 365.

La Vigie 87 – Du secret et du renseignement – Trompe l’oeil – La lorgnette : Du TNT au TIAN

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

 

Lettre n° 87, La Vigie du 24 janvier 2018

 

Du secret et du renseignement 

Le débat sur les fausses nouvelles porte généralement sur la pertinence des médias et l’inexorable popularité des réseaux sociaux : la quantité surpasserait la qualité. Pourtant, il ne s’agit pas seulement d’une sur-médiatisation qui alternativement révélerait des secrets (Wikileaks et lanceurs d’alerte) ou les protégerait (bobards et complots). La vérité cachée pose la question du secret dans nos sociétés. Est-ce un hasard si le développement effréné des médias est allé de pair avec le rôle croissant des services de renseignement, mais aussi de l’attention portée par les gouvernements à ces “secrets”, d’autant plus savoureux qu’ils étaient plus rares ?

Trompe l’oeil

En passant en revue les récentes déclarations sur notre politique étrangère et les perspectives que portent les voeux aux armées, on devine que l’effort réel entrepris pour dynamiser la posture stratégique de la France porte d’abord sur la méthode et non sur les partis pris antérieurs. Qu’il s’agisse de nos interventions, de notre perspective européenne ou de la dialectique expéditionnaire et de ses retombées domestiques. Au-delà de l’impératif de responsabilité budgétaire, on cherchera les fondements de notre politique de défense et de son apport à la sécurité intérieure. On s’inquiètera de n’avoir pas encore su tirer toutes les leçons de nos engagements stratégiques depuis la fin de la guerre froide.

 

Lorgnette :   Du TNP au TIAN

Crédit photo : Renaud Camus on VisualHunt.com / CC BY

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro (lien) dans la boutique !

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf)

ES n°7 : Fronts de guerre

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

Voici notre première étude stratégique de l’année: De l’Afghanistan au Yémen, de la Syrie au Mali, de multiples fronts de guerre opposent des intérêts de toute nature. La Vigie les a étudiés sous les deux angles géopolitiques et stratégiques. Il nous a paru intéressant de mettre ces textes en perspective, de façon à pouvoir comparer les acteurs et leurs agissements.

Source

On s’aperçoit que plusieurs dynamiques s’entrecroisent : il y a bien sûr la question djihadiste, sous toutes ses formes ; mais elle n’est pas la seule, contrairement à ce qui est couramment seriné dans les médias grand public. Nous discernons aussi d’autres motivations de la part des combattants « rebelles » : trafics et « libération nationale » comptent autant que l’idéologie islamiste radicale, qui sert souvent de paravent commode à des intérêts plus touffus. De l’autre côté, les pouvoirs en place utilisent largement la lutte contre le djihadisme pour faire valoir leurs propres intérêts, que ce soit sur un mode défensif (sauver le régime) ou offensif (faire valoir une position géopolitique). Au fond tous ces conflits ont lieu dans des États qui sont rarement des Nations : mais peut-être la guerre est-elle la forge de ces nations ?

Cette complexité qui apparaît au cas par cas se révèle évidemment en confrontant les cas répertoriés : signe d’un monde plus complexe que les simplifications abusives, signe aussi de la nécessité d’une lecture attentive et distanciée, ce qui est la motivation principale de La Vigie. Bonne lecture (30 p.), JDOK

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro dans la boutique !

Sommaire

Alep, Sanaa, Washington

Après la chute de l’EI

L’avenir de la Syrie

Irak : et maintenant ?

Libye écartelée

Libye, l’horizon s’éclaircit

Afghanistan toujours confus

Yémen, cœur arabique

L’épreuve malienne

Armements américains en Ukraine (M. Boulègue)

Matthieu Boulègue, un de nos partenaires experts, actuellement chercheur à Chatham House, nous adresse ce billet sur une nouvelle discrète à propos de l’Ukraine : celle de la fourniture d’armes défensives par les Etats-Unis. S’agit-il d’un effet de la nouvelle diplomatie trumpienne ou du résultat d’une politique de plus longue haleine ? Nous le remercions pour ces éléments de réponse. JDOK.

La fourniture d’armes létales américaines à l’Ukraine n’a insidieusement rien à voir avec l’Ukraine elle-même…En effet, la fourniture d’armes est le prix du compromis entre les lobbies de la défense, dont la tête de pont est John McCain (R-AZ), et le leadership American sous les présidences d’Obama puis de Trump. 

