Les affaires étrangères et les questions de défense dans les programmes des partis allemands en vue des élections fédérales de 2021 (J Crisetig)

Au début de l’été, La Vigie a accueilli un stagiaire, engagé dans un cursus de formation franco-allemand, Joël Crisetig. Un de ses objectifs consistait à nous produire une étude sur les programmes de politique étrangère des partis allemands, en lice pour les prochaines élections législatives. Voici le beau résultat de son travail et merci à lui.

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Malmenée sur la scène internationale (isolationnisme américain, durcissement des régimes russe et turc, divergences stratégiques avec le voisin français…), l’Allemagne prend conscience qu’elle doit repenser ses politiques extérieure et de défense. Tous les partis se saisissent de ces sujets, davantage qu’à leur habitude, avec une autre grande nouveauté : la montée en puissance des Verts qui, pour paraître crédibles aux yeux de la population et de leurs partenaires de coalition potentiels, ont musclé leur discours. Les positions tendent ainsi à se rapprocher, même si d’importantes divergences persistent, par exemple en ce qui concerne les interventions extérieures de la Bundeswehr et l’armement. Dans ce contexte, quel avenir pour les projets de défense franco-allemands, tels les drones et avions de combat SCAF, l’Eurodrone et le char MGCS en fonction des différents vainqueurs des élections fédérales allemandes du 26 septembre 2021 ? Assistera-t-on à un renouvellement qui ne changera rien ?

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

JOCV et Joël Crisetig

Table des matières :

  • Tableau récapitulatif. 3
  • Introduction.. 4
  • Le couple franco-allemand et les politiques étrangère et de défense : le grand malentendu ? 5
  • Les programmes des différents partis : vers un rapprochement des positions. 7
    • Bündnis 90/ Die Grünen. 7
    • La CDU/ CSU.. 9
    • Le SPD.. 11
    • Die Linke. 12
    • Le FDP.. 12
    • L’AfD.. 13
  • Conclusion : un renouvellement… pour ne rien changer ?. 13
  • Bibliographie. 14
  • Programmes des partis. 16

Vous pouvez également le lire en pdf ici.

Introduction

Les affaires étrangères et de défense n’occupent que (très) rarement le devant de la scène en période de campagne électorale, devancées par les sujets de politique intérieure. L’Allemagne ne déroge pas à la règle : lors de la dernière élection fédérale en 2017, d’après un sondage publié sur Statista[1], 37% des Allemands estimaient que la régulation des flux migratoires était le thème de campagne principal, devant la sécurité (32%), la justice sociale (12%) et enfin l’économie et l’emploi (7%). Si la préoccupation concernant l’immigration s’explique par l’arrivée massive de réfugiés outre-Rhin deux ans plus tôt, il n’empêche que le message semble clair : les électeurs n’érigent pas les affaires étrangères et de défense au rang de priorités.

Cependant, les lignes ont bougé depuis quatre ans. Secouée par une relation transatlantique houleuse, le Président Trump n’hésitant pas à taxer les exportations allemandes et à critiquer le manque d’investissement de Berlin dans l’OTAN, sommée par le Président français Emmanuel Macron de participer à la redéfinition de l’agenda stratégique de l’UE, confrontée à un durcissement des régimes russe et turc, avec lesquels elle pouvait autrefois s’entendre… l’Allemagne a dû revoir sa copie de politiques étrangère et de défense. Si bien que ces questions occupent une place de choix dans les débats politiques en vue de l’élection du 26 septembre prochain. En atteste le premier affrontement télévisé opposant le 20 mai 2021 sur WDR Annalena Baerbock (Bündnis 90/ Die Grünen), Armin Laschet (CDU/ CSU) et Olaf Scholz (SPD), qui portait sur la place de l’Allemagne dans le monde[2].

