Seabed warfare (E. Lambert)

Etat de l’art, évolutions doctrinales et implications pour la France, le Royaume-Uni et l’espace baltique
Seabed warfare (E. Lambert)
Photo by Sachin Amjhad / Unsplash

La guerre des fonds marins, ou seabed warfare, n’est plus un sujet de colloque confidentiel réservé à quelques hydrographes, ingénieurs offshore et officiers de guerre des mines. Elle devient progressivement une dimension autonome de la compétition navale contemporaine. Elle se situe à la jonction de plusieurs domaines qui, jusqu’à récemment, étaient pensés séparément : lutte anti-sous-marine, guerre des mines, renseignement technique, protection des infrastructures critiques, opérations spéciales, robotique navale et défense des approches maritimes.

C’est précisément cette nature hybride qui en fait aujourd’hui un champ d’action majeur. Il ne s’agit plus seulement de protéger des câbles ou de surveiller quelques installations offshore. Il s’agit de maîtriser un milieu qui conditionne désormais la liberté d’action navale, la résilience économique des États, la protection des flux numériques, l’intégrité des architectures énergétiques et, pour certaines puissances, la sûreté même de la dissuasion océanique. L’évolution récente de la posture de l’OTAN, en particulier en Baltique, montre bien que ce basculement doctrinal est désormais admis au plus haut niveau.

Qu'est-ce que le seabed warfare ?

Le premier point à poser clairement est le suivant : le seabed warfare ne se réduit pas à la protection d’infrastructures sous-marines critiques. Cette dernière en constitue la manifestation la plus visible et politiquement la plus lisible, mais elle n’en épuise pas la substance. Le fond marin doit être compris comme un milieu de manœuvre, un espace de renseignement, un support de capteurs, un lieu de prépositionnement discret et, potentiellement, un vecteur de déni. En d’autres termes, il ne faut pas penser le fond comme une simple surface inerte sur laquelle reposeraient câbles et pipelines. Il faut le penser comme un terrain. Or un terrain peut être reconnu, cartographié, miné, surveillé, instrumenté, exploité, nié à l’adversaire ou, au contraire, utilisé à son insu. Toute la logique du seabed warfare repose sur cette mutation de perspective.

D’un point de vue technique, ce champ repose sur cinq briques principales, qui doivent être envisagées comme un système cohérent et non comme un catalogue de technologies.

1.      La première est la connaissance du fond. Cela recouvre la bathymétrie fine, la nature du substrat, la topographie locale, la détection et la classification d’objets, l’établissement de signatures de référence, mais aussi la compréhension des paramètres physiques qui influencent propagation acoustique, camouflage, navigation et intervention. Sans cette connaissance de base, il n’y a ni détection d’anomalie, ni capacité sérieuse d’attribution. Un fond marin mal connu offre à l’adversaire un espace de liberté. Un fond marin bien caractérisé devient, au contraire, un espace où l’intrusion laisse des traces, où le changement devient visible, où l’on peut repérer un objet déplacé, un point d’ancrage nouveau, un tronçon perturbé ou une intervention récente.

2.      La deuxième brique est celle de la surveillance persistante. Elle repose sur un mix de capteurs fixes, de réseaux déployables, de capteurs remorqués, de capteurs portés par drones sous-marins, de solutions acoustiques, et parfois d’outils indirects capables de signaler une activité anormale. C’est ici que le seabed warfare sort du simple cadre de l’inspection pour entrer dans celui de la permanence. Le sujet n’est pas de voir une fois, mais de savoir suivre. La différence est décisive. Une architecture de surveillance efficace doit permettre d’établir un pattern of life du milieu sous-marin, au même titre que l’on parle d’habitudes de trafic ou de comportement dans d’autres domaines de renseignement. Dans le monde sous-marin, la normalité est déjà difficile à définir. C’est pourquoi la surveillance persistante exige moins des coups d’éclat technologiques que de la répétition, de la discipline de collecte, de la fusion de données et une capacité à faire émerger l’anomalie à partir d’un bruit de fond extrêmement complexe. Les documents parlementaires britanniques comme les analyses alliées récentes montrent d’ailleurs que cette logique de persistence est au cœur des réflexions actuelles.