Source

Continue reading “Armements américains en Ukraine (M. Boulègue)”

N° 86 : Angles morts stratégiques et vulnérabilités françaises – Révoltes : saison 2 ? – Lorgnette : Manoeuvre missilière

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

Lettre n° 86 La Vigie du 17 janvier 2018

Angles morts stratégiques et vulnérabilités 

Quels sont les angles morts de notre défense et de notre sécurité nationale? Assurément, notre dispositif de défense du territoire national, bien qu’imparfait, est toujours à la hauteur de la France. Mais notre posture de sécurité intérieure reste fragilisée par les lacunes conceptuelles d’une stratégie nationale dont la cohérence est insuffisante. Il faut se mettre en capacité non seulement sociale, politique et judiciaire mais aussi militaire d’assurer l’ordre public, indispensable garant de l’Etat de droit.

Révoltes : saison 2 ?

En ce début 2018, deux mouvements populaires affectent l’Iran et la Tunisie. S’ils renvoient apparemment aux troubles précédents (respectivement en 2009 et 2011), ils s’en distinguent par leur nature principalement sociale. Cela signifie surtout que si les systèmes politiques ne sont pas remis en cause, les équilibres intérieurs posent problème, qu’il s’agisse des alliances compliquées à Téhéran ou de la coalition en place à Tunis. L’hypothèse d’un changement de régime est peu probable mais l’absence d’alternative politique intérieure suscitera vraisemblablement d’autres crises similaires.

 

Lorgnette :   Manœuvre missilière

 

Photo crédit :  Amine Ghrabi on Visualhunt.com / CC BY-NC

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro (lien) dans la boutique !

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf)

Comment gagner une guerre perdue ? P. Bellanger

Pierre Bellanger est le PDG de Skyrock. Quelqu’un a priori de très loin des préoccupations de La Vigie. Détrompez vous : il a publié il y a trois ans un livre saisissant,La souveraineté numérique“. Il y  montrait à quel point l’avènement des résogiciels aliénait totalement notre richesse actuelle et future, celle de la maîtrise de la donnée. A l’époque décrié, il a depuis conquis les esprits car peu à peu, après les différentes affaires de perte de contrôle national de nos champions économiques, on s’est peu à peu aperçu qu’il était prophète. Pour vous en rendre compte, voici le texte de sa dernière conférence, prononcée au Ministère des Armées 21 décembre 2017  (nous remercions l’OGTDA ainsi que M. Bellanger de nous autoriser à le publier). Où l’on s’aperçoit que les choses ne se sont pas vraiment améliorées. Et que c’est absolument stratégique de se réveiller. Bonne lecture. JDOK

Nous ne reconnaissons pas les choses d’après ce qu’elles peuvent être en soi, mais seulement telles qu’elles apparaissent. Voilà ce qu’enseignait le philosophe grec Démocrite, il y a 2 500 ans. Nous connaissons le monde objectif par la médiation de nos sens dont la compréhension par notre mental établit une représentation. Schopenhauer, poursuivant cette thèse, réduisit notre connaissance du monde à la seule façon qu’à notre esprit d’en élaborer une reproduction : le monde est ma représentation, écrivait‐il. Et la conjugaison collective de ces représentations individuelles, nous l’appelons la réalité. Mais, entre le réel et notre médiation biologique, formatrice de notre représentation, vient désormais s’intercaler une médiation technologique nouvelle : le réseau numérique. Notre présent passe par l’écran. Notre quotidien n’est plus envisageable sans un terminal mobile à portée de main. La part d’information provenant de cette intermédiation électronique est croissante. Les machines nous donnent les réponses. Cette interface informatique est une nouvelle peau entre le monde et nous, un technoderme, par lequel l’essentiel transite. Parallèlement, le réseau est le nouveau système nerveux : il innerve la ville, le pays, la planète. De notre battement cardiaque au trafic aérien, il capte, collecte, traite et intègre les données. Continue reading “Comment gagner une guerre perdue ? P. Bellanger”

Où va l’Arabie saoudite ? De Al-Saoud à Al-Salman… (Pr. A. Mekkaoui)

De nombreux observateurs occidentaux suivent avec intérêt, et parfois une certaine angoisse, les changements radicaux entrepris par le Prince héritier et nouvel homme fort de l’Arabie saoudite, car le récent tournant majeur opéré dans l’ordre de succession du royaume s’y traduit d’une manière révolutionnaire et rapide.

La famille Al-Saoud va être phagocytée par le clan d’Al-Soudar ; cette dernière se divisera en deux en fondant une nouvelle dynastie héréditaire appelée les Al-Salman. Le mode adelphique a disparu au profit d’un système politique plus ouvert aux composantes de la société saoudienne qui étaient marginalisées depuis la création de ce jeune État de 1932. C’est aussi un glissement risqué à cause de la purge en profondeur d’un système archaïque. De plus l’émergence du Prince Mohamed Ben Salman comme moteur de ce changement radical a été validée par les plus grandes puissances, les États-Unis, la Russie et la Chine.