Une autre raison explique l’importance des affaires étrangères dans cette campagne : la fulgurante montée en puissance du parti écologiste Bündnis 90/ Die Grünen. Crédités de 16-18 % des voix dans les sondages actuels, les Verts paraissent assurés d’entrer au gouvernement, que ce soit dans une coalition avec la droite (CDU/ CSU, crédités de 21 % dans les sondages de début septembre) voire les libéraux du FDP, ou avec les partis de gauche (SPD, qui réunit près de 24 % dans les sondages de la rentrée, et Die Linke, crédités de 6 à 8 % des voix). S’ils arrivent deuxièmes, les écolos occuperaient de facto le poste de ministre des Affaires étrangères, comme au début des années 2000 avec Joschka Fischer. En position avantageuse, ils doivent montrer qu’ils sont une force de gouvernement crédible, capable de se saisir des sujets régaliens. D’autant plus que ce parti est souvent taxé d’idéaliste ou de naïf par les conservateurs lorsqu’il s’agit de protéger les intérêts allemands dans le monde (sa tradition antimilitariste et sceptique envers l’OTAN lui colle encore à la peau). Le parti en est conscient et, s’il existe encore des fractures en son sein entre l’aile « realo » (dont fait partie la candidate Baerbock) et les « fundis », les Verts n’hésitent plus, aujourd’hui, à se positionner sur les sujets brûlants de l’actualité internationale. Ainsi, il serait erroné de considérer les programmes de défense et d’affaires étrangères des différents partis comme négligeables. Mais si Die Grünen cherchent à faire évoluer leur doctrine, c’est aussi pour trouver des points communs avec de futurs partenaires potentiels, en premier lieu la CDU/ CSU, vers qui ils multiplient les appels du pied[3].

Dès lors, quelle direction va l’Allemagne prendre dans l’après-Merkel ? Doit-on compter sur une vraie rupture, ou au contraire sur un renouvellement sans réel changement ? Quelles perspectives pour l’axe franco-allemand ?

I.            Le couple franco-allemand et les politiques étrangère et de défense : le grand malentendu ?

« Couple », moteur de l’Europe… Les qualificatifs élogieux pour le tandem Paris-Berlin ne manquent pas. Et pourtant, que de malentendus et de projets à la traîne ces dernières années[4] !

Mis à mal par la doctrine de repli sur soi « America First » de Donald Trump, les Européens, au premier rang desquels la France et l’Allemagne, en ont tiré une conclusion : il faudra à l’avenir pouvoir compter sur ses propres forces et réfléchir à une stratégie européenne détachée de celle des Etats-Unis. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont pour cela cherché à renforcer la PSDC (politique de sécurité et de défense commune) de l’Union européenne et à développer du matériel militaire franco-allemand : le SCAF (système de combat aérien du futur), le char MGCS (main ground combat system) … Les deux voisins semblaient en pleine lune de miel, comme en témoignait la signature du traité d’Aix-la-Chapelle en 2019. C’était sans compter sur deux malentendus de taille :

1) La place des Européens dans l’OTAN. Alors que le Président français avait en ligne de mire un soutien plus marqué des Européens aux campagnes françaises à l’international, en premier lieu au Sahel, le tout en s’affranchissant de la tutelle des Etats-Unis, les Allemands considéraient la réflexion stratégique et militaire européenne comme gage de bonne volonté envoyé à Washington, donc dans le cadre de l’OTAN. « Devenir plus européens pour rester transatlantiques »[5] :  tel était le « motto » allemand, ce qui explique les réactions outrées lorsque M. Macron a évoqué la « mort cérébrale » de l’OTAN. Aujourd’hui, le président américain Joe Biden semble vouloir relancer le dialogue avec l’Europe en s’appuyant surtout sur l’Allemagne, mettant la France sur la touche[6].

2) La manière d’envisager le rôle de l’armée, très différente des deux côtés du Rhin. L’armée parlementaire allemande est considérée comme une force avant tout défensive, que ce soit pour empêcher des violations de droits humains graves ou, de manière plus générale, pour la protection du territoire national, et non comme un outil de projection sur des terrains d’opération très éloignés. C’est ce qui explique le retard pris par les projets d’armements franco-allemands.

Le SCAF tout d’abord, composé d’avions de combat et de drones. Censé succéder aux Rafale français et aux Eurofighters allemands en alliant Dassault et Airbus, l’avion est aujourd’hui un objet de querelles majeures entre Paris et Berlin. Les réticences françaises à partager ses « secrets » industriels et technologiques avec le voisin allemand, le coût élevé du projet (plus de 4 milliards d’euros prévisionnels, que la ministre de de la défense Annegret Kramp-Karrenbauer (CDU) souhaite obtenir en plus des 46 milliards d’euros du budget de la défense) et le manque de transparence des contrats nourrissent la méfiance des Allemands envers les Français[7], alors que ces derniers reprochent aux Allemands de vouloir s’accaparer le gros de la production industrielle des armements et de freiner des quatre fers. En toile de fond : des divergences sur le plan stratégique, l’Allemagne ne voulant que des appareils de défense là où les Français envisagent de construire un avion de combat polyvalent. Même dispute pour les drones, que les Allemands jugent incompatibles avec les missions de défense de la Bundeswehr.

