La Vigie n°7 – De 2014 à 2015, en stratégie | Dissuasion, retour au concept

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

De 2014 à 2015, en stratégie

Pour un premier numéro d’année, il n’est jamais inutile de revenir sur le passé pour augurer de l’avenir. La méthode ne garantit pas toujours des résultats mais nous n’en connaissons pas d’autre meilleure.

L’Europe n’a pas démontré de grandes capacités. Sa négligence autour du partenariat oriental en 2013 a provoqué la crise à Kiev, devenue depuis une guerre civile. Entre condamnations morales et sanctions, l’Europe s’est réfugiée dans ses mauvaises habitudes, regardant de loin ce qui se passe au Maghreb ou en Afrique. Les élections européennes ont atteint des sommets d’abstention alors qu’on nous a présenté l’élection de la Commission comme un summum démocratique. La crise financière et budgétaire s’approfondit malgré la surprise de la baisse des cours du pétrole, pour laquelle l’Europe n’est pour rien mais qu’on utilise habilement pour louer les bienfaits de la politique d’austérité suivie. L’Europe se contracte au profit de l’Allemagne qui joue en rentière. L’UE continue la politique de suivisme américain et se désintéresse du monde, perpétuant la « déflation stratégique » constatée depuis maintenant des années. Sans surprise, les vents mauvais s’élèvent : indépendantisme écossais, accès au pouvoir de la NVA en Belgique, montée de partis extrêmes de gauche (Grèce, Espagne) ou de droite (France, Angleterre, pays scandinaves) sans même parler de la Hongrie ou de l’Italie. Le projet européen est à l’agonie mais il nous faudra accélérer la non-politique suivie, parce que nous ne sommes pas allés assez loin !

[…]

Dissuasion, retour au concept

Commençons l’année par un cas d’école, Daesh, défi militaire certes mais aussi conceptuel. Sommes-nous armés pour affronter cet antagonisme déclaré et radical et en dissuader le projet ? En revenant à la racine du système central de dissuasion nucléaire stratégique de la France, on constate que la combinaison spéciale et l’héritage de puissance qui le constituent sont insuffisants pour neutraliser les agressions caractérisées de type Daesh. Ne  faut-il pas aussi développer un système central d’intimidation stratégique ?

La dissuasion nucléaire résulte en fait de la combinaison historique d’avancées scientifiques décisives dans la libération des énormes forces de liaison nucléaire de la matière (projet Manhattan 1944), de la nécessité d’en finir avec le Japon par une frappe sidérante (1945) puis ensuite de celle de bloquer tout affrontement militaire entre les deux grands vainqueurs de l’Allemagne nazie, les États Unis et l’URSS. La notion de dissuasion s’est installée progressivement dans le contexte de la guerre de Corée puis de la lente découverte qu’aucune victoire militaire d’un des deux Grands sur l’autre n’était plus possible du fait de la capacité de destruction, « massive » de l’armement atomique. On alors passé du concept classique de la victoire par la supériorité des armes à la régulation stratégique par l’équilibre de la terreur.

[…]

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