3.      La troisième brique est l’intervention. C’est ici que l’on trouve les ROV, les AUV, les systèmes robotisés de type work-class, les charges déportées, les modules d’inspection et de réparation, ainsi que les bâtiments-mères capables de mettre en œuvre ces moyens. Il faut toutefois distinguer soigneusement plusieurs familles de capacités. Le ROV est un outil d’intervention dirigée. Il est excellent pour manipuler, inspecter, couper, fixer, observer avec précision et conduire des travaux d’ingénierie. Il dépend néanmoins fortement de son bâtiment porteur, de sa liaison, de la qualité de la mer et du dispositif de soutien. L’AUV, lui, relève davantage de la reconnaissance, de la cartographie, de la collecte, de la surveillance préprogrammée, voire de certaines missions d’emport de charges ou de positionnement de capteurs. Il apporte endurance, discrétion, répétabilité et coût politique réduit. Le débat n’est donc pas de savoir lequel des deux est supérieur. Il faut au contraire comprendre qu’ils répondent à des segments de mission distincts mais complémentaires. Le seabed warfare moderne exige une architecture combinant les deux, soutenue par des moyens de lancement, de récupération, de navigation, de traitement de données et de maintien en condition opérationnelle.

4.      La quatrième brique est celle de l’autonomie, de la mise en réseau et de la fusion. C’est un point essentiel et trop souvent traité de manière superficielle. Le fond marin n’est pas seulement un espace physique exigeant. C’est aussi un cauchemar de communications. L’environnement sous-marin limite considérablement les échanges de données, impose des compromis sévères entre discrétion, débit, portée et robustesse, et rend la coordination en temps réel infiniment plus délicate qu’en surface ou dans les airs. Dès lors, l’autonomie n’est pas un luxe. Elle est une nécessité opérationnelle. Les systèmes doivent être capables de conduire une mission avec une supervision partielle, de reconnaître certaines situations, de revenir à une logique de sécurité, de gérer leur énergie, de suivre un itinéraire, d’éviter certains obstacles et de rapporter utilement de la donnée. La sophistication réelle n’est donc pas dans le discours commercial sur “l’intelligence” du drone mais dans la robustesse de la mission package, dans la fiabilité de la navigation, dans la qualité de la détection et dans l’intégration de l’ensemble à la chaîne opérationnelle. Les travaux récents sur l’autonomie dans le domaine sous-marin vont clairement dans ce sens.

5.      La cinquième brique, enfin, est l’attribution. C’est la plus politique et, souvent, la plus décisive. Voir un câble endommagé ou détecter une présence anormale ne suffit pas. Il faut établir qui a agi, selon quel mode opératoire, avec quel degré de certitude, dans quel délai et avec quel niveau de preuve exploitable. En ce sens, le seabed warfare n’est pas seulement une affaire de détection technique. C’est une affaire de renseignement, de forensics, de chaîne de conservation de la preuve et de préparation de la décision politico-militaire. En zone grise, celui qui voit sans pouvoir attribuer se retrouve dans une position défensive inconfortable. Il sait qu’il a été touché, sans pouvoir transformer ce savoir en réponse solide. C’est d’ailleurs l’une des leçons majeures des incidents récents en Baltique, où les Alliés ont compris que la protection du milieu sous-marin ne pouvait être pensée indépendamment de la question de l’attribution et du tempo décisionnel.

D’un point de vue doctrinal, le seabed warfare marque une rupture avec une certaine tradition navale européenne encore largement structurée autour de la logique de flotte, de plateforme et de présence visible. La mer, historiquement, se lit à la surface. Les marines raisonnent en unités de combat, en escorte, en patrouille, en contrôle de zone, en lutte anti-sous-marine, en supériorité locale. Le fond marin oblige à penser autrement. Il impose un rapport au temps plus lent, au signal plus faible, à la trace plus discrète, à la preuve plus difficile. Il privilégie l’action préparée, la répétition, la connaissance du milieu, l’effet indirect, le coût discret mais potentiellement systémique. Une action de seabed warfare réussie ne produit pas nécessairement un grand effet spectaculaire. Elle peut se limiter à une perturbation calibrée, à une dégradation de capteur, à une pression sur un câble, à une menace implicite sur une liaison critique. Son effet stratégique naît justement du fait qu’elle agit sur des dépendances vitales tout en restant, au moins un temps, sous le seuil d’une réponse navale classique.