Ces projets sont aujourd’hui un grand sujet de discorde au sein du ministère allemand de la défense, la ministre de la défense Kramp-Karrenbauer insistant sur leur nécessité alors que l’office fédéral d’armement, des techniques de l’information et d’utilisation de la Bundeswehr (BAAINBw) juge le projet « absurde » car ne servant que les Français et trop coûteux. Des difficultés qui se retrouvent également dans la construction du char commun MGCS, du drone européen MALE (moyenne altitude longue endurance), l’Eurodrone, et de la patrouille maritime MAWS (Maritime Airborne Warfare System)[8]. Quel avenir pour ces projets en fonction des différentes coalitions ? Il est intéressant de noter qu’au-delà de ces disputes, tous les partis allemands mentionnent le dialogue avec la France dans leurs programmes, et ce à chaque fois pour insister sur son importance… Ce qui semble, au vu de l’actualité allemande, relever davantage d’une opération de communication pour rassurer le voisin que d’une réelle ambition sécuritaire et diplomatique !

II.            Les programmes des différents partis : vers un rapprochement des positions

Nous traiterons des différents partis dans l’ordre des coalitions les plus probables. Nous commencerons par les Verts, faiseurs de rois, avant de nous pencher sur la CDU/ CSU puis sur le SPD et Die Linke. Le FDP sera étudié avant l’AfD.

Bündnis 90/ Die Grünen

Une ambition renouvelée…

Finie l’époque de la naïveté verte, faite d’appels au désarmement et à la critique de l’OTAN, et place à une ambition renouvelée. Certains considèrent Annalena Baerbock comme l’héritière du ministre de la Défense vert de Gerhard Schröder, Joschka Fischer, qui avait envoyé des soldats allemands au Kosovo dans une mission de l’OTAN, rompant ainsi avec la tradition antimilitariste écologiste[9]. Le programme actuel des Verts considère les Etats-Unis comme un acteur incontournable de la sécurité en Europe et se dit même prêt à augmenter les dépenses pour la Bundeswehr afin de rendre celle-ci plus opérationnelle et afin d’améliorer ses équipements – tout en s’opposant à l’objectif des 2% du PIB consacrés à la défense réclamés par l’OTAN. Les Verts appellent à un rôle accru de l’Allemagne dans l’Union européenne et à une plus grande coopération franco-allemande en termes d’affaires extérieures et de défense en vue d’un renforcement des capacités stratégiques de l’UE.

Cependant, plutôt qu’une rupture dans la tradition verte, il faut davantage y voir un aggiornamento, puisque les thèmes de prédilection des écolos ne sont en aucun cas abandonnés. Outre l’insistance sur le multilatéralisme, la défense du climat et des droits humains des minorités ou réfugiés sont au cœur du programme vert, ce qui se traduit notamment par une position plus agressive que la CDU/ CSU et le SPD face à la Chine et à la Russie : Die Grünen ont annoncé vouloir interdire l’importation dans l’UE de produits chinois issus du travail forcé et s’opposent au projet de gazoduc russe Nord Stream 2. Les opérations extérieures ne seraient tolérées qu’en cas de menace grave (génocide par exemple) conformément à la Responsabilité de Protéger et sous mandat international. L’accent est davantage mis sur la prévention des conflits que sur les interventions armées[10]. La hausse du budget alloué à la Bundeswehr et sa soumission accrue au contrôle parlementaire répondent en réalité à la crainte de voir des réseaux d’extrême droite s’étendre au sein des forces armées[11].