Arabie saoudite: Mohammed ben SalmaneSource

Depuis janvier 2017, le Prince héritier a lancé trois réformes globales, une restructuration du champ religieux, une réforme en profondeur du système politique et développé une vision économique ambitieuse.

Dans cette perspective, énumérons les principaux chantiers en cours.

Continue reading “Où va l’Arabie saoudite ? De Al-Saoud à Al-Salman… (Pr. A. Mekkaoui)”

N° 85 : Des voeux pour la France – Des clivages qui évoluent – Lorgnette : La Vigie se renouvelle

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

 

Lettre n° 85 La Vigie du 3 janvier 2018

Extrait des articles présents dans cette lettre :

Des voeux pour la France 

Que souhaiter à la France pour sa sécurité en 2018? Que le répit entrevu se propage et qu’elle puisse se tenir à l’abri des effets déstabilisants des cicatrices à vif des empires d’hier en Europe (Ukraine), au Levant (golfe arabo-persique), en Afrique du Nord (Egypte, Libye, Sahel) mais aussi des raids technologiques et financiers, tous belligènes. Qu’elle se garde des braconnages stratégiques multiples qui divisent actuellement la planète et interdisent toute forme de régulation globale. Qu’elle se souvienne en célébrant 1918 des mauvaises paix d’alors pour retrouver une ligne stratégique plus pragmatique en matière d’intégration européenne comme de gouvernance mondiale.

Des clivages qui évoluent

Le monde fait face à une profonde contradiction entre sa mise en mouvement accélérée, pour des raisons économiques et technologiques, et un profond désir de stabilité, de la part des peuples. Ce nouveau clivage vient altérer et compliquer le vieux clivage politique entre droite et gauche, qui a longtemps servi à expliquer la marche du monde. Le choc entre dynamiques internes et bouleversements externes expliquera bien des événements à venir.

Lorgnette :   La Vigie se renouvelle

Nous vous souhaitons une excellente année 2018

JD et OK

Photo crédit : Min Api Emke dessin     

Pour lire les articles en entier, connectez-vous ou achetez le numéro (lien) dans la boutique !

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf)

 

Aline Leboeuf, « Coopérer avec les armées africaines », IFRI, Focus stratégique n° 76, octobre 2017

Martine Cuttier nous propose une lecture de “Coopérer avec les armées africaines“, rédigé par Aline Leboeuf et édité dans la collection des Focus stratégique de l’IFRI. JDOK

Depuis les indépendances, tout en s’adaptant au contexte historique donc  stratégique[1], l’armée française pratique la coopération auprès des armées africaines et particulièrement celles de la zone subsaharienne confrontée à de nouvelles menaces : terrorisme, criminalité, insurrections, piraterie… avec des résultats très discutables. L’auteur tente de dresser un état des lieux de la coopération militaire et de saisir les raisons des piètres performances d’armées[2] le plus souvent professionnelles pourtant très sollicitées et tenues à bout de bras par nombre d’Etats dont la France au titre de la coopération.

cooperer_armees_africaines.jpg

La première partie décrit la diversité de la coopération militaire : les très nombreux acteurs étatiques (p14-20), les rapports au cadre diplomatique (p 21-22), les différents types de conseillers et de coopérants (p 26-27), les formations proposées et les exercices p 23 – 28), le soutien matériel (p29) et l’aide financière (31)[3]. (cliquez pour lire la suite) Continue reading “Aline Leboeuf, « Coopérer avec les armées africaines », IFRI, Focus stratégique n° 76, octobre 2017”

N° 84 bis (gratuit) – 27 décembre 2017 : Le monde a changé – Index 2017 – Lorgnette : S’étonner

Abonné ? Téléchargez directement la lettre en cliquant sur ce lien !

Extrait des articles présents dans cette lettre :

Le monde a changé

Le monde a changé. Il lui faut une grammaire stratégique durable qui n’est en fait que la gestion aussi raisonnée que possible d’un chaos structurel et fluide. Voici le retour des circonstances du monde, selon le mot de De Gaulle. […]

Index 2017 

En 2017, La Vigie a publié 91 articles qui sont répertoriés dans cet index. […]

Lorgnette : S’étonner

Ce numéro est gratuit. Vous pouvez le télécharger ici : Nous espérons que cela vous incitera à vous abonner, que ce soit en mode découverte (trois mois, 18 €) ou mieux encore annuel (70 € pour les particuliers, 300 € pour cinq licences pour les organisations). Merci par avance de votre soutien et de votre intérêt.

JDOK

Source photo : La Vigie (c)

Attention, vous devez avoir le logiciel Acrobat Reader installé sur votre poste pour lire notre lettre (format .pdf).