Il convient donc de bien comprendre que le seabed warfare est la forme navale d’une compétition sous le seuil. C’est ce qui le rend particulièrement adapté à la logique russe d’ambiguïté, de pression graduée et de déni plausible. En Baltique, cette réalité est presque chimiquement pure. Milieu resserré, densité d’infrastructures, proximité des côtes, grand nombre d’acteurs civils et militaires, profondeur limitée, trafic intense, câbles, pipelines, capteurs, goulets géographiques : tout concourt à faire de cette mer un laboratoire de guerre sous-marine politique, bien davantage qu’un théâtre classique d’affrontement abyssal. Les initiatives alliées, qu’il s’agisse de Baltic Sentry ou de la réorganisation plus large des dispositifs alliés autour de la protection des infrastructures critiques sous-marines, traduisent précisément la prise de conscience de cette réalité.

Dans cet environnement, la séquence opérationnelle type d’une campagne de seabed warfare mérite d’être explicitée. Elle commence par la connaissance du théâtre. Il faut cartographier, classifier, comprendre les signatures normales et identifier les points d’intérêt. Vient ensuite la surveillance persistante, qui permet de faire émerger une activité suspecte. Puis intervient la phase d’inspection, généralement robotisée, destinée à confirmer ou infirmer l’anomalie.

Une fois l’incident qualifié, l’action se dédouble : action technique, pour sécuriser, réparer, neutraliser ou récupérer ; action politico-renseignement, pour attribuer, informer, et préparer éventuellement une réponse. Ce cycle paraît simple sur le papier. En réalité, chaque étape comporte des frictions considérables : qualité des données, météo, disponibilité des moyens, difficulté de localisation, contraintes juridiques, classification du renseignement, risques de désinformation, lenteur des mécanismes de coordination interalliée. Toute doctrine crédible doit donc être construite non à partir du scénario idéal, mais à partir de ces frictions.

Lecture britannique

C’est ici qu’apparaît le mérite relatif du Royaume-Uni. Londres semble aujourd’hui avoir la lecture opérationnelle la plus cohérente en Europe occidentale. Le RFA Proteus ne constitue certes pas une réponse complète, mais il représente un signal institutionnel très clair. Il acte le fait que la surveillance et l’intervention sur les fonds marins nécessitent des moyens dédiés, distincts des bâtiments de guerre traditionnels, et que ces moyens doivent s’articuler avec le renseignement, l’industrie offshore et la protection des infrastructures nationales. La Royal Navy insiste elle-même sur la fonction de seabed surveillance du navire et sur son emploi au bénéfice de systèmes téléopérés et spécialisés.

La Strategic Defence Review 2025 replace d’ailleurs ce type de capacité dans une logique plus large de défense du territoire, de résilience nationale et de protection des infrastructures critiques. Le raisonnement britannique est donc moins intéressant par ce qu’il montre aujourd’hui en tonnage que par la manière dont il relie problème technique, architecture institutionnelle et finalité stratégique.

Il faut néanmoins rester lucide. Un bâtiment spécialisé ne fait pas, à lui seul, une posture complète. Il donne une capacité initiale, une visibilité, un point d’appui doctrinal. Il ne remplace ni une architecture de capteurs, ni une flotte de systèmes autonomes, ni une chaîne de renseignement robuste, ni des mécanismes de réaction bien huilés. Le défi britannique sera donc celui du passage du signal à l’architecture. Proteus est une pièce importante. Il ne saurait être le système à lui seul.