La lutte pour les droits de l’Homme et contre les autocraties se veut l’axe principal du programme vert en matière de défense et de relations internationales, ce qui induit deux conséquences : cela permet aux Verts 1) de se différencier des CDU/ CSU et SPD plutôt russophiles et 2) de montrer aux Etats-Unis qu’ils sont un partenaire fiable voire enviable[12]. Un dernier point vient confirmer que l’ADN des Verts n’a pas fondamentalement changé : la question des armements, qui ne rassure pas les partenaires des Verts, à savoir les autres partis allemands et la France.

…mais freinée par des contradictions ?

Les Verts continuent de s’engager en faveur d’un désarmement nucléaire et adoptent des positions plus restrictives que les autres grands partis concernant les exportations d’armes et le type de matériel militaire utilisé par la Bundeswehr et par les forces armées européennes. Ils souhaitent par exemple interdire la livraison d’armes allemandes dans des zones de guerre ou à des régimes autocratiques. Les capacités cyber de la Bundeswehr devraient être soumises au contrôle direct et sans exceptions du Parlement. Les Verts refusent en outre d’employer des drones armés[13].

Tous ces aspects témoignent d’une vision toujours très défensive de la Bundeswehr et de son emploi uniquement en dernier recours – et restent très vagues sur les capacités européennes à installer[14]. De quoi inquiéter les Français, qui comptent sur les Allemands dans la construction de matériel militaire et dans le soutien sur des théâtres d’opérations lointains ? Le numéro d’équilibriste vert entre un pacifisme originel et un nouveau langage plus « musclé » fait assurément grincer des dents, à la fois au sein du parti chez les « fundis », peu favorables à l’évolution récente de leur parti, et chez ses partenaires.

La CDU/ CSU dénonce un « romantisme du désarmement » puisque les Verts souhaitent limiter l’emploi de la force au strict minimum, de préférence le moins loin possible et en même temps œuvrer à un désengagement nucléaire alors même que les autocraties qu’ils pourfendent augmentent leurs capacités militaires[15]. Une critique reprise du côté du parti au pouvoir en France par le biais du député de l’Eure La République en Marche, Fabien Gouttefarde, qui dénonce une « autonomie stratégique low cost »[16]. Les craintes françaises concernent les projets en cours, notamment la construction du SCAF et du drone européen, et l’accord franco-allemand sur les exportations d’armes conclu en 2019, qui permet aux Allemands de bloquer l’exportation de matériel militaire français s’il comporte des parties made in Germany, et que les Verts pourraient éventuellement abandonner s’ils accèdent au pouvoir. D’autant plus qu’ils critiquent le prix élevé du SCAF et le manque de transparence de son contrat, empêchant selon eux un contrôle parlementaire efficace du projet[17].

Cependant, il est peu probable que les Verts se montrent intransigeants sur ces projets une fois au pouvoir. D’autant que d’autres sujets risquent d’être plus disputés en cas de coalition avec la CDU/ CSU – environnement, social etc. – et que les Verts auront à cœur d’accéder au pouvoir, quatre ans après les négociations infructueuses avec la CDU/ CSU et le FDP. Alors, à quoi s’attendre ? Les écolos, s’ils héritent du ministère des Affaires étrangères, se montreront probablement plus pointilleux que leurs prédécesseurs, sans toutefois réorienter l’action extérieure et militaire allemande[18]. Au prix, peut-être, de déchirements au sein de leur parti.

La CDU/ CSU

Le choix de la continuité

La vision stratégique de la CDU/ CSU a durablement marqué les politiques étrangère et de défense allemandes, principalement en ce qui concerne la relation germano-américaine et l’Union européenne[19]. Contrairement à son adversaire écologiste, la CDU/ CSU n’est traversée par aucune dissension interne notable sur les politiques étrangère ou de défense. Le parti est résolument atlantiste et considère l’intégration européenne comme un complément du partenariat stratégique avec les Etats-Unis au sein de l’OTAN. Comme pour les Verts en revanche, la relation franco-allemande devrait rester au cœur des préoccupations de politique internationale allemandes.

Les démocrates-chrétiens ne reculent pas devant l’emploi de la Bundeswehr, pour lequel ils se montrent plus ouverts que les Verts – tout en s’inscrivant dans une tradition plus défensive que la France. Ils s’engagent à atteindre l’objectif des 2% de PIB consacrés à la défense demandés par l’OTAN et à la construction de nouveau matériel de combat (avions notamment). La CDU/ CSU rejette l’abandon de la dissuasion nucléaire et s’oppose ainsi aux plans de désarmement formulés par la gauche et les écologistes[20].

