Fruit de près de vingt ans de travail, à côté des autres obligations, cet ouvrage applique la méthode géopolitique à un sujet qui prête à bien d'autres interprétations : les évangiles. Selon la quatrième de couverture :
Olivier Kempf examine les faits, les forces en présence et le contexte dans lequel s’inscrit l’itinéraire de Jésus. À travers les notions de population, de territoire, de souveraineté, de pouvoir et de rapports de forces, il croise les quatre Évangiles et d’autres sources disponibles afin d’interroger une hypothèse centrale : ces conditions historiques et politiques peuvent-elles éclairer le destin de Jésus ?
Le parcours du Galiléen se déploie dans un contexte de tensions multiples, marqué par un affrontement manifeste avec les pouvoirs de son temps, qu’ils soient religieux ou politiques. Cette dynamique s’inscrit dans un cadre plus large où la domination romaine elle-même fait l’objet de contestations, tant sur le plan intérieur que politique.
L’auteur propose une lecture géopolitique qui n’entend pas se substituer à l’exégèse ou à la théologie, mais les compléter. Elle permet d’éclairer autrement la figure de Jésus, d’en préciser les contours sans en réduire le mystère, et de mettre en évidence le décalage entre les attentes politiques de l’époque – celles d’un libérateur – et ce qui advient réellement, révélant la dimension potentiellement subversive de son message.
Olivier Kempf, Géopolitique des Évangiles, DDB, 2026, 21,90 €
On peut aussi lire la note de lecture parue dans Conflits :
Que se passe-t-il quand un stratège ouvre les évangiles ? Officier de carrière, docteur en science politique, longtemps en poste au ministère des Armées et à l’OTAN, Olivier Kempf est l’un des fins analystes de la stratégie contemporaine. Il tourne ici son regard vers un territoire inattendu : la Galilée et la Judée du premier siècle, où se joue le destin d’un homme et du monde.
Son geste est clair : appliquer à l’itinéraire de Jésus les catégories mêmes du géopolitologue : population, territoire, souveraineté, pouvoir, rapports de force. Olivier Kempf croise pour cela les quatre évangiles et les sources disponibles, et pose une hypothèse qu’il tient d’un bout à l’autre : les conditions historiques et politiques de l’époque peuvent-elles éclairer ce destin ? Le parcours du Galiléen se déploie dans un monde saturé de tensions, où l’affrontement avec les pouvoirs religieux et politiques du temps est manifeste, et où la domination romaine elle-même est contestée.
L’auteur prend soin de baliser sa démarche. Sa lecture géopolitique ne prétend ni remplacer l’exégèse ni concurrencer la théologie : elle les complète. Elle éclaire autrement la figure de Jésus, en précise les contours sans en réduire le mystère, et fait apparaître le décalage entre les attentes politiques d’une époque qui espérait un libérateur et ce que fut réellement cette vie. Un livre qui déplace le regard, et rappelle que l’Incarnation eut lieu quelque part, à un moment daté, dans un rapport de forces précis.
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