Lecture française

La France, pour sa part, a eu assez tôt l’intuition juste. C’est déjà quelque chose et ce n’est pas toujours le cas des puissances continentales. Le ministère des Armées a formalisé une stratégie de maîtrise des fonds marins en 2022. La LPM 2024-2030 a confirmé l’importance du sujet, avec des ambitions en matière de robotique sous-marine profonde, et l’actualisation récente de cette programmation confirme la poursuite de l’effort. La DGA a engagé des développements sur des systèmes grands fonds. Il existe donc un cap, une intention, un début de traduction capacitaire et, surtout, un terreau industriel et scientifique sérieux.

Mais la question française n’est pas de savoir si le diagnostic est correct. Il l’est. La question est de savoir si ce diagnostic sera converti à temps en capacité opérationnelle crédible. Or, sur ce point, plusieurs enjeux apparaissent.

1.      Le premier est celui de l’intégration. La France dispose de compétences dispersées : Marine nationale, DGA, milieu scientifique, ingénierie offshore, hydrographie, renseignement, industrie navale et robotique. Le sujet n’est pas de posséder chaque élément séparément. Le sujet est de les faire travailler dans une logique de système.

2.      Le deuxième enjeu est celui de la masse critique. Une poignée de démonstrateurs ou quelques systèmes très sophistiqués ne suffiront pas si la permanence n’est pas assurée.

3.      Le troisième est celui de la doctrine d’emploi. Une capacité technique sans doctrine claire produit souvent de beaux PowerPoint et peu d’effets en mer. La France devra donc articuler le seabed warfare autour de missions précises : protection des approches, sécurité des infrastructures, soutien à la dissuasion, contribution alliée et européenne, expertise après incident, éventuellement appui aux opérations spéciales.

À mon sens, la doctrine française devrait s’ordonner autour de trois axes principaux.

Le premier est celui du soutien à la dissuasion. Sans entrer dans une rhétorique inutilement démonstrative, il est évident que tout ce qui touche à la sécurité des approches maritimes, à la discrétion acoustique, à la surveillance du milieu sous-marin et à la capacité d’intervention profonde intéresse directement l’environnement de la composante océanique de la dissuasion. Une puissance nucléaire navale ne peut se désintéresser de ce qui se passe sur les fonds, à proximité de ses approches ou dans les espaces où transitent ses forces les plus sensibles.

Le deuxième axe est celui de la souveraineté maritime et de la protection des infrastructures. Brest, Toulon, les routes câblières atlantiques, les dépendances offshore, les besoins militaires en connectivité et, plus largement, la résilience d’une économie numérisée imposent un passage de la simple awareness à la capacité d’action. Voir n’est pas agir. Et, en mer, une faiblesse observée mais non traitée devient tôt ou tard une invitation.

Le troisième axe est celui de la crédibilité en coalition. Une puissance navale comme la France ne peut prétendre peser dans les cadres alliés et européens si elle ne produit pas d’effets concrets dans ce domaine. Le seabed warfare sera demain un marqueur de sérieux naval. Il faudra être capable de déployer des systèmes, de produire du renseignement, d’inspecter après incident, de contribuer à l’attribution et d’apporter une lecture doctrinale utile à l’Alliance. Faute de quoi, la France risquerait d’être reconnue pour la qualité de sa réflexion, sans l’être autant pour l’utilité de son apport capacitaire.

Cas de la Baltique

La Baltique, enfin, mérite un traitement spécifique, tant elle concentre en format réduit les caractéristiques du problème. La profondeur y est relativement faible, ce qui peut sembler a priori simplifier l’action mais ne la rend pas pour autant facile. Au contraire. Les eaux resserrées, la multiplicité des signatures, la proximité des côtes, la densité du trafic, la présence de nombreux acteurs civils et la sensibilité politique du théâtre rendent chaque incident plus ambigu, plus visible et souvent plus inflammable.

Dans un tel milieu, le seabed warfare relève moins de la chasse au grand sous-marin que de la maîtrise fine d’un espace saturé, où l’on doit être capable de distinguer une activité normale d’un geste préparatoire, une avarie d’un sabotage, un navire marchand banal d’un vecteur opportunément employé dans une logique de guerre grise. Les analyses européennes récentes le soulignent bien : la réponse alliée s’oriente désormais vers un mix associant réassurance, surveillance accrue, expérimentation de systèmes autonomes et nouvelles structures dédiées à la protection des infrastructures sous-marines critiques.