Le candidat des conservateurs, Armin Laschet, appelle à un activisme européen accru sur la scène internationale et propose à cet égard de créer un « cœur européen de la défense » constitué d’Etats membres de l’UE volontaires qui traiteraient ensemble des questions militaires. Afin de doter l’Allemagne d’une ambition stratégique autonome, un conseil national de la sécurité[21] pourrait être instauré[22], et serait adossé au cabinet du chancelier coordonnant les Länder, les ministères et les services de renseignement. Sans surprise, le parti est plus restrictif que les Verts ou la gauche sur les questions d’accueil d’immigrés et de réfugiés[23].

La position face à la Chine et la Russie est nuancée. Tout en voyant dans Pékin « le plus grand défi de politique étrangère et de défense » et un « rival systémique » à cause de sa violation délibérée de la propriété intellectuelle européenne, les conservateurs appellent à une réponse différenciée, entre sanctions en accord avec les partenaires de l’OTAN ou de l’UE et coopération lorsque cela est possible. La politique à l’égard de la Russie est la même : répondre avec fermeté aux attaques du Kremlin (cyberattaques etc.) tout en coopérant sur des thématiques communes (changement climatique ou construction de Nord Stream 2 par exemple). Ainsi, si la CDU venait à hériter des affaires étrangères ou du portefeuille de la défense, elle poursuivrait dans la même direction que jusqu’ici. Une bonne nouvelle pour la France ? Les contrats d’armement ne seraient probablement pas rompus, mais la CDU/ CSU aura à cœur de montrer qu’elle défend les intérêts des industriels allemands et de la Bundeswehr en exigeant un transfert de technologie de la part des Français.

Une surenchère pour masquer une certaine fébrilité ?

Armin Laschet vise la surenchère face aux Verts afin de s’attirer les bonnes grâces de Washington, qui pourrait être rebuté par son profil à la fois russophile et pro-européen. Cependant, son volontarisme pour contrer les Verts masque une fébrilité de la CDU/ CSU face à la détérioration continue de la Bundeswehr alors qu’elle tient le ministère de la défense depuis 2005. Les récents scandales autour de réseaux de militaires d’extrême droite prêts à commettre des attentats interrogent également sur la gestion des forces armées allemandes[24]. Le fait que le programme des conservateurs consacre un quart de son contenu aux politiques étrangères et de défense démontre que le parti veut prouver qu’il reste l’option la plus solide pour replacer l’Allemagne dans le jeu international.

Le SPD

A mi-chemin entre Verts et CDU/ CSU ?

Le programme du SPD porte lui aussi la marque du pro-atlantisme allemand puisqu’il prévoit de renforcer la coopération entre les Etats-Unis et l’Europe en termes de climat, de santé mais aussi de défense. L’OTAN reste considérée comme essentielle pour la sécurité de l’Europe, même si la constitution d’une armée européenne complémentaire et la revalorisation du rôle du Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité sont envisagées afin de doter l’UE de davantage d’autonomie – le tout en coopération étroite avec Paris. Les sociaux-démocrates considèrent qu’il est essentiel de travailler avec la Russie sur certains sujets tout en sanctionnant ses dérives (persécution d’opposants par exemple). Comme les Verts, le parti mené par Olaf Scholz mise sur la prévention de conflits, la médiation civile et le désarmement pour parvenir à la paix. Au sujet de l’armement, à savoir les drones et la dissuasion nucléaire, le parti estime qu’il faudra trancher ces questions après une « réflexion collective », dont les contours restent à préciser[25]. Cette indécision témoigne d’un problème au sein du parti : ses divisions internes profondes.

Des divisions internes plus profondes qu’il n’y paraît

La question des interventions de la Bundeswehr et de son matériel est controversée au sein du parti, qui tend à adopter de plus en plus une position pacifiste sous la pression de son aile gauche incarnée par le chef de groupe parlementaire Rolf Mützenich[26]. Lorsqu’en 2020 il était question de commander des drones armés et que certains réclamaient le retrait des armes nucléaires américaines d’Allemagne et s’opposaient à l’achat d’avions américains F18, le parti s’est déchiré[27]. Olaf Scholz fait partie du courant plus « réaliste » et ne défendrait pas une telle politique de désarmement s’il entrait au gouvernement, mais il est difficile aujourd’hui d’assurer que le SPD aux affaires étrangères ou à la défense serait un partenaire rassurant et fiable pour la France. En effet, comment savoir quelle frange, à terme, prendra le dessus sur l’autre ? Et comment s’assurer que les projets franco-allemands, tel l’Eurodrone, seront poursuivis dans ces conditions ?

