La sécession catalane au prisme de l’histoire (TFN)

LA SÉCESSION CATALANE AU PRISME DE L’HISTOIRE DES ÉMIETTEMENTS POLITIQUES

Encore un billet de Th. Flichy de La Neuville, notre chroniqueur fétiche ! JDOK

La Catalogne après le référendum : "On est au bord de la guerre civile"

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Les derniers événements de Catalogne, tout comme la volonté de plusieurs pays d’Europe centrale de retrouver le contrôle de leurs frontières, ne sont pas sans rappeler un épisode historique analogue : celui de la grande crise du IIIe siècle qui ébranle l’Empire romain entre 235 et 284 après J-C. En un temps d’importante instabilité politique  (le règne des empereurs dure deux an et demi en moyenne et le Sénat a été réduit à une chambre d’enregistrement), la crise financière se conjugue aux migrations massives pour ébranler l’Empire. C’est alors que les deux provinces les plus exposées militairement font sécession. Il s’agit de la Syrie, soumise à la pression des Perses, qui s’émancipe sous la conduite de la Reine Zénobie. Celle-ci fonde l’Empire de Palmyre en Orient.

A l’autre bout de l’Empire, la Gaule – soumise aux invasions germaniques – se sépare elle aussi de Rome, sous la conduite du Général Postumus, qui crée l’Imperium Galliarum (260-274 ap. J-C). Ces tendances centrifuges s’expliquent par l’incapacité de la bureaucratie romaine de répondre aux nouveaux défis. Le troisième siècle romain, tout comme l’histoire des émiettements politiques – par exemple, celui des reyes de taïfas dans l’Espagne médiévale – nous invitent par conséquent à une réflexion prospective sur le positionnement des futures lignes de fracture en Europe. Une chose paraît probable en tout cas : si les velléités de sécession de la Catalogne avaient été combinées à une déviation des flux migratoires vers l’Espagne, celle-ci aurait déjà perdu une province à l’heure qu’il est.

Thomas Flichy de La Neuville

La Vigie n° 35 : Produire la stratégie (suite & fin) | Urgence sécuritaire| Stratégie 2017, vu de Madrid

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Extrait des articles présents dans cette lettre :

Produire la stratégie (suite et fin)

Poursuivons notre réflexion sur la production de la stratégie. Nous évoquions les Livres Blancs. Or, quelles que furent les conclusions des LB, le plus important était bien la LPM qui allait les mettre en œuvre, celle où il faudrait faire « entrer l’édredon dans la valise ». Si la fin et les voies précédaient chronologiquement les moyens, c’étaient ces derniers qui déterminaient le poids relatif de chacun. Il y a toutefois une certaine logique à cela : […]

Urgence sécuritaire

La problématique sécuritaire a pris en France une dimension dramatique et un caractère de priorité absolue en 2015. L’état d’urgence maintenu est là pour en témoigner. On en a déjà beaucoup traité ici (cf. LV 12 et 13; 29 et 30). La réflexion qui suit pose la question de savoir s’il y a une approche spécifiquement française de la sécurité et de la lutte anti-terroriste. On la traitera en deux temps : d’abord en évaluant les entreprises extérieures de la diplomatie et de la force armée puis en inventoriant les nécessités intérieures de la protection du territoire et de la population.   […]

Stratégie 2017 : vu de Madrid (F. Arteaga)

Vu d´Espagne, le principal atout de la stratégie française est la culture stratégique de ses dirigeants et de sa société civile. Comme dans d’autres grandes puissances, les élites et les citoyens de la France comprennent et soutiennent l´emploi de la force en défense d’intérêts nationaux. Cette culture stratégique, si différente de la conception espagnole, se traduit par une posture politico-militaire cohérente où le niveau d´ambition de la France s´exprime par une structure et une aptitude de ses forces armées en plein accord avec la défense des intérêts français […]

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