Dans ce théâtre, une doctrine opérationnelle sérieuse devrait reposer sur six priorités.

1.      La première est la connaissance continue du fond et de ses évolutions. Il ne s’agit pas de campagnes de levés ponctuelles, mais d’une baseline entretenue, révisée, enrichie, permettant une véritable détection des écarts à la normale.

2.      La deuxième est la fusion distribuée des capteurs et des sources. Les données acoustiques, l’AIS, les images, la patrouille maritime, les opérateurs d’infrastructures, les capteurs offshore et le renseignement doivent être agrégés en quasi temps réel.

3.      La troisième est la rapidité d’inspection et d’intervention. Une détection non suivie d’effet rapide perd beaucoup de sa valeur tactique et politique.

4.      La quatrième est l’attribution, qui doit être pensée en amont, avec procédures, expertises, prélèvements, conservation des données et exploitation coordonnée du renseignement.

5.      La cinquième est la résilience par design : redondance des réseaux, capacité de réparation, anticipation logistique, itinéraires alternatifs.

6.      La sixième est la maîtrise des seuils. Car le propre du seabed warfare en Baltique est de produire des effets importants par des actes suffisamment ambigus pour retarder, diviser ou neutraliser la réaction politique.

Il faut toutefois éviter deux illusions, également dangereuses. La première serait de sous-estimer le sujet en le réduisant à quelques incidents de câbles ou à une extension technique de la guerre des mines. Ce serait une erreur de lecture. Le seabed warfare touche à la liberté d’action navale, à la résilience nationale, à la souveraineté technologique et à l’économie politique de la guerre moderne.

La seconde illusion serait, à l’inverse, de romantiser le milieu sous-marin comme un espace où l’autonomie et les robots résoudraient tout. Le fond marin reste un environnement acoustiquement difficile, énergétiquement contraint, logistiquement exigeant, lent, cher et peu indulgent. Les communications y sont faibles. La navigation y reste délicate. La classification y est souvent imparfaite. Le clutter y complique tout.

En d’autres termes, le sujet n’est pas de posséder le plus beau drone du marché, mais de faire tenir dans la durée une chaîne robuste de détection, de classification, de décision, d’intervention et d’attribution. La supériorité réelle appartiendra à celui qui saura industrialiser cette chaîne, non à celui qui en fera la plus belle démonstration ponctuelle.

Conséquences

Les conséquences pour la France, la Grande-Bretagne et le théâtre baltique peuvent donc être résumées assez simplement.

·       Pour le Royaume-Uni, il faut poursuivre le passage d’une intuition juste à une architecture de théâtre. Londres a probablement aujourd’hui la lecture opérationnelle la plus cohérente du problème mais elle doit encore se traduire en épaisseur capacitaire.

·       Pour la France, il faut transformer une avance conceptuelle respectable en capacité navale soutenue, intégrée, durable et crédible. La lucidité doctrinale est utile, mais seule la capacité mise à la mer compte véritablement.

·       Pour la Baltique, enfin, il faut accepter que l’on n’est plus face à une simple série d’incidents mais à un environnement de contestation sous-marine durable, où le seabed warfare constitue désormais l’un des modes d’action les plus économes, les plus discrets et les plus politiquement corrosifs.

En définitive, le seabed warfare devient à la compétition navale sous-marine ce que la défense aérienne est devenue à l’ère du missile : non une spécialité périphérique, mais une condition structurante de l’action. Une puissance maritime incapable de connaître, surveiller, interpréter et influencer ce qui se joue sur le fond marin ou à sa proximité verra progressivement sa liberté de manœuvre se réduire à la surface comme en profondeur. C’est vrai dans l’Atlantique, dans les approches françaises et britanniques, et c’est déjà très manifestement vrai en Baltique.

E. Lambert

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