Die Linke

L’entente impossible

Le parti d’extrême gauche Die Linke s’oppose systématiquement à l’emploi de la Bundeswehr et à « l’alliance de guerre » qu’est l’OTAN à ses yeux, qu’il souhaite démanteler et remplacer par une autre organisation de sécurité[28]. Les exportations d’armes seraient à bannir et la Bundeswehr se verrait limitée dans ses actions par rapport à aujourd’hui : elle n’aurait plus le droit de faire de la publicité, ses capacités cyber seraient déconstruites et son matériel réduit au strict minimum défensif[29]. Ces positions antimilitaristes inconditionnelles, qualifiées de « lignes rouges » par la candidate Janine Wissler, rendront compliquée la participation à un gouvernement de gauche aux côtés du SPD et des Verts[30], même si, là aussi, le parti est fracturé en une aile plus pragmatique autour de Dietmar Bartsch et une aile intransigeante autour de Wissler. De plus, les autres partis de gauche sont souvent sceptiques envers Die Linke, que ce soit pour son refus de condamner la RDA que pour son soutien à la Russie de Vladimir Poutine[31].

Le FDP

Un programme consensuel

Les questions de défense sont secondaires au FDP, qui préfère mettre l’accent sur son programme socio-économique libéral[32]. Le parti est à l’heure actuelle crédité de plus de 10% des voix et pourrait faire son entrée au gouvernement, par exemple avec la CDU/ CSU et les Verts dans une coalition dite « Jamaïka ». Ce format avait échoué il y a quatre ans après le départ du FDP. Sans surprise, le parti est atlantiste et s’engage à respecter les 2% de PIB consacrés à la défense[33] mais veut renforcer les capacités de défense européennes en dotant la PSDC de capacités de défense et en créant une union européenne de la défense, qui déboucherait sur une armée européenne complémentaire des forces de l’OTAN. Le rôle du Haut représentant de l’union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité devrait être réhaussé afin de faire parler l’UE d’une seule voix sur la scène internationale. Ces positions rappellent celles du SPD et des Verts. Cependant, la création d’un conseil national de la sécurité proche de celui envisagé par les conservateurs témoigne de la volonté de faire consensus avec tous les partis. La modernisation de la Bundeswehr est envisagée. Le dialogue avec la Russie et la Chine ne devrait pas être abandonné mais devrait sanctionner les violations des droits humains et les agressions, cyber notamment. Le programme du FDP ne mentionne pas les exportations d’armes et l’usage de drones[34]. Si les libéraux venaient à gouverner, il y a fort à parier qu’ils ne se feront pas des affaires étrangères et de défense un point central des négociations de coalitions, se contentant probablement de s’assurer que les dépenses de défense restent à un niveau raisonnable et qu’elles profitent à l’industrie allemande.

L’AfD

Entre atlantisme, russophilie et europhobie

Les sujets de politique étrangère n’occupent pas le devant de la scène du parti d’extrême droite, qui préfère se concentrer sur les questions identitaire ou d’immigration, par exemple en exigeant le renvoi de tous les réfugiés syriens dans leur pays d’origine. De plus, l’Alternative für Deutschland est le seul parti dont on est sûr qu’il n’entrera pas au gouvernement, les autres forces politiques ayant décidé de le boycotter.

L’AfD se dit en faveur d’une Europe des nations et s’oppose ainsi aux institutions de défense actuelles de l’UE, qui privent selon elle les Etats européens de leur souveraineté. Le parti souhaite que l’Allemagne reste membre de l’OTAN tout en cherchant à mieux coopérer avec la Russie, ce qu’il estime essentiel à la paix en Europe. Il rejette ainsi les sanctions à l’encontre du Kremlin et l’arrêt de la construction de Nord Stream 2. L’AfD souhaite s’aligner sur l’objectif des 2% de l’OTAN et réinstaurer le service militaire obligatoire afin de moderniser la Bundeswehr. Les capacités industrielles et technologiques allemandes dans le secteur de l’armement devraient être augmentées par souci de souveraineté et le transfert de technologie vers d’autres Etats empêché[35]. Ce dernier point confirme une relation ambiguë de l’AfD envers la France et les autres Etats européens : tout en considérant la relation avec Paris « importante » et en appelant à travailler avec les autres capitales du continent, le parti ne verrait pas d’un bon œil les projets de défense actuels – trop européens et profitables à la France à son goût.

