N° 63 : Russie, stratégie des limites – Yémen, cœur arabique

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Russie : stratégie des limites

Ces dernières semaines, on a bien sûr beaucoup parlé de Trump mais quasiment autant de la Russie de Poutine. Que ce soit en Syrie, en Libye, en Amérique, en Europe ou en Ukraine, au pôle Nord ou en Asie centrale : elle était partout. De quoi s’agissait-il ? Retour à la guerre froide, marque d’une superpuissance, expression d’un fantasme, fascination d’une réussite ? Un peu de tout cela mais finalement, trop rares sont ceux qui observent à froid la puissance russe, détaillent ses atouts (réels) et ses faiblesses (tout aussi marquées, cf. LV 44), et analysent la stratégie suivie par Moscou, mélange de méthode, de calcul, de pragmatisme et d’instinct atavique. Bref, après les enthousiasmes douteux et les indignations faciles, le temps est venu de penser stratégiquement la Russie […].

Yémen, cœur arabique

Le conflit inter-yéménite qui s’intensifie sous nos yeux renvoie à trois dossiers essentiels : la gouvernance arabique, la sécurité du golfe d’Aden et la tension islamiste régionale. Et pour nous à des enjeux stratégiques : l’équilibre politique de la péninsule arabe entre Méditerranée orientale, Corne de l’Afrique et Golfe arabo-persique ; la fluidité du trafic maritime mondial sur l’artère vitale qui relie Shanghai à Rotterdam via la mer de Chine, le détroit de Malacca, le Bab el Mandeb, Suez, Gibraltar et Ouessant ; et enfin le foyer radical d’un islam politique qui enflamme le monde musulman […].

Lorgnette : Aller sur la lune

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Source image : World Economic Forum via Visualhunt.com / CC BY-NC-SA

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L’armée yéménite divisée entre tribalisme et confessionnalisme (Pr Abderrahmane Mekkaoui)

Nous sommes heureux de publier ce texte du Pr Abderrahmane Mekkaoui (université Hassan II, Casablanca)

L’évolution du Yémen, après sa réunification, ne semble pas se faire loin des pressions tribales et confessionnelles. Cette lame de fond spécifique se retrouve jusqu’aux divers bataillons de l’armée, sans doctrine moderne. La guerre civile et l’offensive militaire de Ryad n’ont fait que renforcer davantage une telle singularité. Rendant cauchemardesque la vie au sein de la Felix Arabia.

S’il y a une armée arabe qui a une longue histoire derrière elle, c’est bien celle du Yémen. Voilà une armée qui a été créée en 1919, au lendemain du Premier conflit mondial. A l’époque, le Yémen était sous la coupe du Royaume Moutawakkilite. La partie septentrionale de ce pays arabe était soumise nominalement à l’Empire Ottoman jusqu’en 1918. L’Imam des Zaydites, Yahia Mohamed Hamid, était le commandant en chef de cette armée embryonnaire composée des grandes tribus. En signant des traités de défense avec l’Italie, le Yémen a pu maintenir ses frontières sauves malgré une défaite militaire contre l’Arabie Saoudite. En 1948, Ahmed, fils de l’Imam assassiné, devenu roi, a pactisé avec le bloc soviétique. Les Juifs yéménites ont joué un grand rôle dans la formation et l’armement des troupes équipées en matériel acquis aussi bien auprès de Moscou que de ses satellites. Ce royaume yezidite recrutait parmi les chiites Houthis et chaque tribu avait son propre bataillon dont le chef était nommé par l’Imam himself. Une telle situation rappelle, à bien des égards, celle qui avait prévalu dans le Royaume chérifien lors des 18ème  et 19ème siècles avec ses terres Makhzen et ses terres Siba.

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