Bilan n° 128 du 2 février 2026 (guerre d’Ukraine)
L’hiver rigoureux a ralenti les opérations de part et d’autre. L’électricité en Ukraine souffre beaucoup. Les négociations se poursuivent discrètement.
L’hiver rigoureux a ralenti les opérations de part et d’autre. L’électricité en Ukraine souffre beaucoup. Les négociations se poursuivent discrètement.
Déroulé des opérations militaires
Au bout de quatre ans, pour de multiples raisons bien expliquées par Delwin dans ce billet de La Vigie (ici), le réseau électrique ukrainien touche à ses limites, plus de distribution que de production, d’ailleurs. Mais les dégâts locaux (canalisations gelées et donc rompues) semblent irrémédiables et touchent non seulement le quotidien des Ukrainiens mais aussi le fonctionnement global de l’économie.
Front sud : Poursuite des infiltrations russes au nord de Stepnohirsk jusque Pavlivka et Novoiakovilvka (carte). Vers Orikhiv, légères poussées russes jusque Maia Tokmachka (carte). Liaison Orikhiv Houliapole : carte. Secteur d’Huliapole : premières infiltrations à l’ouest de la rivière Haichui jusque Ternuvate (carte). Secteur de Pokrovske : sans changement (carte).
Novopavlivka : sans changement (carte). Zone Udachne : sans changement (carte).
Tous ces combats se déroulent dans les oblasts de Zaporijia et Dniepropetrovsk.
Front de Donetsk : Lent nettoyage de Pokrovsk et Myrnograd (carte), poussée russe à l’ouest de Rodynske vers Dobropillia (carte).
Au nord-est les Russes poussent à l’ouest de la vallée de la Kazenyyi, les Ukrainiens ont laissé Shakhove (carte).
Front de Kostiantynivka : Les infiltrations se poursuivent au sud-ouest de la ville et au nord du réservoir. Peu de changements à l’est de la ville (carte). Peu de changement vers Chasiv Yar (carte). Poussée à l’ouest de Soledar le long de la M03 vers Slaviansk (carte).
Front de Siversk & Lyman : Poussée à l’ouest de la Bakhmutka (carte). Plus au nord, le mouvemnt entre Yampil et la rivière Donets est officiellement aux Russes (carte) (il l’était probablement depuis plusieurs semaines mais Deepstate ne l’a accordé que cette semaine).
Secteur Lyman et Zarichne : à Lyman, infiltration de premiers éléments russes à l’est de la ville (carte). Au nord (Zarichne), infiltration à l’ouest de la rivière Nitrius, Novoselivka n’est plus tenue par les Ukrainiens (carte).
Front de Svatove/Koupiansk. Sans changement (carte).
Secteur de Koupiansk : Plus de forces russes dans la ville même s’ils poussent dans la poche à l’est de la rivière Oskil (carte).
Secteur de Dvorichna et Milove : Dvorichna carte. Micro avancée russe au sud de Dvorischanke (carte).
Front de Kharkiv : Les Russes poussent vers les lisères sud et est de Vovchansk (carte). Sans changement à Lyptsi (carte)
Front de Soumy : Reprise d’activité russe avec la prise de Yunakivka et Oleksivka (carte). Petite poussée russe au sud-est de Soumy (Hrabovske) : carte.
Analyse militaire
Toujours d’après les relevés de Poulet Volant qui se fonde principalement sur Deepstate, les Russes ont pris 52 km² en S3, 36 km² en S4 et 92 km² en S5 soit 8,6 km² par jour (baisse). Les Ukrainiens ont repris 23 km² en S03, 0 km² en S04 et en S05 soit 1,09 km² par jour (hausse).
Synthèse du mois de janvier ici.
Ces trois premières semaines sont marquées par une baisse des activités, probablement due à la météo très vive (températures fortement inférieures à zéro). Dès lors, on ne sent aucune priorité localisée.
Les Ukrainiens en profitent pour construire, à l’arrière du front, de nouvelles lignes de fortifications.
Analyse politique
Après plusieurs rencontres préalables, notammentà Davos, les négociations semblent avoir repris entre Américains et Ukrainiens. V. Zelensky a fait plusieurs déclarations désobligeantes envers les Européens, ce qui surprend tant ceux-ci ont essayé jusqu’au bout de l’appuyer. Peut-être constate-t-il, dans la dernière ligne droite, le peu de poids de ses alliés. Lors de la dernière session en Floride, on a vu arriver les représentants du secrétaire au Trésor : quand les financiers arrivent dans une négociation, c’est que cela devient sérieux. Cependant, du côté russe, aucun indice d’une quelconque évolution.
Le reste de la planète a suffisamment été bouleversé (Vénézuéla, Iran, Groenland, Syrie, Davos, marchés financiers, comme nous l’avons an analysé dans le n° 283 de La Vigie, « A bout de souffle stratégique ») que l’Ukraine est passée tout à fait en arrière-plan. Ce silence médiatique est paradoxalement une chance pour les négociations.

Quant aux Européens, l’affaire du Groenland leur a ouvert les yeux. Rappelons ce que nous avons régulièrement écrit dans ces bilans : leur priorité n’est pas la Russie mais le lien transatlantique. L’évidente disparition de celui-ci (cf. Stratégie nationale de Sécurité ou stratégie nationale de défense, toutes deux publiées ces dernières semaines, cf. La Vigie là encore) les poussent à se réarticuler très vite. Cela explique peut-être aussi pourquoi la question ukrainienne est passée en arrière-plan (y compris l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’UE, contre laquelle plusieurs voix s’élèvent désormais).
OK