Conclusion : un renouvellement… pour ne rien changer ?

Ainsi, sous la pression d’un environnement international poussant l’Allemagne à repenser son action, tous les partis se sont saisis davantage qu’à leur habitude des sujets de politiques étrangère et de défense. Conformément à la tradition atlantiste allemande, tous font passer le partenariat stratégique avec les Etats-Unis avant les projets de défense européens, qui sont cependant mentionnés dans tous les programmes : armée européenne, meilleure coordination des Etats-membres pour élaborer une politique étrangère cohérente, entente avec la France… En outre, toutes les forces – à l’exception notable de Die Linke – prévoient de moderniser la Bundeswehr.

Le point le plus sensible reste la question des armements, la gauche (Verts, SPD) s’opposant à l’usage de drones et se montrant plus réticente que les conservateurs (CDU/ CSU) à l’acquisition d’avions de combat ainsi qu’à l’emploi de la Bundeswehr. Alors, quel avenir pour le SCAF, l’Eurodrone ou le MGCS ? La réalisation de ces projets ne devrait pas figurer au cœur des négociations en vue de former une coalition si Die Grünen décidaient de s’allier avec la CDU/ CSU, les Verts ayant à cœur de rentrer au gouvernement et préférant se concentrer sur d’autres sujets de discorde. En revanche, si l’on assistait à la constitution d’une coalition de gauche rassemblant Die Grünen, le SPD et Die Linke, les questions étrangères et d’armement seraient au menu des débats et les projets mentionnés ci-dessus seraient enterrés pour de bon. Mais une telle option reste improbable, les Verts ayant fait comprendre qu’ils favoriseraient une coalition avec les conservateurs. La solution parfaite pour la France ? Les programmes ne seraient pas stoppés mais les difficultés actuelles persisteraient. Sans oublier que les Allemands tourneront toujours leur regard d’abord vers Washington que vers Paris lorsqu’il s’agira de défense. Il reste qu’une coalition CDU/ CSU et Verts ferait le jeu de la France plus que n’importe quelle autre configuration. Il s’agirait ainsi d’un renouvellement au sommet de l’Etat allemand, sans Merkel et avec une teinte écologiste marquée, mais qui n’apporterait aucun réel changement par rapport à la situation actuelle.

Joël Crisetig

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[1]https://de.statista.com/statistik/daten/studie/670815/umfrage/umfrage-zu-den-wichtigsten-themen-im-wahlkampf-zur-bundestagswahl-in-deutschland/#professional

[2]https://www.zeit.de/politik/deutschland/2021-05/kanzlerkandidaten-debatte-wdr-annalena-baerbock-armin-laschet, 20/05/2021

[3]https://www.tagesspiegel.de/politik/paradigmenwechsel-in-der-aussenpolitik-die-gruenen-machen-sich-regierungsfaehig/26673096.html, 01/12/2020

[4]https://www.lettrevigie.com/blog/2020/04/28/la-vigie-n-141-leurope-et-son-centre-resilience-ce-mot-magique-lorgnette-desaccords-europeens/, 29 avril 2019

[5]Keim M., Kempin R., « Strategische Autonomie Europas: Das deutsch-französische Missverständnis », SWP, 30/11/2020

[6]https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/06/16/biden-a-joue-la-carte-merkel-ce-nouveau-depart-de-la-relation-transatlantique-se-fait-sur-un-axe-germano-americain_6084337_3232.html, 16/06/2021

[7]https://www.zeit.de/politik/deutschland/2021-06/ruestungsprojekt-fcas-kosten-verteidigungsministerium-eurofighter-luftkampf-widerstand/komplettansicht, 22/06/2021

[8]https://www.marianne.net/societe/defense/pourquoi-couple-franco-allemand-se-dechire-autour-du-scaf-le-projet-davion-du-futur, 19/03/2021

[9]Maurice P., « Un pacifisme à géométrie variable. Les partis allemands et la participation de la Bundeswehr à des opérations extérieures », Notes du Cerfa, n° 160, avril 2021

[10]Bündnis 90/ Die Grünen, « DEUTSCHLAND. ALLES IST DRIN. Programmentwurf zur Bundestagswahl 2021 »

[11]Winter G., « Le parti écologiste allemand Bündnis 90/

Die Grünen et la politique de sécurité et de

défense : la pondération en ligne de mire », Fondation pour la recherche stratégique, Juillet 2020

[12]https://www.lemonde.fr/international/article/2021/05/13/chine-russie-diplomatie-des-verts-allemands-offensifs_6080060_3210.html, 13/05/2021

[13] https://www.gsp-sipo.de/aktivitaeten/2-gsp-webtalk-1-1-1-1-2, 04/05/2021

[14]Winter G., op. cit.

[15]https://www.zeit.de/politik/deutschland/2021-04/johann-wadepuhl-cdu-aussenpolitik-russland-bundeswehr-nato, 28/04/2021

[16]https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/20/en-matiere-de-defense-l-anachronisme-des-partis-ecologistes-saute-aux-yeux_6077364_3232.html, 20/04/2021

[17]https://www.zeit.de/politik/deutschland/2021-06/ruestungsprojekt-fcas-kosten-verteidigungsministerium-eurofighter-luftkampf-widerstand/komplettansicht, op. cit.

[18]https://www.iris-france.org/156604-les-elections-federales-allemandes-de-2021-quel-programme-pour-les-verts-en-matiere-de-defense/, 21/04/2021

[19]Konrad-Adenauer-Stiftung – Geschichte der CDU (kas.de).

[20]Wahlprogramm der Union: Entschlossen für Bundeswehr und Nato (faz.net), 21/06/2021

[21]Nous évoquions dans la LV 170 la possibilité de créer, en France, un Conseil National d’Orientation et de Synthèse Stratégiques similaire, https://www.lettrevigie.com/blog/2021/06/22/orientation-et-synthese-strategiques-lv-170/, 22/06/2021

[22]CDU/CSU: Vom Credo „Mein Land first“ hält Laschet nicht viel – WELT, 19/05/2021

[23]https://www.zeit.de/politik/deutschland/2021-06/bundestagswahl-wahlprogramme-vergleich-gruene-union-wahlkampf-2021, 21/06/2021

[24]https://www.zdf.de/dokumentation/zdfzoom/zdfzoom-angriff-von-innen-100.html, 04/11/2020

[25]SPD, « Das Zukunftsprogramm. Wofür wir stehen. Was uns antreibt. Wonach wir streben. »

[26]https://www.tagesspiegel.de/politik/atomwaffen-nato-russland-aussenpolitik-soll-wahlkampfthema-werden/26205522.html, 21/09/2020

[27]Maurice P., op. cit.

[28]https://www.deutschlandfunk.de/bundestagswahl-2021-wissler-linke-wir-wollen-einen-wechsel.694.de.html?dram:article_id=497045, 11/05/2021

[29]Die Linke, « Zeit zu handeln. Für soziale Sicherheit, Frieden und Klimagerechtigkeit », https://www.die-linke.de/fileadmin/download/wahlen2021/BTWP21_Entwurf_Vorsitzende.pdf

[30]https://www.merkur.de/politik/habeck-bundestagswahl-2021-gruene-linke-spd-bedingungen-nato-linksbuendnis-umfrage-90528667.html, 13/05/2021

[31]Holzhauser T., « Quelle gauche en Allemagne ? Le parti Die Linke en pleine crise identitaire », Notes du Cerfa, n°161, mai 2021

[32]Maurice P., op. cit.

[33]https://www.welt.de/politik/deutschland/article226999671/CSU-und-FDP-kritisieren-Baerbocks-Haltung-zur-Nato-Finanzierung.html, 24/02/2021

[34]https://www.gsp-sipo.de/aktivitaeten/2-gsp-webtalk-1-1-1-1-2-1, 18/05/2021

[35]https://www.afd.de/aussen-sicherheitspolitik-aussenhandel-entwicklungshilfe/

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